Assurance vie : la fiabilité des fonds en euros tient-elle toujours ?

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Fond euros € - ©Moerschy, CC0 Creative Commons

En termes d’investissement, l’assurance est l’une des alternatives qui séduisent le plus aux épargnants français. Lors de la souscription à une assurance vie, les souscripteurs ont le choix entre le placement de leur épargne en fonds en euros ou en unités de compte. Les fonds en euros offrent l’avantage de la garantie du capital initial et des intérêts, peu importe la tournure des évènements sur le plan économique et financier. D’un autre côté, les unités de comptes présentent plus de risques, car il s’agit d’investir sur les marchés boursiers (actions ou obligations) ou des fonds de placement immobilier tels que les SCPI, OPCI, etc. Les montants placés comme investissements sont alors convertis en unités de compte (UC). Les risques existent, car la garantie mise en place par les assureurs privilégie le nombre d’unités de compte et non la valeur, car cette dernière peut varier en fonction de la fluctuation des machés financiers ou de l’immobilier. Les UC peuvent offrir un rendement considérablement plus élevé aux assurés près à braver les risques concernant la perte de capital en cas d’effondrement des marchés.
Maintenant, face à la crise sanitaire actuelle, les marchés boursiers sont en déclin et une grande partie des assurés se demandent s’il aurait été plus prudent d’avoir choisi un contrat en fonds en euros.

Les assurés ont été encouragés à investir en unités de compte

Le président de Generali annonçait vers la deuxième moitié de l’année 2019 :

Le modèle de la sécurité absolue, de la liquidité permanente, de la garantie totale et à tout instant du capital, qui est, finalement, une réplication du modèle du Livret A, qui est à bout de souffle. Le monde du fonds euros roi est terminé !

Dans les faits, les assureurs encourageaient les épargnants à souscrire à un contrat d’assurance vie en unités de compte, comportant des risques, mais au rendement plus rentable, plutôt que de choisir les fonds en euros. L’initiative visait à générer un meilleur rendement pour les assureurs afin de pouvoir améliorer la rémunération des épargnants. Cependant, la tournure des évènements récents aura eu raison des perspectives escomptées.

Le déclin des contrats en unités de compte depuis le début de la crise sanitaire

L’amplification de la propagation du virus Covid-19 et les mesures prises au niveau international quant au confinement ont eu des répercussions considérables sur l’économie. Les rendements des différents livrets d’épargnes tels que le livret A ou le LDDS (livret de développement durable et solidaire) ont baissé de manière conséquente. La crise a également touché d’autres produits financiers tels que l’assurance vie en unités de compte qui était censée être l’alternative la plus rentable pour les assurés. Si les versements en unités de compte ont atteint les 23 milliards d’euros durant la première moitié de l’année 2019, l’investissement en UC connait aujourd’hui une période de vache maigre en raison de la dégringolade des marchés boursiers et une baisse non négligeable au niveau des marchés immobiliers.

Si l’on se réfère aux chiffres les plus récents, on a pu observer la perte de plus de 30 % du CAC 40 en un trimestre depuis le début de l’année. Cette instabilité du marché accentue les risques encourus par les assurés qui ont choisi des contrats en unités de compte. Le doute commence à s’installer dans les esprits et de plus en plus de personnes se demandent s’il n’aurait pas mieux valu se fier aux fonds en euros. Dans un même temps, une partie des assureurs et des experts continuent de soutenir l’idée que les marchés boursiers vont inévitablement remonter au terme de la crise et que les rendements liés aux unités de comptes resteront « la rémunération la plus rentable » pour l’assuré.

La stabilité des fonds en euros malgré un rendement en baisse

D’un côté, les assurances vie en unités de compte sont dans une mauvaise passe, mais cela ne signifie pas que les fonds en euros ne sont pas concernés par les répercussions de la crise liée au coronavirus. En effet, le rendement des fonds en euros a commencé à baisser depuis quelque temps, avant même l’entrée en confinement du pays. Si le rendement était de 1,8 % en 2018, cette valeur est descendue à 1,4 % en 2019. Cette année, l’éventuelle nouvelle diminution du rendement des fonds en euros est à considérer. Cela n’est pas une raison de s’alarmer, car bien que le rendement soit faible, les placements de fonds en euros d’une partie ou de la totalité du capital restent une alternative visiblement sans danger. Les mécanismes de garanties liées à ce placement permettent de sécuriser l’investissement, quelle que soit la tournure des évènements sur le plan économique et financier. D’un point de vue plus élargi, cette solution est, pour le moment, plus rentable en comparaison avec d’autres produits d’épargne tels que le LDDS ou le livret A dont la rémunération de l’épargnant est tombée à une valeur de 0,5 %.

Une solution alternative

Les avis des experts divergent en ce qui concerne le choix entre les fonds en euros et les unités de comptes. Les unités de comptes présentent des risques réels et observables bien qu’ils soient calculables, profitables et gérables. La solution du contrat multi-plate-forme semble être la plus intéressante, car le souscripteur peut placer son capital dans les deux supports disponibles. Le déposant a la possibilité de gérer la répartition de son approvisionnement. Il peut par exemple décider de placer 75 % de son capital en fonds euros et les 25 % restants sur des investissements en unités de compte. Cette solution permet aussi d’être exonéré de l’impôt sur les plus-values au bout de huit ans de contrat. Il s’agit ainsi d’un moyen de placer son argent sans délaisser les fonds en euros tout en tentant d’améliorer le rendement avec des investissements en unités de compte. Il est cependant conseillé de bien négocier les frais d’entrée, de considérer les frais d’arbitrage et de s’assurer de la possibilité d’arbitrer à tout moment.

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