La BCE devrait maintenir sa politique monétaire très accommodante

BCE

La zone euro connaît une inflation de 5%, mais contrairement à la Fed, la BCE devrait opter jeudi pour l’attentisme. A défaut de nouvelles annonces, le changement de ton de décembre devra proposer un service après-vente. Attention également à ne pas alimenter les anticipations de hausses de taux cette année.

Les taux directeurs à des niveaux semblables aux années 1950

Franck Dixmier, Chief Information Officer of Global Fixed Income chez Allianz, estime que la Banque Centrale Européenne ne devrait pas faire d’annonce lors de sa prochaine réunion de politique monétaire sur fond de crise sanitaire persistante, de risques géopolitiques élevés et d’inflation toujours considérée comme transitoire. Cependant, la BCE devrait réitérer sa volonté d’être aussi « flexible » que la Fed et être prête à intervenir si l’inflation continue d’accélérer.

Les marchés confiants dans les prévisions de la BCE ne devraient pas réagir, a assuré Franck Dixmier. La BCE est la plus accommodante des grandes banques centrales. Partout ailleurs, les taux d’intérêt commencent à monter. En décembre, la Banque d’Angleterre a relevé son taux d’intérêt de référence à 0,25 % contre 0,1 %. Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) n’a pas hésité lors de sa réunion du mercredi 26 janvier : la première hausse des taux aura lieu en mars. Mme Lagarde a émis le seul avertissement en décembre, affirmant qu’il était “très peu probable” que son taux directeur augmente en 2022.

L’institution de Francfort se contente de réduire progressivement son intervention sur le marché (de 80 milliards d’euros à 20 milliards d’euros par mois). Cependant, son taux directeur demeure à un plus bas historique de -0,5 %. Compte tenu de l’inflation, cela signifie que les taux d’intérêt réels sont proches de -6 %, le niveau le plus bas depuis les années 1950. La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs du jeudi 3 février ne devrait rien changer : la BCE attendra.

Elle dispose cependant de trois arguments forts pour agir différemment de ses pairs : l’inflation dans la zone euro est encore plus limitée que dans le reste du monde occidental, il y a encore de bonnes raisons de penser que ce phénomène va partiellement s’atténuer, et surtout, les banques centrales européennes n’ont pas à garder une monnaie unique unifiée comme les autres banques centrales.

Une politique dans la continuité des années passées

Les marchés monétaires de la zone euro s’attendent à ce que la BCE relève son principal taux d’intérêt de 0,10 % d’ici septembre et de 0,25 % d’ici décembre suivant les données. Sauf que la dernière déclaration des membres de la BCE ne va pas dans ce sens, pointant un temps pour une hausse des taux, mais en 2023.

Donc, soit les marchés monétaires adoptent une vision trop agressive de la trajectoire de normalisation monétaire de la BCE… soit la BCE changera de rhétorique après les données allemandes sur fond de prix élevés de l’énergie et de tensions logistiques mondiales dues aux pénuries.

Les tensions continuent de peser sur les prix. Nous savons que les banques centrales ne veulent pas réagir de manière excessive aux pressions sur les prix déclenchées par la crise sanitaire, en particulier les perturbations logistiques mondiales, mais il est difficile d’imaginer que les institutions monétaires restent les bras croisés si les pressions inflationnistes persistent alors que d’autres facteurs augmentent.

D’autant plus que l’inflation reste un thème politique et social sensible en Allemagne, et qu’après une période de tolérance aux écarts, les responsables de la BCE pourraient commencer à se faire davantage entendre. Après avoir adopté une position très accommodante ces derniers mois, il est clair que la BCE ne devrait pas devenir brusquement agressive.

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