Le baril de Brent a perdu 75 % depuis juillet !
19 décembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Hier soir et cette nuit, les Bouses de New-York et de Tokyo ont logiquement cloturé dans le rouge en raison notamment de la baisse du baril de brut et surtout des annonces des constructeurs automobiles américains General Motors et Chrysler de respectivement réduire la production de 60 % pour le premier et de fermer les usines pendant 1 mois pour le second. De mauvaises nouvelles qui conduisent natruellement l’indice parisien à une baisse de l’ordre de -1.44 % à 3 185 points, c’est à dire proche du seuil technique et psychologique des 3 170 points tant redouté par les investisseurs.
La baisse de la Bourse de Paris est par ailleurs liée aux problèmes rencontrés aussi par BNP Paribas et par Natixis. La première banque française ne parvient pas à démêler le rachat de Fortis et l’affaire connait d’incessants rebondissements puisqu’il semblerait que la décision de la justice belge de supendre la cession ne soit pas conforme à la légalité…Des surprises qui ne laissent en tout cas pas envisager une reprise imminente des actifs de la banque belge. De son côté, Natixis aura décidément tout connu cette année puisque la banque d’investissement des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires sera passée par toutes les cases de la crise, de l’exposition Lehman à l’exposition Madoff en passant encore par d’autres déboires…La direction ne parle pas de démantèlement, mais évoque un assainissement de sa banque d’affaire. Un secteur bancaire français touché et animé qui emmène le Palais Bourbon vers le bas, tout comme le titre Dassault-Aviation qui devrait perdre 10 % aujourd’hui en raison de l’annulation de commandes de gros porteurs. Cela dit, cet effet sera peut-être atténué par l’accord trouvé entre la compagnie et Alcatel à propose de Thales dont Dassault pourrait bien prendre 20.8 % du capital.
La baisse du Cac 40 est par ailleurs motivée par la valeur du baril de brent qui vaut pour l’heure 37.8 $ à Londres. Un second record après celui déjà enregistré hier. Une baisse de quelque 75 % depuis le pic historique du pétrole le 17 juillet à 147 $. Cette chute tout aussi historique s’explique par les stocks importants dont les industries disposent et le peu de commande qu’elles passent actuellement aux pétroliers en raison du ralentissement économique dont la conséquence est une demande très infèrieure en matières premières. Rajoutez à cela des industries lourdes qui ont plus de mal à obtenir du crédit pour payer les commandes en question et vous obtenez une chute vertigineuse du pétrole.
Chaque médaille ayant son revers, les mauvaises nouvelles en comportent aussi de bonnes puisque le passage à la pompe est de moins en moins onéreux, ce qui redonne un peu de pouvoir d’achat en cette fin d’année, tout comme la baisse à 3.29 % de l’Euribor 1 an est synonyme de détente des taux et donc de meilleur octroi du crédit
Licenciements et suppressions d’emploi déferlent sur le globe
10 décembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Les dégâts de la récente crise financière et du crédit commencent à se faire ressentir un peu partout dans le monde. Dans l’Hexagone, ce sont essentiellement les secteurs de l’industrie lourde qui sont touchés à l’instar de Peueot PSA et de Renault qui vont procéder à près de 8 000 suppressions d’emploi sous forme de départs volontaires. Le secteur du service semble relativement épargné à l’exception de l’univers de la banque d’investissement qui devra voir ses effectifs fondre que ce soit en France (Natixis notamment), en Allemagne ou au Royaume-Uni.
Mais dans le reste du monde, les phénomènes de chômage s’amplifient avec des vagues de licenciements importantes. Le suédois SKF, leader du roulement à bille, est semble-t-il victime du ralentissement du marché de l’automobile et envisage à ce titre de supprimer 2 500 postes dont 1 300 intérimaires. Le géant du minérais Rio Tinto est lui aussi victime de la chute des matières premières et a annoncé le licenciement de 14 000 personnes, 5 500 CDI et 8 500 CDD et intérimaires.
