Taux d’intérêts : après la hausse, la détente ?
31 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Depuis maintenant 3 années, les taux d’intérêt n’ont cessé d’augmenter progressivement passant ainsi de valeur proches des 3.5 % en 2005 à environ 5 % ou un peu plus aujourd’hui pour ce qui est des prêts immobiliers.
Il faut dire que ces dernières années furent exceptionnelles en termes de taux nominaux ! Pour autant n’oublions pas qu’au taux réel, leur coût n’était pas forcément plus intéressant qu’il ne l’est aujourd’hui en raison d’une très faible inflation.
Toujours est-il que la planète finance attend avec impatience la détente de ces taux qui pourraient desserrer l’étau du durcissement actuel des critères. Celle-ci devrait intervenir avec le prochain assouplissement des principaux taux directeurs de la BCE qui devraient baisser de 0.25 à 0.5 points… De quoi infléchir mécaniquement les taux interbancaires. D’ailleurs, ces derniers n’ont pas cessé de reculer ces dernières semaines : l’Euribor 1 mois vient ainsi de passer sous la barre des 5 % pour coter 4.98 %. De même les Euribor 1 mois et 3 mois valent respectivement 4.52 % et 4.86 %, signes de très nette baisse avant même l’annonce des nouveaux taux directeurs.
De bonne augure et la confirmation de la baisse des taux sera sans doute accentuée par la détente de l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor), qui après avoir cru de 0.4 points en 2008 et de 0.8 points en 2007, donnera encore un peu plus d’airs aux crédits indexés sur l’indice.
Barack Obama annonce son plan de relance économique
30 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
3 millions de dollars ! Voilà la somme que le parti démocrate du candidat Obama a dépensé hier pour que ce dernier puisse annoncer sur 3 grandes chaines américaines ses objectifs en tant que Président de la première puissance mondiale.
Parmi eux on retiendra notamment son plan de relance économique et de soutien aux entreprises. Cette annonce ayant eu lieu simultanément avec celle de la baisse d’un demi-point du principal taux directeur de la FED a aussitôt vu les marchés financiers asiatiques s’envoler : + 10 % pour la seconde journée consécutive au Japon et + 12 % à Singapour et à Hong-Kong.
C’est dans ce contexte que Paris se maintient en légère hausse ce matin à+ 0.5 %, c’est-à-dire autour de 3 400 points. En réalité, les investisseurs attendent impatiemment les résultats de la croissance américaine et du PIB pour le dernier exercice. Ce dernier va conditionner la réaction des marchés.
Notons par ailleurs que le Japon a annoncé un second plan de relance économique qui a été accueilli avec ferveur et qui devrait soutenir le Nikkei dans les jours à venir. Du côté des devises et des matières premières, le secteur bancaire devrait être à la fête avec la prochaine annonce de la baisse des taux directeurs européens qui couplés à la baisse déjà continue des taux interbancaires vont faciliter la fluidité des liquidités. L’Euribor 1 an baisse encore à 4.95 % soit une baisse de 1.07 %. Le baril de Brent remonte à près de 69 $, ce qui devrait également rassurer les groupes pétroliers et inciter les investisseurs à ne pas prendre leurs dividendes dans l’attente de la remontée des cours. Enfin la parité entre le billet vert et l’€uro cote 1.3…
La crise du crédit et de l’écologie
30 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Récemment, dans son Bloc-Notes que publie Le Point, BHL s’interrogeait à propos « du bon usage de la crise financière ».
Il citait :
Bien sûr, cette crise financière est sans précédent dans l’histoire de quelque pays capitaliste que ce soit où rien ne sera plus comme avant : ni le mode de régulation des marchés ; ni le modèle consumériste qui était au cœur de l’éthique capitaliste ; ni même ce fameux « American Dream »…
Passant outre les allusions inhérentes aux orientations politiques de BHL, arrêtons-nous un instant sur cette nouvelle phase à laquelle il fait allusion et qui soulève un autre point primordial : les sujets récurrents des médias sont-ils les bons ?
