Bourse : l’inflation allemande fait chuter tous les marchés

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Le Cac 40 a réussi à rebondir hier après près de deux semaines de pertes, mais est tombé aujourd’hui à un nouveau plus bas pour l’année après que l’Allemagne a annoncé une inflation proche de 11%.

Près de 11% d’inflation en Allemagne

L’Allemagne a fait parlé d’elle, mais pour diverses raisons. La première et la plus réjouissante est le lancement réussi de Porsche dans un environnement de marché très difficile. Le constructeur automobile de luxe a réalisé la plus grande introduction en bourse d’Europe depuis 2011.

De telles manœuvres sont encore plus rares dans un environnement de hausse des taux d’intérêt et d’inflation. Par ailleurs, l’inflation s’est à nouveau invitée dans le débat boursier ce jeudi.

Les prix à la consommation en Allemagne ont grimpé de 10,9 % en glissement annuel en septembre, selon l’Office fédéral allemand des statistiques. Une inflation à deux chiffres dans la région rhénane pour la première fois depuis 20 ans.

Le sentiment économique dans la zone euro est tombé à son plus bas niveau en deux ans, selon des données économiques distinctes de la Commission européenne. “Les perspectives pour l’Europe continuent de se détériorer, obligeant la BCE à poursuivre sur la voie du resserrement monétaire, tandis que les prévisions de croissance baissent à mesure que la crise énergétique s’aggrave”, a souligné Esty Dwek, directeur des investissements chez Flow Bank.

Dans ce contexte, le Cac 40 a chuté de 1,53% à 5 676,87 jeudi. Ailleurs en Europe, le britannique Footsie et l’allemand Dax ont chuté de près de 2 %. A noter toutefois que Porsche a montré une bonne résistance lors du premier jour de cotation. L’action a fini en hausse symbolique. Cependant, cela n’a pas empêché l’indice européen Stoxx Auto d’afficher la plus forte baisse du secteur.

Les équipementiers, très cycliques et particulièrement sensibles aux récessions, ont fortement reculé. A Paris, l’action Faurecia, très endettée, a chuté de près de 15% depuis le rachat de l’allemand HELLA, juste devant Biot (-13%).

Orpea a connu la plus forte baisse à Paris et au marché noir, avec plus de 21 %. L’opérateur de maisons de repos a enregistré une perte nette à la fin du premier semestre, les comptes du groupe étant fortement impactés par des dépréciations d’actifs.

Vers un ralentissement du resserrement monétaire ?

Une nouvelle poussée d’inflation dans la première économie d’Europe devrait inciter la Banque centrale européenne à resserrer encore ses taux directeurs. Certains membres de l’agence, comme certains de leurs homologues américains, se battent pour augmenter significativement les taux directeurs.
En effet, plusieurs responsables de la Fed se sont prononcés en faveur de la poursuite de la hausse des taux directeurs. Y compris le président de la Fed de St. Louis, James Bullard, connu pour sa position “hawkish”. Il a appelé à une réponse appropriée à l’inflation, qui est toujours hors de contrôle, même si cela signifie que l’économie américaine passe en récession.

Outre-Atlantique, à Wall Street, les grands indices américains sont actuellement en baisse de 2% à 3%. Les actions d’Apple ont chuté de plus de 4 % après que Bank of America Research a rétrogradé l’action de « acheter » à « neutre » et a abaissé son objectif de cours à 160 $ ​​contre 185 $ en raison de préoccupations concernant le ralentissement de la demande.

Atos, en revanche, a fini par progresser de plus de 10 %. Le groupe de transformation numérique a annoncé avoir rejeté une offre pour sa branche Evidian, qui regroupe ses activités numériques, big data et sécurité et a une valeur d’entreprise de 4,2 milliards d’euros.

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