Les banques vont devoir s’adapter aux règles contre les activités illégales

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Il est devenu monnaie courante de devenir client d’une banque ou d’un établissement financier à distance, sans avoir à se déplacer en agence ni même rencontrer qui que ce soit. Le Covid-19 a même accéléré cette commodité. Mais les programmes en ligne (sur)collectent des informations intrusives détaillées pour éviter le risque de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme, ou que la vérification est trop facile. Dans un cas, les clients échappent à tant d’intrusions, dans un autre, il suffit de payer au nom de quelqu’un qui ignore qu’un compte a été ouvert à son nom pour blanchir de l’argent ou financer le terrorisme.

Des changements à venir pour lutter contre le blanchiment d’argent

La Commission européenne veut mettre de l’ordre dans le processus d’acquisition de clients entièrement à distance. Elle a demandé à l’Autorité bancaire européenne (ABE) de rédiger une proposition d’orientation. Leurs consultations se poursuivront jusqu’en mars 2022. La première recommandation constatée n’a rien d’étonnant : une procédure écrite noir sur blanc est requise pour décrire la solution prise pour collecter, vérifier et stocker les informations collectées lors de l’activation du client, distinguer clairement les tiers, mais si nécessaire, s’appuyer sur l’authentification du client.

L’ABE ne semble pas favorable à une procédure commune pour tous les clients. La première transaction ne peut être effectuée qu’après que le client a terminé l’ensemble du processus d’identification et d’authentification (onboarding). Sans aucun doute, il faudra permettre de tester le service avant qu’il ne présente ses lettres de créance.

C’est compréhensible : il suffit d’un seul versement, l’argent est blanchi, puis il s’en va. Les employés doivent être formés et vigilants pour maintenir une réflexion critique sur les réponses prêtes à réagir à la technologie : éliminer l’attrait des côtés négatifs. Si le risque de blanchiment d’argent augmente, le premier paiement doit être effectué dans l’EEE (Espace économique européen) ou dans un pays ayant une réglementation sur le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme. Le mot de passe sera utilisé pour vérifier que le paiement a été effectué par la même personne qui s’est inscrite. Vous pouvez également faire un contrôle biométrique ou appeler un client.

Enfin, des tiers peuvent être utilisés. La réglementation eiDAS peut être utilisée comme référence pour garantir l’utilisation de fournisseurs d’identité numérique qui ne sont pas sous leur contrôle. Il faudra veiller également à prévoir les situations où les identités numériques sont volées, perdues ou expirées ou révoquées.

Inciter aux rencontres physiques

S’il y a des problèmes de qualité ou d’ambiguïté, les banques ne devront pas avoir peur de mettre fin immédiatement au programme à distance : il est nécessaire de se voir en personne. Il faut du courage à la banque pour dire à son futur client qu’ils espèrent le rencontrer en personne.

Lorsqu’une photo est prise, comment pouvez-vous être sûr qu’elle a été prise pendant le rendez-vous et qu’il ne s’agit pas de l’ancienne photo de quelqu’un d’autre. ABE dit qu’il suffit de le contextualiser : par exemple, demander plusieurs photos de visage et de profil en même temps. On peut demander à de futurs clients qui se prennent en photo de faire une action précise en même temps.

ABE ne s’attendait pas à des histoires d’enlèvement pour prouver que la victime est vivante. Il suggère par exemple de demander une copie des gros titres du jour. L’ABE a indiqué que si le processus se fait par visioconférence, il sera nécessaire d’inclure du personnel formé aux questions de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme. Comme pour les interrogatoires de police, il doit être possible de détecter des attitudes suspectes lors de l’interrogatoire.

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