10% des dirigeants de TPE/PME pensent stopper leurs activités

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Auto-entrepreneuse qui fait sa comptabilité

Près d’un dirigeant de TPE/PME sur 10 envisage de cesser ses activités en raison de la hausse des prix de l’énergie, selon l’enquête du CPME publiée dimanche. Mais cette enquête a été réalisée avant la dernière annonce d’aides gouvernementales.

Les coûts explosent pour les TPE/PME

Inflation, explosion du coût de l’énergie, baisse de l’activité… les entrepreneurs s’inquiètent de ces trois tendances. «Ces problèmes étaient déjà présents dans notre enquête de juillet mais ils se sont aggravés», alerte François Asselin, président de la CPME, dans l’hebdomadaire.

C’est le résultat de la dernière enquête auprès des entreprises de la Fédération des petites et moyennes entreprises (CPME) publiée par le JDD. Toutefois il faut noter que l’enquête a été réalisée avant la dernière annonce d’aides gouvernementales.

Exactement 9 % des 2 428 chefs d’entreprise qui se sont adressés aux membres de la CMPE (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) via Internet du 6 au 25 octobre ont envisagé cette possibilité.

Le problème est que la facture énergétique, qui a récemment explosé avec l’inflation et les séquelles de la guerre en Ukraine, représente une part croissante par rapport au chiffre d’affaires des entreprises.

Si cette part représente plus de 3% du chiffre d’affaires de 41% des entreprises en 2022, il pourrait concerner 60% des entreprises d’ici 2023, selon les projections de l’enquête CPME.

Des aides pour résoudre le problème du prix de l’énergie

C’est de là que viennent une partie des inquiétudes des organisations patronales et des collectivités qui tirent la sonnette d’alarme depuis des semaines et sollicitent l’aide du gouvernement français.

Au moment de renouveler leurs contrats, 9 chefs d’entreprise sur 10 estiment ne pas pouvoir réellement négocier les prix avec les fournisseurs d’énergie. 18% d’entre eux doivent finaliser les négociations d’ici la fin de l’année et 41% d’ici fin 2023.

Mais face à une envolée des factures et à une augmentation exponentielle des appels à l’aide d’entrepreneurs qui ne peuvent pas payer leurs factures, le gouvernement a décidé d’étoffer son dispositif de soutien avec un programme d’aides aux entreprises de 12 milliards d’euros. Il y aura un « amortisseur » : l’exécutif supportera une partie du coût pour les TPE qui ne bénéficient pas du bouclier tarifaire.

Un second dispositif, déjà existant mais simplifié, permettra aux entreprises dont les factures énergétiques (principalement de gaz pour les TPE) augmenteront d’au moins 50% à partir de 2022 d’ici fin novembre de bénéficier d’aides, avec la possibilité de demander un acompte.

Depuis des semaines, les groupes patronaux réclament de nouvelles aides face à des factures énergétiques qui explosent et à des normes trop complexes pour sécuriser les aides déjà existantes.

Selon Elisabeth Borne, cette nouvelle aide ne creusera pas le déficit. Sur les 12 Md€ annoncés, 7 Md€ proviendront notamment des « rentes » des énergéticiens dans le cadre d’une taxe spéciale.

Les 3 milliards de dollars proviennent aussi d’une enveloppe déjà prévue pour des aides existantes, et très peu utilisée. Enfin, les 1,5 milliard d’euros restants seront utilisés pour les budgets de filets de sécurité des collectivités locales.

Une hausse de la globalité des coûts d’approvisionnement

Mais l’augmentation des factures d’électricité n’est pas la seule difficulté à laquelle sont confrontés les dirigeants. Plus d’un patron sur deux rencontre des difficultés pour se procurer des biens intermédiaires ou des approvisionnements en matières premières.

«Baisse des volumes, allongement des délais de livraison et augmentation des coûts… Pour les fournisseurs, les PME sont une clientèle captive», a déclaré François Asselin, président de la CPME.

Plus de la moitié des chefs d’entreprises se sont plaints d’une augmentation de 10 % des coûts de production. Un tiers d’entre eux ont déclaré qu’ils ne répercutaient pas cette croissance sur leur prix de vente.

La trésorerie des entreprises est épargnée grâce aux prêts garantis par l’État accordés pendant la crise sanitaire. Mais il faut désormais faire face aux remboursements durant une période délicate.

Selon une enquête du CPME, 87% des chefs d’entreprise qui l’ont utilisé estiment pouvoir respecter les délais. Si l’expiration pouvait être prolongée de quatre ans, ce chiffre passerait à 99 %. Mais pour cela, Bruxelles devra donner son feu vert à un dispositif consistant en des aides d’Etat.

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