Par le biais des informations qui animent notre quotidien, on a tenté de nous faire croire que l’économie et son indissociable corollaire, le crédit, constituaient nos priorités. Aucun média n’a évoqué l’éventualité d’une époque charnière propice à la réflexion : cette crise ne nous porte-t elle pas à nous pencher sérieusement sur notre devenir d’êtres humains, économie ou pas ? S’il y a économie, il faudra désormais la conjuguer avec l’environnement ? Pourquoi ne pas écouter des économistes tels que JPF, lequel, en qualité de Président de l’OFCE, affirme que la lutte contre le réchauffement climatique peut booster la croissance et subséquemment, créer des emplois ? Pourquoi ne pas se fier à ces personnes qui prônent le développement de l’économie dans le respect de l’environnement, et ceci pour une raison très simple : la planète est notre bien le plus précieux. Qu’importe la crise du crédit si nous venons à manquer d’oxygène et d’eau potable ?
L’économiste nous rappelle que
l’environnement est précisément un bien public. Par définition, il n’a pas de prix de marché. Il faut trouver le bon équilibre entre croissance économique et protection de l’environnement par l’accélération du progrès des nouvelles technologies et de l’environnement.
Il est impératif que les dirigeants politiques et financiers prennent conscience de ce problème. Lorsque Georges Pauget, patron de la Fédération bancaire française et du Crédit Agricole affirme :
dans cette crise financière, nous, patrons des banques, avons conscience de l’intérêt général et sommes prêts à jouer le jeu du financement et de l’économie
on aimerait lui rappeler que, durant la décennie où il menait ses tractations financières, 50 % des glaciers ont fondu, 60 % des ressources de la planète ont disparu tandis que l’on continue de mettre les eaux minérales dans un plastic particulièrement polluant et à isoler les maisons avec du polystyrène inflammable qui met 100 ans à se dégrader… Au même titre que l’économie, ces graves menaces ne font-elles pas partie du fameux intérêt général évoqué par Georges Pauget ? Les exemples et les cris d’alarme des savants sont si nombreux que nul d’entre nous ne peut ignorer le danger qui nous guette : une récession économique sans précédent qui empêchera les pays développés d’investir dans l’emploi et la préservation de l’environnement, aggravée par l’industrialisation croissante des pays émergents qui seront responsables de 75 % des gaz à effet de serre d’ici 2050. Que faire pour sauver notre avenir économique et à fortiori, notre devenir pur et simple ?
Réponse : montrer l’exemple. Comme le souligne JPF
les pays riches doivent investir dans la préservation de l’environnement et donner leurs brevets aux pays émergents.
Le salut de nos économies et notre survie passent par là.
En l’occurrence, la crise du crédit aura servi les intérêts de l’indispensable bioéconomie.
Rebond à la Bourse de Paris !
L’annonce de la prochaine baisse des taux principaux directeurs de la FED et de la BCE aura eu l’effet attendu avec un net rebond de Wall Street et de Tokyo qui ont vu respectivement le Dow-Jones et le Nikkei rebondir de 11 % et de 6.7 %.
Le CAC 40 s’inscrit donc dans leur sillage et rebondit ce matin d’environ 6 % à un peu plus de 3 300 points. Les titres de Dassault, Société Générale et autres Sanofi s’envolent après l’annonce contre toute attente de chiffres revus à la hausse.
Ces nouvelles sont de bonne guère dans un environnement politique où l’instrumentalisation des problèmes économiques est en train de dominer le devant de la scène. Après son entrevue avec Gordon Brown à Versailles pour poser les jalons informels de la réunion au sommet du 15 novembre prochain, Nicolas Sarkozy va devoir répondre aux différentes réactions de l’opposition relatives aux mesures en faveur de l’emploi jugées insuffisantes.
