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Les taux du rachat de crédits sont-ils chers ?

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Beaucoup de consommateurs sollicitant un rachat de crédits se plaignent aujourd’hui des coûts onéreux de ces opérations.

« 6.3 % ou 6.5 % ! C’est beaucoup trop cher ! ». Voilà les assertions que beaucoup de financiers entendent actuellement lors de leurs entretiens avec leurs clients.

Il est vrai que les taux nominaux sont très nettement remontés ces derniers 24 mois que ce soit à taux révisable ou à taux fixe. La barre des 6 % a été dépassée depuis peu en rachat de crédits pour les meilleurs taux fixes, mais les produits assujettis à de tels taux sont-ils réellement si chers ?

Essayons de trouver des éléments de réponse à travers trois réflexions : le coût réel de l’argent en matière de taux réel, la comparaison avec les taux pratiqués en acquisition immobilière et enfin en estimant la marge réelle des banques.

Un taux réel plus cher aujourd’hui malgré des taux plus élevés ?

Rappelons rapidement ce qu’est un taux réel : il s’agit de la différence entre le taux nominal proposé par une banque sur une année et la valeur du taux de l’inflation sur la même année. Lorsqu’une banque propose aujourd’hui un taux d’intérêt nominal à un client d’une valeur de 6.3 % (taux BNP Investimmo) alors que l’inflation actuelle gravite autour de 3.6 % (chiffre édité par Bercy en juin dernier), cela implique que le taux réel de l’opération est de 2.7 %. Dans l’absolu, cela signifie que le coût de l’argent est inférieur aujourd’hui à 6.3 % qu’il y a deux ans lorsque les taux fixes en restructuration se promenaient aux alentours de 4.5 %, car à cette époque, on nous annonçait une inflation quasi-nulle frôlant les 0.5 %. De sorte que le taux réel d’alors oscillait à 3 %, c’est-à-dire moins qu’aujourd’hui. Le chiffre n’est donc pas très différent actuellement…
Certes, il convient de pondérer ces propos en arguant que les salaires des Français ne suivent pas l’inflation galopante de sorte que ces chiffres sont à relativiser, mais lorsqu’on sait que l’INSEE a annoncé une perte de pouvoir d’achat de 0.4 points en juillet 2008 par rapport à l’exercice précédent, les chiffres se tiennent…

Des taux immobiliers proportionnellement plus chers que ceux du rachat de crédits ?

Pour se faire une idée du niveau des taux en rachat de crédits, il faut aussi regarder ce qui sa passe du côté de leurs cousins en matière d’acquisition immobilière : et les comparaisons sont surprenantes, car on constate que pour des durées analogues les écarts ne sont pas si grands que cela ! Observons le tableau ci-dessous qui nous indique les meilleurs taux et les taux nominaux moyens des prêts immobiliers proposés actuellement par les banques françaises :

Sur 25 ans, les taux moyens de l’immobilier s’élèvent à 5.35 %, ce qui n’est que 0.55 % inférieurs à certains taux pondérés proposés par exemple par les rachats de crédits BARFIMMO (5.9 %). Et encore en terme de TEG, l’écart est parfois plus faible lorsqu’on peut avoir recours à une délégation d’assurance extérieure. Les rachats de crédits BNP Investimmo ne sont pas éloignés non plus avec leur taux nominaux à 6.3 %. Certes, les taux de la restructuration de prêt sont quelque peu supérieurs à ceux de l’immobilier, mais il s’agit d’un public à plus grand risque en raison de son endettement actuel et ce dernier n’est pas répercuté de manière si flagrante sur les taux…. Alors que faut-il croire ? Que le rachat de crédits n’est peut-être pas si cher que cela ou bien que c’est l’immobilier qui devient inaccessible ? Chacun se fera son idée…

Une marge bancaire pas si conséquente pour les banques du rachat de crédits ?

N’oublions pas que les banques ne puisent pas dans leurs propres tiroirs les fonds destinés aux prêts de restructuration octroyés à leurs clients. Elles vont emprunter de l’argent sur les marchés interbancaires, c’est-à-dire qu’elles vont « acheter » de l’argent auprès d’autres banques ou de la Banque de France. Il existe beaucoup d’indices différents publiés quotidiennement ou à des fréquences plus espacées qui informent les banques sur le coût de l’argent. Lorsqu’une banque « achète » de l’argent à mettons 5 % (valeur actuelle de l’Euribor 3 mois) et qu’elle le revend à 5.5 %, chacun calculera la marge de cette dernière….. Elle n’est pas si élevée ! Surtout lorsqu’on sait que la durée moyenne des prêts immobiliers (et les prêts de restructuration en font partie) est actuellement de 6 ans et de 7 mois. C’est une tendance qui se veut en baisse : les gains des banques se font donc sur des durées de plus en plus courtes et sont donc mécaniquement inférieurs surtout sur un segment de marché où le risque de contentieux est important !

Ces trois éléments semblent donc prouver qu’objectivement les valeurs des taux en rachat de crédits ne peuvent être très inférieurs qu’actuellement pour que ces opérations restent rentables pour les banques. A brûle pourpoint, le consommateur trouvera peut-être l’argent cher, mais souhaitons qu’il reconnaisse que les rachats de crédits restent l’une des seules options pour sortir d’une situation difficile et que si les banques ne gagnent plus d’argent, elles n’en proposeront plus…

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