Congés illimités pour les cadres de Goldman Sachs

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Une nouvelle politique permettra aux cadres et aux directeurs généraux de Goldman Sachs de prendre autant de congés que possible pour promouvoir les “pauses”, selon The Telegraph. Tous les employés doivent prendre au moins quinze jours de congé chaque année.

Vacances à la demande et repos obligatoire

Le télétravail, pratique qui a explosé pendant le Covid, ne rime pas toujours avec flexibilité. Dans les banques d’investissement, en particulier chez Goldman Sachs, le métro-boulot-dodo est souvent remplacé par des semaines de travail de 100 heures. Cela s’accompagne d’un risque de surmenage et d’épuisement professionnel pour les employés de la finance qui ont vu la frontière entre la vie privée et la vie de bureau s’amenuiser.

Cependant, face à la controverse croissante sur la santé des employés, Goldman s’est engagé en mars de l’année dernière à mieux appliquer l’interdiction de travailler le samedi. Cette première mesure ne suffit manifestement pas à redorer son blason et à séduire les jeunes cadres.

Goldman Sachs a mis en place une nouvelle politique très spéciale de congé et de repos à compter du 1er mai : les employés et les cadres du géant de Wall Street peuvent désormais prendre autant de vacances qu’ils le souhaitent, a rapporté samedi The Telegraph.

Plus précisément, selon une note interne citée par le quotidien britannique, l’entreprise qui a annoncé une baisse de 42% de ses bénéfices au premier trimestre n’a plus de plafonnement des congés payés et les cadres peuvent “prendre des congés en cas de besoin”. À partir de là, tous les employés doivent prendre au moins 15 jours de congé chaque année, dont au moins une semaine de jours de vacances consécutifs.

En tout cas, la banque reste fidèle à sa gestion méritocratique centrée sur le top management. En 2021, malgré la crise, la rémunération de son PDG a augmenté de 65 %. L’entreprise américaine entend également limiter les risques de publicité négative, d’autant que ses employés seront de plus en plus confrontés à des circonstances délicates. Avec la fin de l’assouplissement de la politique monétaire de la banque centrale, les taux d’emprunt se resserreront et les opportunités de financement seront plus compliquées.

Alors que les conseils financiers vont proliférer dans un contexte post-pandémique et déchiré par la guerre en Ukraine, Goldman doit veiller à attirer les talents, d’autant que des concurrents comme Citigroup avancent également leurs arguments sur le respect des horaires de travail.

Un ultimatum posé par certains employés

En mars dernier, un document sur 13 des analystes nouvellement embauchés de Goldman a été republié sur les réseaux sociaux, expliquant que leur santé physique et mentale s’était considérablement détériorée. « À un moment donné, je ne mangeais pas, je ne prenais pas de douche et je ne faisais rien d’autre que travailler du matin à minuit », a déclaré l’un d’eux.

Il y a environ deux mois, un groupe d’analystes de première année chez Goldman Sachs s’est plaint de surmenage et a menacé de démissionner dans les six mois à moins que leurs conditions de travail ne s’améliorent.

Sur le front des performances, le bénéfice net de la banque d’investissement au premier trimestre a également chuté de -43% à 3,8 milliards de dollars. Mais dans un marché très agité, la forte activité de courtage a permis de compenser une baisse des transactions des banquiers d’affaires.

Les revenus de la gestion d’actifs ont chuté de 88 %, principalement en raison de pertes sur les placements en actions. En revanche, ceux de la banque de détail et de la gestion de fortune ont augmenté de 21 %.

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