Rachat de credit : BNP a le feu vert pour Fortis
19 novembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Les turbulences qui avaient tant agité le monde bancaire dans le courant du mois d’octobre avaient englobé dans leur tourbillon la banque belge Fortis qui avait été fortement touchée consécutivement à son exposition aux crédits à risque. On se souvient encore que cette affaire avait entrainé la démission de son duo de dirigeants et qu’elle avait surtout suscité l’intérêt du géant BNP flairant une bonne opportunité.
L’affaire fut conclue, mais pour autant des petits porteurs s’étaient insurgés contre ce rachat de Fortis en se constituant en associations qui portèrent l’affaire devant le Tribunal de Commerce de Bruxelles. Le jugement vient d’être rendu et la justice belge a rejeté le recours à l’encontre de la cession de Fortis à la BNP. La transaction est tout ce qu’il y a plus de légal. Seul point : la Présidente du Tribunal a demandé à ce qu’une Commission d’experts jaugent de la bonne valeur des actions et donc de la valeur de cession.
L’avocat des plaignants a aussitôt fait appel…..
La facture des « subprimes » pour le crédit français
9 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Qui l’aurait cru ? Il n’y a encore pas si longtemps, Christine Lagarde, le ministre français des finances claironnait sur toutes les ondes que le « système financier français était solide » appuyé en cela par certains ténors du monde de la finance français tels qu’Henri de Castries le patron d’Axa et d’autres.
Force est de constater que l’arbre cachait la forêt et que la classe politique a pris soin de ne pas évoquer les risques réels de la situation sans doute pour ne pas alarmer l’opinion publique. Il n’empêche que les faits sont là à l’instar de la faillite évitée in extremis de Dexia que l’on peut d’ores et déjà considérer comme la première victime française des subprimes…
Comme le soulignait Le Point « Après Fortis, la banque franco-belge Dexia n’a finalement pas échappé à la contamination. Le leader mondial du financement des collectivités locales, né en 1996 de l’alliance entre le Crédit Communal de Belgique et le Crédit Local de France, a fini par être rattrapé par la crise ».
La démission du tandem de dirigeants Axel Miller et Pierre Richard semble dérisoire à côté de la gravité que l’événement représente. Il faut en effet savoir que 25 % des prêts contractés par des collectivités territoriales en France ont une articulation proche de celles des subprimes et que nombre d’entre elles ont été réalisées auprès de Dexia… Ces produits sont indexés sur la parité euro-dollar, fixes pendant trois ans à un taux de 3 %, les prêts auraient aujourd’hui un taux nominal proche des 10 %… Ces véritables bombes à retardement auront sans doute convaincu les autorités à réagir au plus vite…
Cet événement récent ne doit pas non plus faire oublier la facture des subprimes qui a d’ores et déjà payée par les établissements bancaires français en dépréciations d’actifs et autres pertes pures. Il s’agit tout de même de la bagatelle de 16.5 milliards d’€uros sans intégrer la douteuse affaire Kerviel qui, s’il s’avérait qu’il y ait un lien entre les quelques 5 milliards d’€uros de pertes et des investissements douteux outre-Atlantique, monterait la facture à 21.5 milliards… N’oublions pas une fois encore qu’il s’agit des dépôts des contribuables français !
Dans le détail, le Crédit Agricole a d’ores et déjà perdu 5.4 milliards, la Société Générale 4.2 (ou 9.2) Natixis 3.9, BNP Paribas 2 et enfin Dexia 1…
Les chiffres perlent d’eux-mêmes et les mauvaises surprises arrivant au compte-goutte, on n’est désormais pas si certain que la facture ne sera pas encore plus salée…
Les Rachats de crédits à grande échelle !
29 septembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Après avoir eu les yeux rivés vers l’outre-Atlantique, la planète finance de ces derniers jours est résolument marquée d’une part par la décision du congrès américain d’entériner le plan Paulson et d’autre part par la volonté de certains établissements bancaires de profiter de la période paradoxalement favorable pour réaliser certaines opérations de rachat de concurrents à l’agonie…
Profitant de l’implosion de certains organismes, d’autres se renforcent : c’est le cas de JP Morgan Chase qui après avoir « sauvé » Bear Stearns en mars s’est transformé en messie pour secourir Washington Mutual. Le géant est gagnant achetant 10 ce qui vaut 1000… De même, l’ibère Santander (propriétaire d’Abbey) est en passe de mettre Alliance & Leicester sous sa coupe, tandis que la Couronne britannique vient de nationaliser officiellement Bradford & Bingley… Dans le registre des sauvetages, on notera le rachat de Fortis, qui passe ainsi sous le nez et la barbe de la BNP, par les Benelux sans oublier le dépeçage continu de Lehman Brothers dont le Crédit Suisse vient de s’accaparer les produits dérivés !
C’est dans ce contexte de sauvetage des uns et de rachat des autres que la place financière de Paris avait clôturé la semaine passée par un piètre -1.47 % venant ajouter une troisième baisse consécutive hebdomadaire….Les quelques 3.7 % perdu venant se soustraire au gain historique des 9.7 % de la semaine précédente ! Les financières y auront laissé des plumes : BNP, Dexia et autres EADS ayant attendu avec impatience la décision du congrès américain.
A priori rassurée, la Bourse de Paris démarre ce lundi en équilibre avec une légère perte de 0.8 %. Le billet vert contribuera a stabilisé les marchés en ayant repris du poil de la bête par rapport à la monnaie européenne : il faut 1.44 $ pour un €uro !
Le pétrole semble lui aussi plus stable à 105 $ le baril de brut.
Cette période de rachats des crédits à tout va est de bonne augure…