Mais le triste record risque de revenir au Katanga dont l’économie repose presque exclusivement sur les exploitations minières et qui va connaitre une crise de l’emploi sans précédent en raison des 300 000 personnes qui risquent une mise à pied forcée à cause de la crise…
Le CAC rebondit avec les déclarations de Fillon…
27 novembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Après avoir ouvert en hausse, le contrat à terme Matif CAC 40 prend actuellement + 2.16 % à 3 238 points. Cette tendance s’inscrit dans le sillage des bonnes performances des titres Renault, Bouygues et Michelin dont les valeurs présentent de bonnes résistances. Les investisseurs anticipent sans doute les mesures gouvernementales qui devraient profiter aux secteurs de ces entreprises. Lors de son entretien accordé à La Tribune, le Premier Ministre François Fillon a rassuré par la modération de ses propos relatifs au plan de relance économique. Il n’ y aura pas d’injections de liquidités sans avoir au préalable sécurisé le système financier.
Dans tous les cas, le plan de relance devrait déboucher très rapidement sur des mesures concrètes telles que l’amélioration de la trésorerie des entreprises, la réduction des délais de paiement ou encore des remboursements accélérés de la TVA…Dans l’Hexagone, on notera les mauvais chiffres annoncés par les producteurs de champagne qui ont vu leurs ventes reculées de 23 %. Dans le secteur de la finance, les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires remettent en cause la cession des unités d’assurances de Natixis dont la vente est mise entre parenthèses.
Par ailleurs de nombreux experts s’interrogent quant à la nature du financement du second plan de relance américain. En effet, le Dollar donne de plus en plus l’impression d’être une monnaie de singe, car les planches à billets vont tourner à outrance outre-Atlantique et d’aucuns craignent que la crise soit financée à grands coups de crédits…constituant ainsi une bulle qui pourrait elle aussi éclatée d’ici quelques années !
Enfin, du côté des principales devises; on notera la stabilité de la parité €uro/Dollar à 1.29, la légère remontée du baril de pétrole à 54.65 $ et l’imminent passage de l’Euribor 1 an sous la barre des 4 %.
La crise du crédit sévit encore….
12 novembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Le CAC 40 est en nette hausse de + 2 % ce matin à 3 400 points. Cette tendance est essentiellement soutenue par la revalorisation des titres du secteur bancaire, Natixis mis à part qui cote moins de 2 €uros pour l’heure, et de ceux du secteur du luxe à l’instar de LVMH qui après avoir perdu 11 % hier redore son blason en reprenant déjà 5 %.
La Bourse de Paris devrait passer une bonne journée en raison des nouvelles émanant d’outre-Atlantique. En effet, Barack Obama a évoqué lors de son entretien à la Maison Blanche avec George Bush sa volonté d’épauler au plus vite le secteur de l’automobile via un plan de soutien à la Paulson. Le Congrès pourrait ainsi se réunir dès la semaine prochaine pour voter un amendement relatif à un tel plan. Par ailleurs, les autorités et les banques américaines s’apprêteraient à venir en aide à plusieurs milliers de foyers victimes des subprimes. Cette opération devrait voir le jour très rapidement ! Sur le vieux Continent, la nouvelle du jour provient de l’allemand Hypo Real Estate qui vient d’annoncer ses résultats trimestriels en perte de 3.1 milliards d’€uros, soit très supérieures à ce qu’escomptaient les analystes…Ces mauvais chiffres sont la conséquence directe de l’exposition du groupe allemand dans la faillite de Lehman Brothers et des dépréciations d’actifs qui s’en sont suivies.
Dans l’Hexagone, on nous annonce une révison prochaine du plafonnement des niches en matière de fiscalité avec des nouveaux seuils qui devraient se fixer aux alentours de 25 à 30 000 €uros par foyer fiscal.
Enfin du côté des principaux taux et autres devises, on notera le maintien du baril de brent sous la barre des 60 $. Ce dernier cote pour l’heure 59 $, la pompe devrait donc encore baisser….La parité €uro/dollar est dans la lignée de celle d’hier : il faut ce matin 1.25 billets verts pour une unité européenne. Quant à l’Euribor 1 an, il poursuit son repli et vaut pour l’heure 4.45 %.
Quel est le Plan Paulson européen ?
27 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
L’actualité financière de ces dernières semaines a été en grande partie animée par les annonces des grandes instances internationales de venir en aide aux banques en difficulté et ce faisant de réactiver l’injection du crédit dans les marchés afin d’alimenter l’économie réelle.
Sur le vieux continent comme outre-Atlantique, l’idée est à peu de chose près la même sur le fond, mais sur la forme, il y a des différences considérables entre l’application du Plan Paulson aux Etats-Unis et le plan de sauvetage européen et notamment dans l’Hexagone.
