Pendant que l’Europe ouvre ses frontières, le Brésil reste l’épicentre du Covid-19

/
Rio de Janeiro, Brésil
Rio de Janeiro, Brésil- ©LhcCoutinho, CC0 Creative Commons

Alors que l’Europe sort doucement, mais sûrement de la crise sanitaire et entame son déconfinement progressif, l’Amérique du Sud et plus particulièrement le Brésil devient l’épicentre du COVID 19. Au 3 juin 2020, les autorités brésiliennes rapportent avoir enregistré plus de 30 000 morts chez eux. Un triste record qui le place juste derrière le trio de tête des pays les plus touchés par le coronavirus (USA, Royaume-Uni et Italie).

Les pays d’Europe ouvrent leurs frontières

Depuis son apparition en Chine en décembre 2019, le COVID a fait en tout plus de 380 000 morts selon les sources officielles de l’AFP. Certains pays d’Asie fortement exposés ainsi qu’une grande partie de l’Europe ont subi un confinement général entre 2 et 3 mois, de mars à mai 2020. Avec un recul net de nouveaux cas, la plupart des pays européens ont décidé d’alléger les mesures restrictives tandis que d’autres ont déjà totalement levé le confinement comme c’est actuellement le cas de la France, de l’Allemagne ou de la Grèce.

À l’heure du déconfinement en Europe, les pays procèdent à l’ouverture progressive de leurs frontières. L’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et la Grèce ont déjà annoncé qu’ils autoriseront les vols commerciaux à partir du 15 juin avec les pays de la zone euro uniquement. Ces pays avaient déjà ouvert leurs frontières avec les pays limitrophes, le 16 mars dernier en préconisant de rigoureux contrôles. L’Espagne quant à elle, prévoit le retour à la normale sur ses frontières avec la France et le Portugal à partir du 1er juillet. L’Italie vient juste d’autoriser l’entrée des touristes de l’UE le 3 juin 2020 en annulant la quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers.

Il est important de préciser toutefois que certains pays européens n’ont pas pu proposer des solutions de déconfinement satisfaisantes comme le Royaume-Uni qui impose encore une mise en quarantaine de 14 jours pour tous ressortissants européens arrivant sur son territoire. La Pologne, la République Tchèque n’ont encore pris aucune mesure concernant les vols extérieurs. D’autres pays comme la Slovénie ou la Suisse ont décidé de mettre en place des systèmes de filtrage rigoureux sur les points de passage des voyageurs.

Le Brésil, épicentre du COVID19 en Amérique du Sud

C’est outre-Atlantique que le virus fait des ravages en atteignant des pics phénoménaux en l’espace sur une durée plus courte. Avec une population de 212 millions d’habitants, le Brésil a dénombré 31 199 décès pour environ 555 000 cas confirmés.

Le plus surprenant dans les chiffres communiqués à propos de l’évolution de la pandémie au Brésil c’est sa vitesse de propagation. La peur de la récession économique du pays semble bien plus grande si bien que le gouvernement brésilien n’ait jamais vraiment pris la menace au sérieux. Étant donné que le COVID 19 a été qualifié « petite crise », aucune mesure de confinement national n’a donc été décrétée au Brésil, depuis le 25 février 2020, jour où le premier cas a été décelé chez un homme de 61 ans qui l’a contracté durant un séjour en Italie. Il n’y a eu dans le pays tout au plus que de simples petites restrictions ou contraintes d’horaires d’ouverture et de circulation des personnes.

Le président, Jair Bolsonaro, a levé régulièrement les restrictions afin de préserver l’économie et l’emploi. Cependant, la principale cause n’est pas la reprise des activités à proprement parler, mais un manque d’accompagnement de la population notamment en ce qui concerne le respect des gestes barrières. Aujourd’hui, cette politique de l’ignorance se paie au prix fort.

Les favelas de Rio de Janeiro sont les principaux foyers de l’épidémie de COVID 19. L’absence d’hygiène totale multiplie rapidement les cas de contaminations dans les couches sociales les plus démunis et entraine l’apparition de patients plus gravement touchés. La couverture santé inexistante rend difficile l’accès aux soins pour les plus pauvres. Les sonnettes d’alarme tirées par les ONG concernant la situation de plus d’un million de personnes habitant les bidonvilles de Rio fortement exposées.

Toutefois, un véritable bras de fer s’engage au sein même des classes politiques de l’État brésilien autour de l’enjeu du confinement. Quelques visages politiques connus ainsi que de hauts responsables de la santé publique en diapason avec des anonymes ont commencé alors à mobiliser les Brésiliens sur les réseaux sociaux, leur demandant de rester chez eux.

Le président Jair Bolsonaro qui continue les bains de foule et ne veut toujours pas interdire les rassemblements dans les lieux publics, poursuit ses critiques contre la politique du confinement. Mais c’est sans compter sur les modérateurs des réseaux comme Twitter ou Instagram qui suppriment ses tweets anti-confinement.

Jair Bolsonaro
Jair Bolsonaro – ©lavoz.com.ar

Une situation alarmante pour le pôle sud-américain

Sous la pression de la presse brésilienne et des partis politiques adverses, la quarantaine s’impose tout naturellement au Brésil, mais elle est tardive. Avec la progression du coronavirus, des villes importantes pour l’économie comme Sao Paulo a dû prolonger les mesures de confinement pour ses 46 millions d’habitants. La situation au Brésil s’aggrave de jour en jour et menace actuellement de dépasser ses frontières. La Colombie déplore les 1000 morts en moins de 3 mois tandis que le Pérou a déjà atteint 4600 décès depuis le début de l’épidémie.

Cette situation préoccupante au Brésil inquiète donc vraisemblablement les pays voisins. Il faut dire que le pays a pris des décisions drastiquement à l’opposé de ses voisins. Les Péruviens par exemple, ont déjà dépassé la barre des 100 jours de confinement.

Ils sont une dizaine à partager avec le pays environ 14 000 km de frontières, souvent difficiles à contrôler. En plus, les divergences d’opinions sur la manière de gérer l’épidémie ne font que renforcer les tensions entre les pays et notamment entre le président argentin et son homologue brésilien.

La combinaison de l’effondrement de l’économie et une épidémie qui ravage la population pourraient en effet, entraîner des vagues d’immigrations difficiles à prévoir et à contenir. Les pays frontaliers avec le Brésil ont déjà fermé leurs frontières et les vols internationaux jugeant cette politique de déni et l’autoritarisme du dirigeant comme problématiques pour la sécurité sanitaire de l’ensemble de l’Amérique du Sud.

couple en retraite
Précédent

25 choses à faire quand vous prenez votre retraite

Déclaration en ligne impôts
Suivant

Préparer sa déclaration de revenus 2020

Derniers articles de Finance

venenatis, ut nec commodo eleifend Sed luctus ipsum mattis leo.