Les banques françaises et européennes ont des difficultés à tenir leurs engagements écologiques

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Lien entre la Finance & Ecologie - ©jwvein, CC0 Creative Commons

Vingt-cinq grandes banques européennes ont fourni 55 milliards de dollars aux entreprises développant la production de pétrole et de gaz en 2021. C’est un constat de l’ONG ShareAction, qui note que ces banques affichent toujours des objectifs de neutralité carbone. Dans leurs bilans, les banques, notamment en France, ont accru leur exposition aux énergies fossiles depuis la signature de l’accord de Paris en 2015.

Difficile de tenir ses promesses

Les prêts de 55 milliards de dollars des banques à 50 entreprises menant de grands projets de développement pétrolier et gazier ont diminué de près de moitié par rapport à 2020. Il a également marqué une forte baisse par rapport aux 83 milliards de dollars de 2019. Mais ces financements sont toujours plus élevés qu’en 2018 et 2017.

La promesse du secteur bancaire français est connue : accélérer la sortie de l’industrie du charbon, avec un objectif de sortie complète d’ici 2030 ou 2040, et boucler le financement des projets d’hydrocarbures non conventionnels à partir de janvier 2022. En octobre, la Fédération des industries bancaires (FBF) déclarait “Cela place la banque française en première ligne sur ce sujet en Europe”, rappelle Maya Atig, directrice générale de la FBF.

“Les banques françaises sont résolument engagées dans la transition énergétique, qu’elles veulent globale, durable et socialement responsable. Ces chiffres montrent des avancées concrètes : le financement des entreprises du charbon ne représente plus que 2,1 milliards d’euros, soit 0,16% des portefeuilles des entreprises en 2020, le barème des énergies renouvelables des grandes banques françaises a atteint plus de 44,3 milliards d’euros, soit une augmentation de 68% en 4 ans ».

Cependant, selon des ONG telles que Reclaim Finance, qui surveillent régulièrement la rapidité avec laquelle les transformations réelles se produisent, le tableau n’est pas encourageant, surtout en ce qui concerne le secteur bancaire.

En mars 2021, Reclaim Finance et cinq autres associations avaient déjà accusé les grandes banques mondiales, notamment françaises, de ne pas réduire, mais d’augmenter les financements aux producteurs d’énergies fossiles de près de 5,9 % entre 2016 et 2020. Mardi, près d’un an plus tard, Reclaim Finance et plusieurs autres ONG, appuyées par un rapport de recherche, ont condamné le Crédit Agricole pour avoir ignoré ses propres engagements climatiques et continué à développer de nouvelles mines à charbon. Et les grandes compagnies d’électricité financent les centrales.

Le Crédit Agricole en tête des mauvais élèves

Le Crédit Agricole affirmait adopter en 2019 une “véritable stratégie climatique” et être une banque “pionnière” en matière de baisse des financements du secteur du charbon. L’ONG Reclaim Finance dénonce dans une étude “plusieurs cas de manquements apparents aux mesures annoncées” du Crédit Agricole.

Pourtant, en 2019, le Crédit Agricole a été salué comme une banque « pionnière » pour se désinvestir de l’industrie du charbon après avoir adopté une « véritable stratégie climatique ». L’ONG souligne aujourd’hui que cette politique est devenue une référence au niveau international. Contactée par l’AFP, la banque a indiqué que “les périodes de transition pour 2020 et 2021 sont clairement définies et appliquées progressivement” et que la période d’observation vient de s’achever.

Si sa politique climatique prévoit une période de transition, le Crédit Agricole a également indiqué en mars 2020 qu’il attend de ses clients “conformément au calendrier recommandé par la science du climat (2030 pour l’UE et l’OCDE, 2040 pour le reste du monde), y compris un engagement à ne pas développer de nouveaux projets », ce qui est requis pour « la poursuite des services financiers à partir de 2021 ».

Le Crédit Agricole a été la première banque à être épinglée de cette manière, mais Reclaim Finance a déclaré qu’elle “contrôlera l’application de la politique du charbon par d’autres grandes institutions financières françaises puis par des institutions financières internationales dans les mois à venir”.

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