Qu’est ce qui va changer dans le monde des cryptos avec les nouvelles directives européennes ?

/
euro devise

Deux textes européens qui ont suscité un tollé dans l’espace crypto auront des implications spécifiques pour les investisseurs.

Les directives européennes pourraient mettre fin aux cryptos

Elles ont capté l’enthousiasme des investisseurs individuels, attirés par leurs perspectives financières alléchantes et le prix record du Bitcoin. Les crypto-monnaies qui ont longtemps retenu l’attention des initiés se sont hissées sur le devant de la scène : 8% des Français en détiennent aujourd’hui, selon les estimations de l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan).

Jusqu’à présent, l’industrie a fonctionné sans réglementation uniforme, libre de contrôler les excès et les escroqueries. Mais deux textes actuellement à l’étude au niveau européen pourraient annoncer la fin de la partie. La directive TFR (« Transfert of Funds Regulation ») et la réglementation MiCA (« Market in Crypto Assets ») promettent de révolutionner le cours de cet écosystème.

Tout commence par des aspirations saines. À l’instar de l’objectif d’harmonisation de la législation européenne, la crypto-monnaie s’est développée de manière désordonnée ces dernières années. La France est en tête de file pour réfléchir à ces nouvelles applications financières.

Mais idéalement, cette uniformisation juridique ne devrait pas être trop contraignante, ce qui pourrait étouffer ou empêcher le développement des grands acteurs européens de la cryptomonnaie. C’est déjà le cas aujourd’hui, par exemple avec les grandes plateformes de trading situées à l’étranger.

Alors que les membres du Parlement européen ont entamé jeudi dernier le dernier cycle de négociations sur le règlement controversé sur les transferts de fonds (TFR), l’industrie de la cryptographie espère avoir une influence sur le libellé de la proposition de loi.

La législation pourrait mettre en danger de nombreux échanges de crypto-monnaies au sein de l’UE, ouvrant la voie à une répression des “portefeuilles non-dépositaires” (le terme que les institutions utilisent pour désigner les portefeuilles ordinaires), qui a peu d’impact. Le fonctionnement de ces échanges est lié à la réalité quotidienne.

À ce stade du processus législatif, les discussions tripartites informelles peuvent aboutir à la conclusion par les institutions de l’UE d’un accord provisoire sur un projet de législation. Un éventuel accord serait informel et devrait être formellement ratifié par trois organes : le Parlement, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne.

Certes, le débat réglementaire a pris une tournure étrange ces derniers temps. Les négociations se sont brusquement accélérées, comme alimentées par le Digital Services Act, nouvelle réglementation européenne censée mettre au pas les géants du web.

Ledger fer de lance des entreprises cryptos

Deux projets législatifs dédiés aux crypto-actifs, MiCA (marchés) et TFR (transferts de fonds), semblent avancer à la va-vite. À tel point que l’écosystème mondial de la blockchain se concentre sur la qualité des réglementations que les institutions européennes produiront prématurément.

« Les propositions alarmantes et de dernière minute concernant MiCA et TFR risquent de faire dérailler des années de travail préparatoire et l’avenir du web3 dans l’UE », ont averti en urgence une cinquantaine d’acteurs internationaux de la crypto dans une lettre conjointe envoyée aux décideurs européens.

Pascal Gauthier, PDG du fabricant de portefeuilles électroniques Ledger, est l’un des critiques les plus virulents de la proposition. Il a averti que le TFR pourrait façonner la souveraineté et la compétitivité de l’Europe dans le monde numérique. La veille du début du dernier cycle de pourparlers, son entreprise a publié une proposition de politique appelant l’UE à saisir la révolution du Web 3 et à éviter une réglementation trompeuse.

Afin de lutter contre le blanchiment d’argent et de protéger les consommateurs contre d’éventuelles escroqueries, la réglementation européenne des transferts d’argent s’est attaquée par erreur à la blockchain. Les crypto-monnaies sont encore assombries par leur image de “monnaie des criminels” et ne représentent qu’une petite partie des activités de blanchiment d’argent dans le monde.

Aussi, selon Ledger, la surveillance mise en place viole la vie privée des utilisateurs. Quant aux données collectées de cette manière, elles pourraient être piratées comme d’autres informations classifiées avant elles, ce qui exposerait les personnes à un risque encore plus grand.

Précédent

Binance souhaite aider les ukrainiens réfugiés en proposant une carte crypto

Suivant

Acheter des montres de luxe en crypto, c’est possible

Derniers articles de Crypto