En 2022, les élections au coeur des enjeux économiques

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bureau de vote

En 2022, de nombreux citoyens du monde entier seront appelés à voter. Le secteur financier, qui a besoin de visibilité et de prévoyance pour guider ses investissements, s’inquiète de cette instabilité liée aux campagnes et aux promesses des différents candidats. France, Kenya, Brésil, Corée du Sud… 2022 sera une année électorale et devrait bouleverser le paysage politique mondial. Le magazine économique américain “Fortune” a expliqué que les marchés financiers mondiaux pourraient faire preuve d’une certaine instabilité durant cette période.

Les pays de l’Union Européenne sous le feu des projecteurs

Partout dans le monde, des citoyens déjà mis sous pression par la pandémie de Covid-19 seront appelés à voter, sans parler des élections surprises lorsqu’un gouvernement est déchu.

Sans surprise, les élections présidentielles en France et au Brésil seront “suivies de près par le marché”. Le magazine Fortune évoque aussi la scène politique italienne. Si le favori Mario Draghi, “l’un des dirigeants les plus respectés d’Europe” et ancien patron de la Banque centrale européenne, est élu président, l’actuelle coalition italienne “serait vouée à une mort quasi certaine”.

Si Emmanuel Macron est réélu, le couple franco-italien nouvellement formé pourrait remplacer le couple franco-allemand constitué du président français avec la chancelière allemande Merkel, dont le mandat s’est terminé en 2021.

Giovanni Capoccia, professeur de sciences politiques à l’Université d’Oxford, insiste : « En avril prochain, comme il y a cinq ans, ce n’est pas seulement l’avenir de l’Elysée qui est en jeu, mais celui de l’« Union européenne ». Le même mois, au printemps, la Hongrie élira son Premier ministre lors d’élections législatives.

La France au cœur des attentes en 2022

Le 24 avril 2022, les Français découvriront, à 20h, le visage de la personne qui gouvernera le pays pour les cinq prochaines années. Pour l’instant, l’actuel président de la République, Emmanuel Macron, fait figure de favori à sa propre succession. À droite, Valérie Pécresse, du parti Les Républicains, a proposé début décembre, entre autres, de “supprimer 150 000 postes de la fonction publique” ou de “mettre en place un système de “choc d’héritage”” par des dons défiscalisés.

Du côté droit de l’échiquier politique, Marine Le Pen souhaite mettre en place un impôt sur la fortune financière, qui exonérerait le calcul de la résidence principale. Elle recommande également que les jeunes de moins de 30 ans n’aient plus à payer d’impôt sur le revenu. Quant à son rival Eric Zemmour, il réduira la taxe à la production de 30 milliards d’euros et abaissera le taux de l’impôt sur les sociétés à 15 % (PME, artisans…).

Jean-Luc Mélenchon a proposé d’avancer l’âge de la retraite à 60 ans et de sortir du nucléaire avant 2045. C’est ce que les candidats Yannick Jadot et Anne Hidalgo ont en commun. La liste des mesures n’est pas exhaustive, mais on s’attend à ce qu’un débat houleux s’amorce dans les prochains mois.

Autant de débats et de propositions qui pourraient venir troubler les marchés financiers durant ce premier semestre 2022.

Des électeurs qui tardent à se décider et une forte volatilité apparaît sur les marchés

À la rentrée, la scène choc d’Eric Zemmour dans le sondage a fait suer tous les candidats. Y compris des électeurs comme Marina Le Pen, dont les électeurs ont jusqu’à présent fait preuve d’une grande fidélité. Le décollage de Valérie Pécresse après les primaires LR ne fait que sentir à la campagne que tout change vite. La volatilité des électeurs n’a certes rien de nouveau, comme les abstentions, mais son ampleur préélectorale semble sans précédent.

Selon la dernière enquête réalisée par Ipsos-Steria pour le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et Le Monde, 30 % des personnes interrogées ont changé d’avis en deux mois : 14 % ont changé de candidat, 9 % ont renoncé à voter et 7 % des personnes ont fait le opposé.

Autre incertitude : le degré d’abstention, plus faible généralement lors des élections présidentielles, mais qui peut aussi changer les règles du jeu. En raison du Covid et du casting que beaucoup jugent peu attractif, la mobilisation de campagne n’est pas élevée. Si l’on en croit le dernier sondage PrésiTrack OpinionWay-“Les Echos”, seuls 54 % des Français sont actuellement intéressés par l’élection présidentielle.

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