Banque de France : le taux de croissance sera finalement moins élevé en 2022

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En raison de la nouvelle vague épidémique de coronavirus et des difficultés d’approvisionnement persistantes qui pourraient conduire à un ralentissement de l’activité économique en début d’année, la Banque de France a légèrement abaissé ce dimanche sa prévision de croissance de l’économie française en 2022, qui devrait croître de 3,6 % par rapport aux 3,7 % annoncés précédemment. Voici plusieurs éclairages sur la situation.

Les prévisions de croissance : revues à la baisse

Globalement, la France devrait retrouver son niveau de croissance d’avant-crise en 2024, notamment grâce à la consommation des ménages. Cependant, la croissance ne suffira pas à amorcer un désendettement massif pour le pays. S’il y a des restrictions supplémentaires dues au Covid, la croissance risque de diminuer à nouveau.

Cependant, ces prévisions sont un peu plus prudentes que celles du gouvernement. Bien que l’épidémie liée au Coronavirus soit de retour et que le variant Omicron soit apparue, le gouvernement table toujours à ce stade sur une augmentation de 4 % pour l’année 2022.

Par ailleurs, la Banque de France a également proposé une autre situation : si des restrictions supplémentaires sont mises en place au premier semestre 2022, cela conduira à un ralentissement de la croissance l’année prochaine qui se situerait aux environs de 2,2 %, mais la croissance pourrait ensuite rattraper son retard en 2023 avec 3,5 % de hausse.

La reprise d’une tendance économique jusqu’en 2024

Dans son scénario principal de prévision d’une croissance de 6,7 % en 2021, la Banque de France estime que la croissance de l’année prochaine sera soutenue par le « rebond de toutes les composantes de la demande intérieure », c’est-à-dire la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et elle bénéficiera de la stabilité des marges bénéficiaires.

Après sa chute historique de 8 % en 2020, l’économie française devrait avoir panser ses plaies d’ici 2024 et retrouver sa croissance d’avant crise. Cependant, une fois le rythme de croissance retrouvé, la dette ne sera pas effacée pour autant. Dans l’ensemble, cette croissance sera portée, notamment, par la consommation des foyers. En effet, durant la crise sanitaire les ménages français ont épargné un peu plus de 170 milliards d’euros, cette épargne permettra aux Français de ne pas ralentir le rythme de leur consommation favorisant ainsi la reprise d’une tendance économique haussière.

Toutefois, la Banque de France s’attend à ce que la croissance qui ne sera pas gagnée l’année prochaine se rattrape l’année suivante, car elle a relevé ses prévisions de croissance pour 2023 de 0,3 point de pourcentage à 2,2 %.

Cependant, il faut également savoir que ces résultats ne sont toujours pas suffisants pour engager le processus de désendettement du pays. Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France, a notamment évoqué quelques estimations dans le cadre de sa dernière allocution : “En 2024, bien que les dépenses liées à l’épidémie soient terminées, le déficit public restera à environ 3,5 % du PIB. Stable à environ 115 % du PIB”.

Qu’en est-il du chômage dans cette reprise économique ?

Porté par les prix de l’énergie, le taux d’inflation devrait atteindre 3,5 % en fin d’année, revenir sous la barre des 2 % fin 2022, puis se stabiliser autour de 1,7 % en 2023 et 2024, ce qui est proche du niveau observé avant la crise financière de 2007-2008.

En termes de taux de chômage, la Banque de France s’attend à ce que le taux de chômage soit de 7,8 % cette année, 7,9 % en 2022 et 7,7 % en 2023 et 2024, soit une stabilisation voir une légère hausse.

En somme, dans le cadre la conférence de presse, M. Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, a également déclaré que pour parvenir à une croissance plus forte sur le long terme, il faudra augmenter “l’offre de travail” et “les compétences disponibles de l’entreprise” en parallèle, que cela “doit créer un meilleur cadre de vie pour les personnes âgées”, et il a également appelé à « un apprentissage plus poussé ».

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