Martine Aubry, invitée de Laurence Ferrari, évoquait que « le gouvernement a été capable de trouver rapidement 360 milliards en faveur des banques et n’a pas su trouver cette somme en faveur de l’emploi, du logement et pour contrer l’inflation… ». De son côté, Arlette Laguiller affirmait que ces mesures revenaient à « retirer l’eau de l’océan du chômage avec une petite cuillère ».
Après celles pour le pouvoir d’achat et l’inflation, c’est le lutte contre le chômage qui refait surface à grands coups de manifestations !
Les petits épargnants seront malheureusement déçus, car les 4 % du livret A ne devraient plus être d’actualité pour très longtemps. En effet, de nombreux observateurs pensent que d’ici février 2009, cette épargne bénéficiera d’un taux à 3.5 %, voire 3 % en raison de la baisse amorcée de l’inflation et des taux interbancaires à court terme. Rappelons rapidement que cette valeur refuge est calculée en faisant la somme de la moitié du taux de l’inflation et de la moitié des principaux taux interbancaires. Ces valeurs étant en baisse, le livret A le sera aussi. C’est plutôt une bonne nouvelle pour l’ensemble de nos économies…
Rachat de crédits : l’évolution des loyers
29 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Les opérations de rachat de crédits répondent à un besoin de certains ménages de retrouver un reste à vivre décent qui est devenu trop exigu dans le temps pour faire face à leurs dépenses courantes.
Ce reste à vivre est notamment orienté, voire même en partie déterminé par le loyer ou bien la mensualité immobilière qui représentent bien souvent l’une des charges les plus lourdes dans le budget d’un foyer. C’est à ce titre qu’il nous a semblé intéressant d’observer les récentes tendances du coût des loyers en France, puisque ces derniers impactent de manière conséquente les finances des ménages sollicitant une restructuration financière.
Aujourd’hui, deux grandes tendances sont observées dans l’Hexagone : d’une part la différence de plus en plus flagrante entre le prix d’un loyer en cas de renouvellement de bail et celui proposé au locataire actuel, et d’autre part le niveau du prix des loyers en fonction de la situation géographique des biens loués.
En règle générale, les bailleurs sont obligés de baisser leur loyer dans 25 % des cas lorsqu’il s’agit d’un renouvellement de bail. Il semble en effet que les locataires soient de plus en plus en position de négocier leur loyer dont la conséquence est un montant inférieur à la somme demandée par le propriétaire. Certes, il y a encore une augmentation nationale d’environ 2 % du prix des loyers, mais les disparités régionales se creusent et l’ensemble donne des chiffres à la baisse !
Dans les grandes agglomérations comme Paris ou Lille, la pénurie de logements est encore telle que la loi de l’offre et de la demande prend le dessus : ainsi ces villes connaissent-elles encore des inflations du prix des loyers allant de 3 à parfois 7 %… Mais ce n’est pas la règle qui s’applique nationalement. Dans bien des régions, les loyers baissent de 5 à 15 % dans certains cas. L’augmentation du nombre de logements neufs invendus, qui deviennent donc moins chers dans le temps, la baisse du pouvoir d’achat ainsi que la baisse du prix des construction (les propriétaires fonciers baissant notamment le prix des terrains pour réussir à les vendre) sont donc en train d’avoir raison des prix qui avaient exploser depuis une décade…
Rappelons d’ailleurs que les chiffres de l’Observatoire des loyers Clameur sont sans appel : depuis 10 ans, l’évolution des prix au mètre-carré était de 0.4 €uros par an, ce qui équivalait à une hausse moyenne de 5 % par an du prix des loyers entre 1998 et 2007. Depuis une année, L’Observatoire observe une brusque chute. En effet, l’augmentation n’est plus que de 1.7 % entre 2007 et 2008 et le phénomène semble s’amplifier.
Les propriétaires souhaitent donc plus que jamais conserver leur locataire actuel. Ce pour deux raisons : la première, parce qu’ils peuvent revoir le prix du loyer légalement en suivant le coût de l’indice de la construction et la seconde parce qu’ils préfèrent au pis aller conserver le montant du loyer actuel plutôt que d’inciter le locataire de partir et d’en voir apparaitre un autre qui cherchera à baisser le loyer actuel.
