L’économie américaine en grande difficulté : la relance c’est pour quand ?

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New York, Etats-Unis - ©Leonhard Niederwimmer, CC0 Creative Commons

Covid-19, ce mot qui n’existait pas il y a 6 mois, est sur toutes les bouches, dans toutes les têtes, dans tous les journaux ou émissions télévisés, le monde entier a découvert à ses dépens cette pandémie, et vit Covid, respire Covid, mange Covid….. subit Covid.

Déjà plus de 82.000 morts au Etats-Unis, près de 34 millions de personnes se sont retrouvés au chômage en un claquement de doigts, la pandémie a assommé l’économie américaine. Bon nombres d’entreprises, magasins, agences immobilières, centres commerciaux (Mall), usines, cinémas, bars, clubs, centres sportifs (la liste est trop longue) ont été obligés de fermer leurs portes du jour au lendemain, mettant bien malgré eux leurs employés à la porte pour qu’ils aillent se confiner où ils peuvent, mais aussi parce qu’ils n’avaient pas le choix. Ne pouvant donc plus les payer, l’assurance santé qui les couvrait et qui était en grande partie payée par leur employeur a tout simplement été annulée.
Plus d’argent, plus de couverture santé, certains se retrouvent à la rue tels des mendiants, faisant la queue en voiture sur des parkings, attendant leur tour pour recevoir le « panier de victuailles » que certaines associations ont préparé pour eux, sachant qu’ils n’ont même plus un dollar en poche. À New York, de nombreuses personnes ont manifesté dans les rues pour demander à ce que leurs propriétaires gèlent leurs loyers exorbitants, qu’ils pouvaient pourtant payer bien avant que ce virus venu de Wuhan commence à se répandre dans le monde.

En ce qui concerne les restaurants, certains se sont essayés à la livraison (delivery) ou au « prêt à emporter » (takeaway), d’autres ont abandonné, leurs pauvres ventes de la journée ne couvrant même pas leurs charges quotidiennes.

La seule permission d’ouvrir revient aux magasins d’alimentations et aux pharmacies.

Pandémie sanitaire et pandémie économique

Une chute vertigineuse des recettes inquiètent les commerçants, les entreprises, car leurs réouvertures ne seront pas sans conséquence pour l’économie qui pourrait mettre de bons mois, voire plusieurs années pour se relever.

Alors oui, bien sûr, quand la pandémie n’existera plus (espérons qu’un vaccin sera trouvé au plus vite, sinon nous devrons vivre avec pendant longtemps) l’optimisme économique va repartir de plus belle, pour espérer revenir à son niveau d’avant. Mais les gestes, les comportements ne seront plus les mêmes tant que ce virus ne sera pas éradiqué. Oui, les restaurants pourront rouvrir, mais sous quelles conditions ? Oui, les avions pourront décoller à nouveau mais sous quelles conditions ? Oui, la population pourra reprendre son travail ou en retrouver, mais sous quelles conditions ?

Changement de comportements et constats

Depuis lundi 11 mai, la France se déconfine plus ou moins en douceur, dès le lendemain les petites écoles ont accueilli les enfants, qui doivent obéir à la maitresse, ne plus faire de bisous à leurs copains ni se prêter leurs crayons de couleur, se laver les mains 10 fois par jour et rester éloignés sans vraiment comprendre pourquoi. Certaines entreprises ont rouvert, environ 400 000 selon le vice-président du Medef, Fabrice Le Saché.

Certains employés ont bravé leurs peurs pour revenir au bureau, quand d’autres ont préféré continuer leur télétravail, souvent par obligation de garder les enfants. Les boutiques ont rouvert, ayant créé des parcours fléchés dans leurs magasins pour éviter la proximité de leurs clients dont le nombre est limité. Les salons de coiffures sont déjà complets, et pour tous, une même condition : fournir du gel hydro-alcoolique à l’entrée, porter un masque et respecter une distanciation sociale. Tout ça a un coût !

Pour les USA, certains Etats ont déjà rouvert les boutiques, les restaurants (comme par exemple une partie du Texas depuis une dizaine de jours), les semaines à venir nous diront si la responsabilité de chacun aura payé. La nécessité de reprendre le travail est une évidence, de nombreuses petites entreprises sont à la limite de la faillite (bankruptcy), l’immobilier est au point zéro, on observe un effondrement des prix de l’énergie, la demande d’essence et d’autres formes d’énergie s’étant effondrée. Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate a subi une forte chute, passant de plus de 60 dollars au début de l’année à moins de 25 dollars le baril. Il est même passé en négatif pendant quelques heures, inimaginable !

Une enquête de « Society for Human Resource Management » a révélé que de nombreuses petites entreprises qui avaient un avenir prometteur il y a encore quelques mois, pourraient ne plus exister dans six mois. Une crise considérable pour l’emploi si une telle catastrophe se produisait.

Les banques américaines, petites banques régionales et communautaires, prêtent beaucoup d’argent aux propriétaires de biens immobiliers commerciaux. Ils seront peut-être dans l’incapacité de rembourser leurs dettes. Espérons que ce type de pertes n’entraînera pas la faillite de certaines banques (s’ils possèdent assez de liquidités pour tenir plusieurs mois supplémentaires), comme on a pu le vivre avec la crise bancaire et financière de 2007-2008.

Politique sanitaire et économique de Donald Trump

L’ancien président américain Barack Obama, s’est récemment exprimé sur la gestion de la pandémie du coronavirus par son successeur Donald Trump qualifiant cette gestion de « désastre chaotique absolu », et confirmant son soutien actif envers le candidat démocrate Joe Biden, que l’on n’entend très peu si l’on compare avec les interventions quotidiennes de Donald Trump à la Maison Blanche pour informer de la situation sanitaire mais aussi de ses exploits, étant déjà en campagne pour l’élection présidentielle du 03 novembre 2020.

Celui-ci d’ailleurs, très en colère, s’est empressé de twitter une réponse cinglante à son prédécesseur, je cite :

Nous obtenons de superbes notes pour notre gestion de la pandémie de coronavirus, en particulier avec L’INTERDICTION des gens venant de Chine, la source de l’infection, à l’entrée aux Etats-Unis. Comparez ça avec le désastre d’Obama et Joe l’endormi plus connu sous le nom de grippe porcine H1N1. Mauvaises notes, mauvais sondages… Ils n’avaient rien compris !

Donald Trump est accusé par ses détracteurs de n’avoir pas cru en la gravité et l’ampleur de la crise, d’avoir pris des décisions hâtives pour ensuite changer d’avis, entraînant le pays dans une double crise sanitaire et économique.

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