Chez l’Oncle Sam, il s’agit bel et bien d’un rachat massif des créances douteuses, appelées désormais « crédits toxiques » par le Trésor américain afin d’éradiquer des bilans des banques les chiffres relatifs aux fameux subprimes. C’est un véritable plan de sauvetage à l’inverse de ce qui va être mis en place en France. Comme on pouvait le lire dans le Monde, il s’agit d’ « un plan de soutien, pas d’un plan de sauvetage ». C’est là qu’est toute la différence !
Christine Lagarde a en effet annoncé que l’Etat français va prêter de l’argent aux banques qui le demandent. Donnant-donnant : l’Etat se montre satisfait, car il va prêter de l’argent à un taux intéressant, 8 %… Il va récupérer des fonds à terme et permettre aux réseaux financiers de bénéficier à nouveau de crédits, car les banques se sont engagées à augmenter leurs stocks de crédits aux particuliers et aux entreprises de 3 à 4 %. Ainsi tout le monde est content :d’un côté, l’Etat ne recapitalise pas les banques et n’en redevient donc pas actionnaire, évite l’assèchement du crédit indispensable au bon fonctionnement de notre économie et de l’autre côté, les banques ne voient pas l’Etat interférer à nouveau dans leur fonctionnement interne, mais trouvent une solution pour se refinancer. Certes, l’argent est cher, mais au moins, il y en a de nouveau…
Le fait que banques et Etat aient trouvé un terrain d’entente sur l’autonomie des banques est fondamental. Georges Pauget, le président de la Fédération bancaire française et du Crédit Agricole soulignait que « Nous avions posé nos conditions, et parmi celles-ci, que l’Etat ne nous apporte pas de vrai capital. Nous ne voulions pas d’un Etat avec des pouvoirs dans la gestion de nos établissements ». Le message est clair et permettra aux six plus grandes banques françaises d’obtenir 10.5 milliards d’€uros répartis entre elles au prorata de leur bilan respectif. Ainsi le Crédit Agricole va-t-il emprunter 3 milliards, la BNP 2.55, la Société Générale 1.7, le Credit Mutuel 1.2, la Caisse d’Epargne 1.1 et enfin les Banques Populaires 950 millions d’€uros. Précisons qu’indirectement Natixis fera partie du lot en sa qualité d’établissement commun à 66 % de la Caisse d’Epargne et des Banques Populaires.
Les Américains vont donc connaître une nette augmentation de leur dette publique qui va être augmentée de quelques 6 % avec le Plan Paulson, tandis que le Gouvernement français aura évité ce phénomène par ce type de stratagème. Pour autant, même s’il s’agit d’un prêt, les caisses de l’Etat se sont encore un peu plus vidées… Prudence !
La crise du crédit a engendré un krach
10 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Après le sursaut d’hier, la place financière de Paris affiche actuellement une baisse de 7.62 % à 3 180 points synonyme de krach des marchés européens et asiatiques qui a déclenché une réunion au sommet du G7 à Washington.
Les mauvaises nouvelles s’accumulent dans le sillage des résultats négatifs du Dow-Jones en fin de séance hier avec une baisse de -7.33 %. Consécutivement à ces annonces, le Nikkei perd 9.62 % à Tokyo et sur le vieux continent l’Euribor s’envole pour atteindre 5.5 %. L’argent déjà rare est de plus en plus cher à acquérir tandis que dans le même temps le pétrole poursuit sa baisse pour atteindre 82 $ le baril, signe d’une demande sans cesse décroissante du secteur industriel en matières premières, ce qui constitue un bien mauvais signe économique… Autre mauvaise nouvelle financière, l’annonce d’un assureur de tout premier plan au Japon, Yamoto !
En France, après l’opération du rachat de Fortis par la BNP qui achète à prix bradé le prêteur belge, d’autres enseignes bancaires de l’Hexagone ne restent pas inactives et la fusion définitive entre l’Ecureuil et les Banques Populaires vient d’être annoncée. Ce mariage va créer le premier réseau de succursales de détail en France avec un peu plus de 8 000 points de vente… Après, la création de l’enseigne commune Natixis il y a deux ans, les deux banques ont donc décidé d’entériner définitivement son union.