Recapitalisation de banques dans le monde entier
28 octobre 2008 par Surf Finance · Leave a Comment
La situation de l’économie mondiale reste relativement inchangée : des banques en manque de confiance et surtout un cruel manque de liquidités que les institutions publiques tentent de compenser du mieux qu’elles peuvent.
Oscillation et incertitudes sont de rigueur avec un CAC qui avait ouvert en hausse ce matin pour se retrouver deux heures après à – 1 %, puis remonter ensuite à + 0.55 % : du délire. L’indice parisien est certes tiré vers le haut par le bon résultat du Nikkei qui a clôturé à + 6.5 %, mais certains événements nationaux viennent plomber l’atmosphère sur les marchés.
Tout d’abord, l’indice du moral des Français plonge à nouveau en octobre après avoir plutôt bien résisté en septembre. 3 % de baisse… Voilà qui ne rassure pas vraiment les investisseurs qui ne voient pas non plus d’un très bon œil les rixes politiques qui s’appuient sur l’actualité brûlante. Ségolène Royal a ainsi ouvertement critiqué les décisions de Nicolas Sarkozy en affirmant que « avec un plan tous les deux jours, Sarkozy manque de crédibilité ».
Le patronat s’en mêle également en clamant que « Les PME ont besoin de mesures d’assouplissement pour l’emploi ».
Une situation qui se complique progressivement et qui n’avait pas franchement besoin de cela.
Sur le plan international, les recapitalisations de banques vont bon train afin d’éviter une dix-septième faillite. Ainsi Barclays va-t-elle sans doute solliciter 2 milliards de livres par le biais d’une émission d’obligations, Postbank va sans doute en faire de même ainsi que le belge KBC qui appelle le gouvernement à sa rescousse…
Bref, de bonnes nouvelles qui s’inscrivent finalement sur un fond économique international assez figé à l’instar des grandes valeurs : la parité €uro/dollar est identique depuis 3 jours, le baril de brent cote 63 $ et l’Euribor 1 an vaut toujours peu ou proue 5 %…
Pouvoir d’achat : pourquoi une telle perte ?
28 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Depuis le début de l’année, les reportages télévisés et médiatiques traitant du pouvoir d’achat se succèdent.
Cette réflexion est au coeur des préoccupations des Français, mais aussi de nos proches voisins européens . Vous trouverez ci-joint un lien vous permettant de visionner le dernier reportage du pouvoir d’achat sur TF1.
Il faut dire que le candidat Sarkozy avait fait du pouvoir d’achat son principal cheval de bataille lors de sa campagne présidentielle. Dès lors, les discours qui se voulaient rassurants ont stigmatisé l’attention de l’opinion publique de manière plus radicale sur le sujet. N’oublions pas que la perte de pouvoir d’achat a engendré une sorte de crise de confiance qui va de pair avec les récents événements économiques qui ont tant bouleversé notre quotidien depuis quelques semaines.
Il est indéniable que la perte de pouvoir d’achat est avérée depuis plusieurs années, mais cette dernière s’est fortement accélérée depuis le début du millénaire. Une récente étude menée par l’INSEE a démontré très précisément quelle a été l’évolution de l’érosion monétaire depuis 101 ans. Les dernières années sont particulièrement intéressantes, car elles intègrent dans le mode de calcul le passage du Franc à l’€uro. Les résultats sont atterrants, jugez par vous-même. Le calcul a été réalisé sur la base que 1 000 Francs vaudraient aujourd’hui 152.44 €uros (sachant que 1 €uro vaut bien 6.55957 Francs). Vous allez ainsi découvrir combien valaient les mêmes 1 000 Francs en 2003, 1997 et 1990.
