La Banque de France donne ses indications pour les rachats d’actions et la futur hausse des taux de la BCE

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Banque de France
Banque de France - ©Jan Kamphuis, FlickR Creative Commons

Les régulateurs ont salué les banques françaises pour leur solidité financière dans un environnement économique devenu très incertain. Si la politique de plafonnement des dividendes n’est pas à l’ordre du jour, d’un autre côté les programmes de rachat d’actions seront scrutés à la loupe.

Les bons chiffres des banques françaises jouent en leur faveur

D’ici fin 2022, marquée par la guerre en Ukraine et le retour de l’inflation, la Banque de France espère rassurer sur le fait que le système financier français est en position “favorable” dans ce nouveau contexte de crise.

Cette année, les banques devraient réitérer leurs chiffres records après une année 2021 déjà exceptionnelle : BNP Paribas reste solidement en tête de liste avec un bénéfice net de 8 milliards d’euros sur la période janvier-septembre, devant le mutualiste Crédit Agricole (6,1 milliards d’euros) et le groupe BPCE (3,4 milliards d’euros).

“Les établissements bancaires et d’assurance français sont dans une position financière solide et prudente”, a déclaré lundi le gouverneur François Villeroy de Galhau lors d’une réunion organisée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

De quoi faire face avec sérénité au ralentissement économique à venir, alors même que “les banques devraient profiter progressivement des hausses de taux d’intérêt”.

Les régulateurs européens exigent des banques européennes qu’elles fournissent des réserves de capital en cas d’urgence. Le HCSF ajoute sa condition sur le barème français : un supplément, appelé aussi “coussin”, est à prévoir.

Enfin, le Gouverneur estime qu’il n’y a aucun frein au financement économique actuel, notamment le financement immobilier des particuliers.

“Les crédits immobiliers en France sont à la fois les moins chers, les plus abondants et les plus sûrs des grands pays européens”, a déclaré M. Villeroy de Galhau, malgré une hausse rapide des taux d’intérêt cette année : à 1,84% contre 1,12% en janvier, selon les derniers chiffres de la Banque de France, un pourcentage attendu en novembre (hors frais et assurances).

La Banque de France plaide pour une hausse de taux moins sévère

Pour lutter contre l’inflation, François Villeroy de Galhau a défendu dimanche une stratégie de politique monétaire plus resserrée à partir de janvier mais des hausses plus “flexibles” des taux directeurs. Pour le patron de la Banque de France, il est temps pour la BCE d’entamer la “seconde mi-temps” de sa politique monétaire.

“Nous nous attendons à ce que de nouvelles hausses de taux soient nécessaires mais beaucoup a déjà été fait”, a-t-il dit dans un entretien publié mardi. “Je suis raisonnablement confiant en disant qu’il est probable que nous soyons proches du pic d’inflation.”

La Banque centrale européenne a fortement relevé son taux directeur depuis juillet pour lutter contre une inflation record dans la zone euro : 10,6 % en octobre.

La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs d’un total de 200 points de base depuis juillet pour freiner la hausse des prix, et après deux hausses successives de 75 points de base, elle a signalé qu’elle pourrait ralentir le rythme du resserrement lors de sa prochaine réunion du 15 décembre.

De ce fait, le président de la Banque de France a estimé que « lors de la réunion du 15 décembre nous devrions conclure la première moitié de la normalisation de la politique monétaire » après des taux d’intérêt anormalement bas depuis 2016, proches de zéro voire négatifs.

« Nous discuterons avec Christine Lagarde (la présidente de la BCE) et je pense que la bonne mesure serait de relever les taux d’intérêt pour arriver autour de 2 %, un taux plus normal au regard des niveaux passés », a-t-il déclaré. “Nous devons prendre en compte l’ampleur de ce que nous avons déjà fait”, a-t-il dit. “Donc la base sur laquelle sera prise la décision sera différente.”

En conséquence, le marché prévoit une hausse de 50 points de base la semaine prochaine, ce qui porterait le taux de dépôt à 1,5 %, suivie de nouvelles hausses en 2023, le portant à environ 3 %.

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