La facture des « subprimes » pour le crédit français
9 octobre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
Qui l’aurait cru ? Il n’y a encore pas si longtemps, Christine Lagarde, le ministre français des finances claironnait sur toutes les ondes que le « système financier français était solide » appuyé en cela par certains ténors du monde de la finance français tels qu’Henri de Castries le patron d’Axa et d’autres.
Force est de constater que l’arbre cachait la forêt et que la classe politique a pris soin de ne pas évoquer les risques réels de la situation sans doute pour ne pas alarmer l’opinion publique. Il n’empêche que les faits sont là à l’instar de la faillite évitée in extremis de Dexia que l’on peut d’ores et déjà considérer comme la première victime française des subprimes…
Comme le soulignait Le Point « Après Fortis, la banque franco-belge Dexia n’a finalement pas échappé à la contamination. Le leader mondial du financement des collectivités locales, né en 1996 de l’alliance entre le Crédit Communal de Belgique et le Crédit Local de France, a fini par être rattrapé par la crise ».
La démission du tandem de dirigeants Axel Miller et Pierre Richard semble dérisoire à côté de la gravité que l’événement représente. Il faut en effet savoir que 25 % des prêts contractés par des collectivités territoriales en France ont une articulation proche de celles des subprimes et que nombre d’entre elles ont été réalisées auprès de Dexia… Ces produits sont indexés sur la parité euro-dollar, fixes pendant trois ans à un taux de 3 %, les prêts auraient aujourd’hui un taux nominal proche des 10 %… Ces véritables bombes à retardement auront sans doute convaincu les autorités à réagir au plus vite…
Cet événement récent ne doit pas non plus faire oublier la facture des subprimes qui a d’ores et déjà payée par les établissements bancaires français en dépréciations d’actifs et autres pertes pures. Il s’agit tout de même de la bagatelle de 16.5 milliards d’€uros sans intégrer la douteuse affaire Kerviel qui, s’il s’avérait qu’il y ait un lien entre les quelques 5 milliards d’€uros de pertes et des investissements douteux outre-Atlantique, monterait la facture à 21.5 milliards… N’oublions pas une fois encore qu’il s’agit des dépôts des contribuables français !
Dans le détail, le Crédit Agricole a d’ores et déjà perdu 5.4 milliards, la Société Générale 4.2 (ou 9.2) Natixis 3.9, BNP Paribas 2 et enfin Dexia 1…
Les chiffres perlent d’eux-mêmes et les mauvaises surprises arrivant au compte-goutte, on n’est désormais pas si certain que la facture ne sera pas encore plus salée…
Le remède à la finance mondiale
26 septembre 2008 par E. Baab · Leave a Comment
« Le Docteur Paulson vient d’administrer un remède de cheval à une finance mondiale malade de ses excès » pouvait-on lire ce matin dans les Echos.
En effet, le plan du secrétaire d’Etat américain devrait mettre un terme définitif à la crise amorcée par les fameux subprimes. Quant à résoudre les problèmes économiques dans leur ensemble, c’est une autre paire de manche…
Ceci dit, la confiance semble revenir comme en témoigne le Cac du 27 septembre qui a clôturé à + 2.73 %, c’est-à-dire à 4 226 points : l’indice phare de Paris a été entraîné par les bons résultats des titres bancaires, Crédit Agricole, Dexia et EADS empochant plus de 6 % de valeur !
Un patron de banque a confirmé ces impressions en soulignant que « Si l’on croit au plan Paulson, la volatilité du marché va se réduire, et les banques pourraient diminuer le montant des provisions qu’elles pensaient passer au 3ème trimestre ». L’effet yoyo devrait donc s’estomper même si pour l’heure la Bourse française perd 1.83 % en raison des affaires Alitalia et de l’annonce du plan de suppression d’emploi de Renault.
La planète finance devrait se stabiliser dans les prochains jours, notamment parce que l’augmentation de capital de Natixis n’a pas été un échec grâce à l’intervention du patron des Caisses d’Epargne (co-actionnaire du groupe avec la Banque Populaire) qui a assuré que son enseigne et la Banque Populaire seraient les garants des ratio de solvabilité de Natixis. Bonne nouvelle soutenue par une parité euro-dollar en équilibre : il faut 1.4588 billets verts pour une monnaie européenne…
Pourvu que cela dure !