En 17 années, l’équivalent de 1 000 Francs de l’époque a perdu 52.48 €uros par rapport à la valeur actuelle de l’€uro. La perte en pouvoir d’achat est donc de 25.6 %, soit 1.5 % par an. Quand les instances françaises parlent de perte de 0.4 points comme ce fut le cas récemment, les calculs tiennent comptent des prix de diverses denrées périssables telles que l’alimentation, les matières premières, les carburants, mais aussi les téléviseurs et les ordinateurs… Seulement voilà, on ne change pas de téléviseur tous les mois et l’impact de l’augmentation des légumes qui ont pris depuis le début de l’année 8 % de hausse est sans aucune mesure avec la baisse des prix du HI-FI quand bien même ce dernier serait de 25 % !
Les chiffres sont donc très trompeurs… La réalité veut que nos sociétés modernes ont subi de très fortes mutations ces dernières années qui ont modifié les critères d’antan du pouvoir d’achat. Il y a d’abord eu une inflation historique de l’immobilier au niveau mondial qui a tiré vers le haut le coût de l’ensemble des produits et des services. Il en va de même pour le pétrole qui a connu depuis 4 ou 5 ans une inflation délirante. Ces phénomènes n’existaient pas avant les années 95-2000… Aujourd’hui, il n’y a plus d’inflation exponentielle de ces denrées là, mais d’autres ont perduré tandis que dans le même temps, l’indexation des salaires n’a pas suivi.
Cette dernière s’est elle aussi radicalement modifiée ces dernières années : on ne suit plus le modèle de l’indexation collective des revenus, mais les entreprises appliquent l’individualisation des salaires qui privilégie le mérite et par voie de conséquence la promotion. L’indexation du salaire existe encore, mais seulement au cas par cas. La conséquence en est une hausse très inégale surtout en volume des réajustements de salaires qui ne parviennent plus en nombre à suivre l’inflation.
Les foyers ont aujourd’hui peur et craignent le lendemain. Comme le soulignait Philippe Moati, professeur d’économie à Paris X :
Ils (les Français) ont l’impression de quitter un monde relativement rassurant pour entrer dans un univers plein de risque sur lequel le monde politique se révèle incapable d’agir.
La crainte amplifie le sentiment de perte de pouvoir d’achat et engendre parfois de curieux comportements qui peuvent paraître paradoxaux. L’hyperconsommation en fait partie : frustrés par leur sort, des consommateurs vont préférer manger des pommes de terre tous les jours et donc réduire leur budget alimentaire pour satisfaire leur désir de consommer de la HI-FI ou du voyage… Voilà l’un des inquiétants résultats d’un « vouloir d’achat » qui a maintenant dépassé le pouvoir d’achat…
Rappelons que l’une des solutions à ces problèmes reste les opérations de rachat de crédit, mais seulement pour les cas d’endettement. Ceux qui dès le départ souffrent d’un manque cruel de pouvoir d’achat devront mener collectivement une réflexion de fond.
Quel est le Plan Paulson européen ?
27 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
L’actualité financière de ces dernières semaines a été en grande partie animée par les annonces des grandes instances internationales de venir en aide aux banques en difficulté et ce faisant de réactiver l’injection du crédit dans les marchés afin d’alimenter l’économie réelle.
Sur le vieux continent comme outre-Atlantique, l’idée est à peu de chose près la même sur le fond, mais sur la forme, il y a des différences considérables entre l’application du Plan Paulson aux Etats-Unis et le plan de sauvetage européen et notamment dans l’Hexagone.
Chez l’Oncle Sam, il s’agit bel et bien d’un rachat massif des créances douteuses, appelées désormais « crédits toxiques » par le Trésor américain afin d’éradiquer des bilans des banques les chiffres relatifs aux fameux subprimes. C’est un véritable plan de sauvetage à l’inverse de ce qui va être mis en place en France. Comme on pouvait le lire dans le Monde, il s’agit d’ « un plan de soutien, pas d’un plan de sauvetage ». C’est là qu’est toute la différence !
