Immobilier : les dossiers de congés locatifs explosent en île de France

/
retraite

Le nombre de congés locatifs envoyés par les propriétaires de la région Ile-de-France a augmenté ces derniers mois. Ces demandes de libération de logement sont invalides dans près d’un cas sur cinq mais pourraient obliger de nombreux locataires, y compris des personnes âgées, à quitter leur appartement. Ils sont le résultat d’une pression accrue des instances sur les bailleurs.

Les propriétaires sont sous pression

Alors que les investisseurs français manifestent un intérêt particulier pour la pierre, on observe que seuls 15% d’entre eux visent la plus-value par la revente. Par conséquent, leur attrait pour l’immobilier est principalement lié à la génération de revenus locatifs.

Malheureusement, les arriérés de loyer se sont aggravés au fil des ans, sapant l’engouement pour les immeubles anciens et rendant même certains propriétaires dans des situations précaires.

L’Association pour le droit au logement a constaté ces derniers mois une augmentation du nombre de locataires contraints de quitter leur logement par des propriétaires franciliens. De plus en plus de retraités à faible revenu sont inquiétés et contraints de quitter les appartements qu’ils louent depuis quelques années. Le Parisien a expliqué qu’ils avaient peu ou pas d’options pour se reloger.

Cette tendance haussière de demande de congés locatifs serait liée aux restrictions croissantes qui pèsent désormais sur les investisseurs locatifs. Par exemple, à partir du 1er janvier 2023, la location d’un logement consommant plus de 450 kWh/m² par an sera interdite.

En 2025, les propriétés disposant d’un diagnostic de performance énergétique G suivront, et en 2028, les logements F suivront. Certains propriétaires qui ne veulent pas faire les travaux de rénovation nécessaires préféreraient abandonner leur propriété.

En plus de cela, les propriétaires en Ile-de-France sont soumis à un contrôle des loyers. Philippe de Ligniville, directeur général adjoint du site immobilier Bien’Ici, a estimé que le dispositif devrait “aggraver la pénurie de biens déjà constatée” et créer “une sorte de déséquilibre sur le marché locatif”. De 1973 à 2013, la part des ménages franciliens locataires d’un logement en Ile-de-France est passée de 41 % à 24 %.

Les associations inquiètent pour les locataires

Le phénomène est alarmant en Ile-de-France, et peut-être plus encore à Paris. Pour Le Parisien, les associations à commencer par le droit au logement (DAL) ou l’agence sectorielle d’information sur le logement Adil commencent à s’inquiéter

Car selon ces dernières, près d’un dossier sur cinq est illégal. Une enquête auprès de 200 locataires qui avaient reçu une demande de congé locative a révélé de nombreuses infractions : lettres simples au lieu de courrier certifié, dépassement des délais de préavis, ne pas joindre les avis d’information sur le congé ou informer tous les signataires du bail, selon Adil.

En plus de cela, un profil du locataire apparaît dans cette tendance. Les retraités ou les personnes qui vivent dans des appartements depuis des années et qui bénéficient parfois de gels de loyers, note le DAL.

Selon les statistiques compilées par Adil, plus de quatre locataires sur 10 interrogés vivent dans leur appartement depuis plus de 20 ans. C’est le cas d’une sexagénaire qui a été interrogée par notre confrère, une ancienne gouvernante qui ne perçoit que 600 euros par mois.

Son propriétaire (pour la troisième fois en deux décennies) l’a avisé de partir et a voulu y installer son fils pilote de ligne. C’est une hérésie pour elle qui ne vit que dans 19 mètres carrés. Sous l’emprise des huissiers, partir serait pour elle un désastre compte tenu des prix du marché parisien.

Pendant ce temps, plus d’un tiers des propriétaires qui contactent des organisations signalant un loyer en retard ou impayé ont plus de 60 ans. Nombreux sont les retraités qui parient sur ces revenus pour compléter leurs maigres pensions. Cependant, ils sont aussi – le plus souvent, dans une logique de confiance – les moins susceptibles d’adhérer au garantie loyer impayé. Un cercle vicieux donc.

Précédent

Bientôt un procès pour Yuga Labs et les Bored Ape Yacht Club (BAYC) ?

Suivant

La production de crédit immobilier toujours plus basse

Derniers articles de Immobilier