EDF : L’AMF valide l’OPA mais les salariés contestent

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L’Autorité des marchés financiers (AMF) a approuvé mardi le projet de rachat d’EDF lancé début octobre par le gouvernement français, qui détient déjà 84% du capital de l’entreprise. Les autres actionnaires recevront 12 euros par action. L’opération de 9,7 milliards d’euros est stratégique pour l’Etat et vise également à envoyer un signal de confiance aux investisseurs de dette.

Déclaration de conformité par l’AMF

Le gouvernement est sur le point de reprendre EDF. Dans un communiqué publié mardi 22 novembre, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a estimé que le projet de rachat de l’énergéticien par le gouvernement français, lancé début octobre, était conforme aux règles boursières.

La déclaration de conformité est une étape clé du processus, au terme de laquelle le pays pourra racheter sur le marché les 16% du capital qu’il ne détient pas déjà, mais cela a pris plus de temps que prévu. En effet une enquête a été faite sur les conditions dans lesquelles le conseil d’administration du groupe a recommandé l’offre de l’Etat a expliqué une source proche du dossier à Reuters.

La renationalisation d’EDF, estimée à plus de 9,6 milliards d’euros, devrait permettre au groupe de mener à bien ses projets malgré la modération des prix de l’électricité et une baisse de sa production nucléaire.

Les enjeux sont importants : la flambée des prix de l’énergie due à la guerre en Ukraine a rendu d’autant plus critique le maintien en service des réacteurs français.

Le gouvernement a prévu que l’énergéticien construise six EPR de nouvelle génération d’ici 2035, même si la dette pourrait dépasser le record de 60 milliards d’euros d’ici 2022.

Une OPA contestée

Jugée le 27 octobre par une majorité d’administrateurs ayant participé au vote, l’offre de l’Etat de 12 euros par action et de 15,52 euros par obligation convertible (Océane) permet aux actionnaires minoritaires de céder leurs actions d’une manière que des experts indépendants jugent équitable.

Mais certains actionnaires minoritaires, dont des salariés actionnaires, représentant environ 1,5 % du capital, ont contesté le vote, arguant notamment que le PDG sortant Jean-Bernard Lévy était un mandataire de l’Etat et ne devait donc pas participer au vote.

Fin octobre, les deux camps étaient à égalité avec six administrateurs indépendants contre six administrateurs salariés. La situation a contraint Jean-Bernard Lévy à utiliser sa voix prépondérante en tant que PDG.

Les salariés actionnaires en ont saisi le Tribunal de Commerce à deux reprises. Ils l’accusent d’être en situation de conflit d’intérêt car il était également examinateur pour la Société Générale, l’une des banques responsables de l’offre publique d’achat. Selon eux, le PDG aurait dû s’abstenir lors du vote.

Lorsqu’EDF a convoqué son nouveau conseil d’administration dimanche dernier, les deux PDG se sont retrouvés dans une configuration inédite. Jean-Bernard Levy reste officiellement PDG tandis que Luc Rémont attend sa nomination, qui doit avoir lieu ce mercredi. Si le conseil d’administration d’EDF se réunit dimanche, ce sera parce qu’il devra se prononcer sur les modifications de l’OPA. Luc Rémont a participé à ce nouveau sondage.

Les opposants se sont alors retrouvés minoritaires parmi les cinq administrateurs indépendants, ainsi que les deux PDG qui ont voté en faveur de l’OPA. Le vote s’est terminé par un score final de sept voix contre six. Le nouveau vote a “effacé” le vote du 27 octobre, que les actionnaires salariés jugeaient controversé.

« Le manque de transparence sur cette affaire ne rend pas service à la place parisienne » remarque Sophie Vermeille, avocate de fonds d’investissement américains actionnaires d’EDF. « En ne rendant pas publiques les nouvelles informations apportées par EDF, c’est comme si l’AMF n’avait entendu qu’une seule partie ».

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