Christine Lagarde a en effet annoncé que l’Etat français va prêter de l’argent aux banques qui le demandent. Donnant-donnant : l’Etat se montre satisfait, car il va prêter de l’argent à un taux intéressant, 8 %… Il va récupérer des fonds à terme et permettre aux réseaux financiers de bénéficier à nouveau de crédits, car les banques se sont engagées à augmenter leurs stocks de crédits aux particuliers et aux entreprises de 3 à 4 %. Ainsi tout le monde est content :d’un côté, l’Etat ne recapitalise pas les banques et n’en redevient donc pas actionnaire, évite l’assèchement du crédit indispensable au bon fonctionnement de notre économie et de l’autre côté, les banques ne voient pas l’Etat interférer à nouveau dans leur fonctionnement interne, mais trouvent une solution pour se refinancer. Certes, l’argent est cher, mais au moins, il y en a de nouveau…
Le fait que banques et Etat aient trouvé un terrain d’entente sur l’autonomie des banques est fondamental. Georges Pauget, le président de la Fédération bancaire française et du Crédit Agricole soulignait que « Nous avions posé nos conditions, et parmi celles-ci, que l’Etat ne nous apporte pas de vrai capital. Nous ne voulions pas d’un Etat avec des pouvoirs dans la gestion de nos établissements ». Le message est clair et permettra aux six plus grandes banques françaises d’obtenir 10.5 milliards d’€uros répartis entre elles au prorata de leur bilan respectif. Ainsi le Crédit Agricole va-t-il emprunter 3 milliards, la BNP 2.55, la Société Générale 1.7, le Credit Mutuel 1.2, la Caisse d’Epargne 1.1 et enfin les Banques Populaires 950 millions d’€uros. Précisons qu’indirectement Natixis fera partie du lot en sa qualité d’établissement commun à 66 % de la Caisse d’Epargne et des Banques Populaires.
Les Américains vont donc connaître une nette augmentation de leur dette publique qui va être augmentée de quelques 6 % avec le Plan Paulson, tandis que le Gouvernement français aura évité ce phénomène par ce type de stratagème. Pour autant, même s’il s’agit d’un prêt, les caisses de l’Etat se sont encore un peu plus vidées… Prudence !
Crise de l’emploi et économie réelle
27 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Le Nikkei est tombé cette nuit à son plus bas niveau depuis 26 années enregistrant une nouvelle fois une chute de plus de 6 %…
Dans son sillage, Paris est pour l’heure en baisse de près de 6 % avec un CAC cotant 3003 points ! Les marchés ne sont toujours pas rassurés par les différentes mesures prises par les instances dirigeantes.
Dans l’Hexagone, l’effondrement de l’automobile va engendrer la fermeture pendant 1 à 2 semaines des usines qui vont ainsi mettre de nombreux ouvriers au chômage technique.
A titre d’exemple, une personne ayant 33 ans de carrière chez un constructeur perdra environ 300 €uros de salaire ce mois-ci… De même qu’après cette période, le dédommagement pour départ anticipé serait de 27 000 €uros. Les incertitudes sont par ailleurs relayées par les médias : sur les écrans de BFM, le ministre du Budget Woerth était hier l’invité d’Olivier Mazeroles et soulignait que « Bien sûr qu’il va y avoir un ralentissement et bien sûr que personne ne sait où tout ceci va aller ». Voilà qui n’est pas fait pour rassurer. C’est pour cette raison que le Président Sarkozy devrait annoncer très rapidement des mesures en faveur de l’emploi : modernisation de la formation continue et réformes structurelles des Assedic et de l’Unedic sont notamment au programme pour créer plus de souplesse et de transversalité.
