Crédit immobilier : l’apport personnel nécessaire explose dans certaines régions

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Broken piggy bank with ukrainian money notes and coins. Decline in living standards concept

Des apports individuels toujours plus élevés, un taux d’usure trop faible empêchent de plus en plus de ménages d’accéder au crédit, obtenir un crédit immobilier devient plus compliqué. Les données récentes fournies par le courtier Finance Conseil le montrent.

L’apport moyen a augmenté de 30% en quelques mois

Fini le temps où l’on pouvait emprunter de l’argent pour acheter un bien immobilier sans apport de capital. Selon Charles Marinakis, président de Century 21 Network, au premier semestre 2022, le montant moyen de l’apport individuel était un “record absolu” d’environ 21% des prix de l’immobilier français, alors qu’en 2017, il était encore possible d’acheter sans apport personnel.

L’acquisition d’un bien immobilier s’est compliquée ces derniers mois. Les taux d’intérêt ont augmenté, mais les prix dans la plupart des régions sont restés les mêmes ou ont même continué d’augmenter. Une solution pour se faire financer par la banque est d’emprunter moins et donc d’avoir un apport personnel plus important.

Une étude du courtier Finance Conseil, diffusée sur BFMTV mercredi 6 juillet, relève que le nombre de ces apports a fortement augmenté en France en quelques mois seulement, avec de fortes inégalités selon les régions.

Les prix et les taux d’intérêt ont augmenté, et maintenant les taux d’usure envahissent à leur tour le marché. Le taux d’intérêt global maximal auquel les banques sont autorisées à prêter n’augmente pas assez vite. A tel point que le courtier Finance Conseil nous a indiqué qu’aujourd’hui 16% des demandes de crédit n’aboutissent plus.

Pour passer l’étape du financement par la banque, la seule option est d’emprunter moins. Par conséquent, vous devez apporter un montant personnel toujours plus élevé dans votre projet. Au deuxième trimestre, l’apport moyen national a atteint un nouveau record historique de 67 273 euros, soit une augmentation de près de 30 % par rapport au début de l’année.

L’Ile de France nécessite la contribution la plus élevée, avec une hausse moyenne de 26 %, tandis qu’en Rhône-Alpes, elle est supérieure à 21 %. “Les primo-accédants sont clairement les plus touchés par ce phénomène”, note l’agent.

« Nous notons un recul de 7 % du nombre de primo-accédants entre le premier et le second trimestre avec un apport moyen en augmentation de près de 15 %, relève-t-on chez Finance Conseil. Le nombre de primo-accédants qui doivent effectuer un regroupement de crédits avant de réaliser leur projet immobilier a doublé par rapport à l’année dernière. »

Plus de 200 000 euros d’apport en moyenne en île de France

Selon l’étude, l’Ile-de-France a connu la plus forte augmentation des apports moyens, passant d’une moyenne de 132 899 € au premier trimestre 2022 à 200 799 € au deuxième trimestre. Il s’agit d’une augmentation de 51 %. Cela équivaut à plus de 25% de la propriété totale. Vient après la région parisienne, la Bretagne, où l’apport moyen a augmenté de 50 % à 63 751 euros.

En volume total, l’Ile-de-France arrive évidemment en tête, sans surprise. La région Auvergne-Rhône-Alpes arrive en deuxième position avec une contribution moyenne de 122 099 € (+ 37 %).

En revanche, certaines régions se démarquent par une diminution de ces besoins. C’est notamment le cas des Hauts-de-France. Finance Conseil a constaté que l’apport requis a baissé de 20 % à 37 516 €. L’Aquitaine a également connu une légère baisse de 9 %.

La principale difficulté pour accompagner les emprunteurs fiables et solvables est la norme de taux d’usure et son mode de calcul inapproprié, ainsi que la norme de recouvrement de 35% promulguée par le Haut Commissariat à la Stabilité Financière, ce que regrette le courtier.

Plus précisément, 16 % des dossiers de demande de prêt bancaire ont été rejetés en raison des taux d’usure, qui ont diminué pendant les périodes de taux d’intérêt particulièrement élevés.

12% des emprunteurs n’ont pas pu être accompagnés dans leurs projets de financement faute de respecter les critères du HCSF, alors que les dossiers étaient pleinement acceptés jusqu’au 1er janvier 2022, date à laquelle ces critères ont été appliqués de manière contraignante.

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