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Crédit conso, rachat de crédit et projet de loi Martini.

dans News/Rachat de crédit

Trop, c’est parfois trop ! Le sénateur Martini va donc proposer un projet de loi destiné à « encadrer les crédits renouvelables et les opérations de rachat de crédits » afin de lutter plus efficacement contre le phénomène du surendettement. On notera d’emblée le curieux paradoxe dans le principe même de l’éventuelle et future « Loi Martini », à savoir que le rachat de crédits est par essence une articulation financière destinée à lutter elle aussi contre le surendettement. On espère donc que l’encadrement de ces financements portera plus sur la forme que sur le fonds.

On est en droit de soulever plusieurs interrogations quant à l’intérêt de ce projet. Tout d’abord, il n’est pas certain que le moment est bien choisi pour le législateur d’intervenir sur le marché du crédit en général. Ce dernier a en effet beaucoup souffert depuis maintenant une année : crise des subprimes, ralentissement de la consommation, puis la crise des liquidités qui a engendré des resserrements de critères ont été autant de facteurs qui ont contribué à la stagnation et même au recul du marché des crédits à la consommation en général et des crédits renouvelables en particulier (environ 13 à 15 % des volumes depuis le début de l’année).

Or on ne peut sous-estimer l’impact des crédits à la consommation sur l’économie française. Ce dernier constitue indéniablement un carburant à notre croissance déjà mis à mal. Notre pays s’apprête à rentrer en récession et on voudrait fermer encore un peu plus les vannes du robinet de la consommation…..Et puis Martini pose-t-il les bonnes questions ? Les 180 000 dossiers de surendettement déposés chaque année auprès de la Banque de France sont-ils le reflet du comportement de 65 millions de consommateurs français, d’autant plus que sur ces 180 000 dossiers 65 % sont des demandes de renouvellement…Preuve par ailleurs que la loi Neiertz n’a pas vraiment fait de miracles. Et puis le revolving ou crédit renouvelable est à la base un mode de financement pratique et utile dont l’utilisation relève du bon usage individuel. Est-ce à l’Etat de se substituer à la bonne gestion de ses concitoyens ?

Dernier point qui est peut-être le plus fondamental de tous : l’utilisation abusive des revolving semble être la conséquence d’accidents de vie ou de parcours professionnels. Ces financements sont donc souvent des palliatifs à un déficit chronique de revenus qui repose une nouvelle fois les délicates questions de l’inflation et de la perte de pouvoir d’achat.

Monsieur Martini, encadrer l’utilisation des crédits renouvelables peut certes s’avérer utile dans certains cas, mais ne résoudra en rien l’origine de leur utilisation….

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