Du côté de l’outre-Atlantique, Barack Obama poursuit sa campagne et se trouve en tête dans les sondages, mais là encore jusqu’au scrutin qui aura lieu dans une semaine, les marchés seront sans doute attentistes…
Pour ce qui est des principales devises, on fleurte ce matin avec des chiffres inattendus : la parité €uro/Dollar est de 1.24… tandis que de son côté le baril de brent est sous la barre des 60 $. Bonne ou mauvaise nouvelle… Il est certain que la pompe va être plus accessible au consommateur, mais c’est sans doute là le reflet d’une économie en berne.
Le lynchage abusif de la défiscalisation !
27 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Les abus en tout genre ont toujours pullulé et ce genre de phénomène est souvent amplifié en période de crise. Dans le domaine boursier par exemple, les informations ou rumeurs circulant à propos de certaines entreprises ou banques peuvent leur faire injustement du tort alors que les établissements se portent plutôt bien…
La conséquence d’un matraquage exagéré d’un titre peut le mener à un réel massacre financier : c’est précisément ce qui s’est encore passé il y peu avec le titre Société Générale !
L’univers de la défiscalisation n’échappe pas non plus à ces perversions et comme toutes opérations à la mode connait son lot de mauvaises surprises quotidiennes. Le mensuel économique Capital publiait dans l’un de ses derniers numéros une lettre ouverte « contre le lynchage généralisé des professionnels de la défiscalisation » dans laquelle Pierre Senamaud, fondateur et Directeur Général du groupe FCI, dénonce que
depuis plusieurs mois déjà, certains médias, certains financiers, certains avocats… sans oublier les internautes qui utilisent internet comme un instrument de justice, scandent les abus de la Loi Robien en dénonçant l’ensemble du dispositif et en montrant du doigt les sociétés spécialisées.
Il s’insurge contre ces pratiques et affirme « je ne peux rester muet plus longtemps au regard de l’indignation qu’il provoque en moi et tous ceux qui travaillent fidèlement à mes côtés depuis 1998 ».
La défiscalisation est dans son ensemble salie par les abus qui ont malheureusement été commis par des personnes peu scrupuleuses. Elle est victime de son propre succès depuis quelques années qui a fait des émules, mais dont les compétences ne sont pas toujours au rendez-vous. La grande problématique réside dans le sérieux du professionnel que l’on a en face de soi. Si vous faites appel à un grand groupe tel que Nexity Foncier, FCI ou la cellule spécialisée en défiscalisation chez CAFPI, vous aurez à faire à de vrais professionnels qui vous guideront tout au long de votre optimisation fiscale et qui vous préciserons au préalable si une opération de ce type est rentable ou non.
Car il ne suffit pas de ne pas payer d’impôts pour se rendre compte qu’une opération de ce genre ne comporte pas d’intérêt pour un foyer. Une défiscalisation doit se justifier et ceci ne peut être le cas qu’à la condition de réunir certains critères qui rendent la chose intéressante. Il faut payer suffisamment d’impôts et avoir une réelle stratégie patrimoniale à moyen et long termes.
Des personnes qui vendaient la veille des chaussettes se sont improvisées défiscalisateurs du jour au lendemain créant des précédents qui impactent aujourd’hui toute une profession. Il faut faire preuve de discernement comme en toutes circonstances… Savez-vous que les lois Malraux et de Robien comportent de réels intérêts communautaires ? Le premier est destiné à réhabiliter des bâtiments anciens et classés dans l’intérêt de l’agglomération où le projet est réalisé tandis que le second a pour objet de financer des biens à caractère sociaux afin de permettre à des foyers en difficulté de se loger décemment. Pas de quoi avoir honte, non ?
Non, la défiscalisation, ce n’est pas n’importe quoi ! Comme l’évoque Pierre Senamaud
Dans toute profession, il y a ceux qui la pratiquent avec éthique et d’autres qui en abusent.
Il n’y a jamais de hasard, renseignez-vous auprès d’un vrai professionnel si vous avez un projet de ce type. Si vous avez d’aventures été abusé songez à réaliser un rachat de crédits : ce dernier pourra s’avérer salvateur si vos défiscalisations n’ont pas lieu dans votre cas !




