Crédit Suisse s’attend à une perte de 1,5 milliard pour le quatrième trimestre

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Crédit Suisse
Crédit Suisse - ©photosforyou, CC0 Creative Commons

L’industrie crypto n’est pas le seul secteur à avoir souffert ces dernières semaines. Dans la finance traditionnelle, c’est Credit Suisse qui inquiète, même si ce dernier a payé une grosse somme d’argent pour ne plus être inquiété par le parquet financier français. Mais, comme FTX dans la crypto-monnaie, le mal est fait : les clients et les investisseurs ont déjà commencé à perdre confiance. La performance du Credit Suisse en sera grandement affectée.

Une restructuration dans un cadre de marché peu propice

Le Credit Suisse, qui a entamé une importante restructuration de ses activités, a annoncé mercredi qu’il s’attend à une perte avant impôts pouvant atteindre 1,5 milliard de francs suisses (1,5 milliard d’euros) au quatrième trimestre.

Frappée par des scandales à répétition, la banque a annoncé fin octobre des mesures pour remettre la banque sur les bons rails, ce qui risque d’affecter ses comptes, a rappelé la banque dans un communiqué, notant que le montant des pertes dépendrait, entre autres, de ses performances d’ici à la fin du trimestre.

Dans le cadre de la restructuration, la banque a fourni, entre autres, environ 250 millions de francs de charges de restructuration et d’amortissements immobiliers. Le deuxième prêteur de Suisse a lancé une restructuration majeure visant à réduire significativement le poids de sa banque d’investissement. Mais cette restructuration se déroule dans un environnement peu propice au secteur bancaire.

La banque d’investissement a été affectée par un ralentissement “substantiel” des marchés de capitaux et une réduction de l’activité de courtage, a déclaré la banque d’investissement dans un communiqué.

Restant accommodante sur la gestion de fortune et UBS, qui consolide les opérations sur ses marchés domestiques, comme la banque de détail, la banque a expliqué qu’elle s’attend à ce que ces conditions de marché perdurent dans les mois à venir.

Le Credit Suisse a augmenté ses avertissements sur ses performances au cours de l’année écoulée, alignant les pertes sur les pertes de chaque trimestre. Au troisième trimestre seulement, elle a subi une perte nette de 4 milliards de francs suisses, après une perte de près de 1,6 milliard de francs suisses au deuxième trimestre déjà plus importante que prévu. La banque a enregistré une perte de 273 millions de dollars au premier trimestre de cette année.

Les retraits en gestion de fortune sont-ils fautifs ?

Le Credit Suisse s’attend à une perte équivalente à 1,6 milliard de dollars dans ses résultats du quatrième trimestre. Il semblerait que ce soit sa division “gestion de fortune” qui est particulièrement problématique.

L’unité, dédiée à ses clients les plus fortunés, a subi une collecte nette négative de 10% de ses actifs sous gestion. Scellant ainsi le bilan global de la banque. Dans la gestion de fortune, ces sorties ont “considérablement diminué” par rapport à leurs pics des deux premières semaines d’octobre 2022 mais ne se sont pas encore inversées, représentant environ 10% des actifs sous gestion à la fin du troisième trimestre 2022.

« Crédit Suisse a commencé à subir des retraits nets de dépôts et d’actifs au cours des deux premières semaines d’octobre 2022, à des niveaux qui ont largement dépassé ceux du troisième trimestre. »

La transformation de Crédit Suisse nécessite notamment une restructuration radicale de la banque d’investissement.

Le Credit Suisse, qui gère plus de 1 500 milliards de francs d’actifs (près du double de la valeur actuelle de toutes les crypto-monnaies confondues), fait de toute façon partie de ces banques jugées “too big to fail”. C’est-à-dire trop grosse pour prendre le risque de laisser sa faillite déclencher une crise systémique (comme Lehman Brothers aurait dû le faire en 2008).

L’avertissement est intervenu avant son assemblée générale extraordinaire, qui doit se tenir à distance, sans la présence physique des actionnaires. Ils voteront par procuration sur une augmentation de capital visant à lever 4 milliards de CHF. La levée de fonds doit inclure la Banque nationale d’Arabie saoudite dans son capital, qui doit devenir l’un de ses actionnaires de référence.

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