Un CAC 40 en suspens…

18 novembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment 

Le Palais Bourbon affiche pour l’heure une légère hausse à 3 190 points, c’est à dire + 0.4 %. L’indice parisien sera probablement très fragile aujourd’hui en raison des mauvaises nouvelles émanant des Etats-Unis. Les résultats trimestriels de Fannie Mae et d’AIG sont en effet supérieurs aux dépréciations d’actifs qui avaient été provisionnées, ce qui a irrémédiablement fait plonger Wall Street, puis Tokyo hier et cette nuit. Les investisseurs français tentent donc de retrouver ce matin des points de stabilité et des fondamentaux. Le CAC ne doit surtout pas descendre en-dessous des 3 170 points. Dans le cas contraire, un plongeon aux alentours des 3 000 points serait à craindre…..

Sur le plan international, on a donc appris hier que Fannie Mae, l’un des piliers du financement hypothécaire aux USA, avait annoncé des résultats trimestriels catastrophiques : 29.8 milliards de pertes ! De son côté, l’ancien numéro 1 mondial de l’assurance AIG annonce 21.4 milliards de pertes. Ces chiffres sont supérieurs à ceux qui étaient attendus et ont nécessité l’intervention du Trésor américain qui a accordé de renégocier ses prêts aux deux géants et d’octroyer de nouvelles lignes de crédits….

Dans l’Hexagone, l’ancien directeur général de Carrefour, Jose Luis Duran, a été remercié et c’est Lars Olofsson en provenance de Nestlé qui est nominé à son poste. L’effet sur le titre a été immédiat avec une progression de 4.5 %. AUtre bonne nouvelle sur la place parisienne, Dassault et Alacatel-Lucent sont entrés dans une phase de négociation active à propos du rachat de 20.8 % des parts de Thales : là encore l’annonce des tractations a fait du bien aux actions des trois groupes….Par ailleurs, 47 géants industriels européens dont Renault et Saint-Gobain ont demandé une intervention urgent de l’Union et de leur Etat dans l’économie. Ils craignent une dégrédation des conditions économiques et sollicitent des baisses de taux, des facilités diverses et le recours à des plans de soutien…

Enfin du côté des principales devises, on notera que la parité €uro/Dollar s’établit à 1.26. L’euribor 1 an cote actuellement 4.32 % tandis que le baril de brut s’élève à 55.4 $.

L’attente domine les places financières

24 septembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment 

Après avoir clôturé sur un triste - 2.78 % hier, la Bourse de Paris est repartie ce matin en légère hausse avec un sursaut d’orgueil à 4 167.14 points, c’est-à-dire +0.66 % entraînée notamment par une belle évolution du titre Crédit Agricole qui profite de ses annonces d’opérations de rachats des prochains jours pour prendre quelques 4.6 %.

Pour autant, l’attentisme est de rigueur et l’ensemble des investisseurs attend avec impatience les modalités concrètes du plan Paulson… qui se fait attendre et qui est entaché par l’annonce des médias américains d’une enquête diligentée par le FBI à l’encontre des dirigeants des géants financiers : de Freddie Mac à Fanny Mae en passant par AIG et autres Lehman Brothers, les investigations vont a priori aller bon train sans doute pour trouver des bouc-émissaires à la crise…

Cette crise à l’échelle désormais mondiale comme l’a décrite le Secrétaire Général de l’OCDE, Angel Gurria, dans le récent rapport 2008 de l’organisme a désormais des répercussions sur le monde politique qui s’est saisi de la thématique à grande échelle. Ainsi, le Président Sarkozy souhaite mettre en place des passerelles de régulation approfondies entre grandes nations pour veiller aux futures évolutions des marchés : thématique reprise ces derniers jours par les réunions au sommet de l’ONU qui devra très certainement attendre elle aussi le dénouement du plan Paulson…

La Bourse de Paris au plus bas depuis mai 2005

18 septembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment 

Le sauvetage d’AIG Vie par le trésor américain n’aura donc pas suffi à enrayer la crise de confiance qui règne sur les marchés et à éviter ce qui ressemble de plus en plus à une crise systémique…

La place forte parisienne a en effet terminé sa journée sous la barre des 4 000 points avec une baisse de 0.46 % du CAC à la fin de son exercice. Après avoir commencé ce jeudi à 3 982 points, l’indice français s’est quelque peu ressaisi pour l’heure à + 0.39 %.

Les événements financiers malheureux s’enchaînent tristement et contaminent désormais toutes les places financières mondiales. Ainsi à leur ouverture, les bourses asiatiques ont-elles continué leur chute vertigineuse dans le rouge. La Suisse jusqu’alors préservée commence à s’inquiéter si l’on en croit les déclarations du Président de l’association des banquiers helvétiques qui souligne que « La situation des crédits est dangereuse. SI elle provoque une baisse des bénéfices des entreprises, elle enclenchera une récession générale de l’économie ». Les uns s’inquiètent et d’autres tentent de tirer profit de la situation : c’est notamment le cas de Barclay’s qui essaie de racheter des parts d’AIG Vie ou de la Lloyd qui annonce le rachat d’HBOS pour 19 milliards d’€uros…

Et les annonces d’expositions de tel groupe ou de telle banque de s’accumuler : ce matin, l’assureur anglais AVIVA a fait part de ses expositions à hauteur de 270 millions de livres. Au même titre, l’italien BPM ou le néerlandais ING annoncent des pertes possibles…

Ces chiffres en cascade donnent le tournis et provoque de nombreuses réactions au sein de la classe politique et financière. Si Luc Châtel se veut rassurant en affirmant une nouvelle fois le peu d’expositions du système financier français, des experts bancaires pensent l’inverse ! C’est notamment le cas de Jean Peyrelevade qui estime la situation plus que préoccupante : « il ne faut pas oublier que les banques d’investissement du type de Lehman vivent avec une liquidité qui est assurée par des prêteurs, par les autres banques, par le système bancaire et par le marché… c’est par là que la contagion peut se manifester » Il craint visiblement l’effet systémique en dominos des faillites.

La situation débouche par ailleurs à des prises de position politique de plus en plus nombreuse et l’instrumentalisation de commencer avec un Henri Emmanuelli qui affirme : « S’il n’ y avait pas les Etats pour voler au secours des marchés, tout s’effondrerait. La faillite d’AIG Vie aurait été une catastrophe internationale… il y avait une régulation, on l’a fait sauter au nom du libéralisme… ».

Malgré la confusion de la situation, certains continuent leurs manœuvres. La BNP vient d’annoncer le rachat à 100 % de FIA-NET par sa filiale Sofinco. Ce spécialiste du Receive and Pay, un système permettant de payer à distance son achat seulement lors de la réception de la marchandise, favorisera la commercialisation du concept dans les pays où la marque Sofinco est fortement implantée. Le crédit ou le rachat de credit Sofinco n’a pas fini d’avoir le vent en poupe…