Un couple distribue des tracts dans l’espoir de trouver un bien immobilier

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couple maison

Pendant des semaines, un couple morbihannais avait laissé des tracts dans les boîtes aux lettres des riverains de Séné dans le but d’acheter une maison. L’idée a porté ses fruits puisqu’un propriétaire a été sensible à leur démarche. Depuis, Clément Le Franc anime un compte instagram dans lequel il dénonce les dérives du marché immobilier dans sa commune.

3000 tracts distribuées, une opportunité

Pendant plusieurs semaines, soirs et week-ends, Clément Lefranc et Camille, sa compagne, ont parcouru une grande partie de leur quartier de Séné près de Vannes (Morbihan), déposant des tracts dans les boîtes aux lettres. Dans leurs tracts, ils demandaient aux propriétaires des maisons, s’ils étaient susceptibles de vendre leur bien. “C’est le seul moyen qu’on a trouvé pour trouver un bien dans nos prix”, raconte le couple. Clément et Camille, avec un budget maximal de 280 000 €, se sont retrouvés face à un marché immobilier difficilement accessible.

Comme le détaille le journal local, les prix de l’immobilier à Vannes et dans les communes limitrophes ont augmenté de 17% en un an, ce qui rend l’achat difficile pour les primo-accédants. “Nous avons visité cinq maisons, mais elles étaient toutes hors budget ou avaient beaucoup de travaux à faire”, a expliqué le couple à Ouest France. Face à cette situation, Clément a donc décidé de s’inspirer du tractage qu’il a su faire “lors de la dernière campagne électorale municipale à laquelle il a participé”.

Le jeune homme de 28 ans a expliqué que le couple avait donc imprimé 6 000 tracts avec un message appelant à “les propriétaires locaux à vendre leurs propriétés à des jeunes du quartier comme nous au lieu de le vendre à des personnes cherchant une résidence secondaire”. Il semble que l’idée ait fonctionné, après 3 000 tracts déposés, un propriétaire les a contactés.

Un monsieur de Larmor-Baden ayant investi dans trois maisons en 1992 les contacte. Il leur a expliqué qu’il venait de vendre une maison et que le flyer des deux tourtereaux lui avait donné l’idée d’en vendre une seconde. “Le lendemain, nous l’avons visité. Il a fait un petit effort et nous nous sommes mis d’accord pour acheter une maison de 92 mètres carrés pour 277 500 € sur un terrain de 384 mètres carrés”. Le couple était ravi car l’investissement était leur seule “opportunité” qui s’est présentée et a pu être réalisée avec l’aide de leurs parents.

Le marché immobilier, extrêmement tendu dans la région

La situation a provoqué la colère de Clément, qui a condamné “la loi du plus offrant et ceux qui achètent une résidence secondaire sur photo”. Il souhaite aujourd’hui pointer du doigt l’évolution du marché immobilier de sa région, notamment la mise en vente de cette maison de 70 m² sur un terrain de 600 m² pour 678 000 €.

“Il faut arrêter le cirque”, tempête l’élu de l’opposition au conseil municipal. Il milite désormais pour que Vannes soit classée zone tendue pour bénéficier des taxes sur les résidences secondaires.

Le baromètre immobilier du notariat breton le confirme : les prix des biens anciens, maisons et appartements à Vannes, Auray et sur le littoral continuent de s’envoler. A Vannes, le prix des maisons anciennes a explosé en cinq ans, augmentant de 59,2 %.

Le prix médian des maisons dans la ville est de 390 000 €, mais il varie selon les zones: dans le centre-ville, les prix sont bien plus élevés à 590 000 € (+ 15,7 %). A Vannes, on assiste à des pénuries d’offres et les négociateurs peinent à signer des mandats. Lorsque la maison se vend, elle part immédiatement car il y a une liste d’attente. Les prix sont cependant plus abordables dans les agglomérations.

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