Epargne des français pendant le confinement

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Moins de dépense pendant le confinement - ©Free-Photos, CC0 Creative Commons

Les mesures prises pour limiter la propagation du virus COVID-19 ont eu des effets sur l’économie européenne en général. Les répercussions économiques du confinement se font sentir à tous les niveaux. À ce stade de la période d’interdiction de circuler, les différentes études menées sur le sujet confirment la diminution conséquente de la consommation des Français en faveur de l’augmentation presque instantanée de l’épargne. Les chiffres avancés par l’OFCE (Observatoire français des Conjonctures Économiques) avancent que près de 230 € par foyer seraient dédiés à l’épargne chaque semaine.

Une tendance à l’épargne pour se préparer au déconfinement

La réaction des Français face à une économie figée par la période de confinement semble logique au premier abord. Selon une étude menée et publiée par l’Observatoire Cetelem en mars dernier, un peu plus de 68 % des particuliers craignent que la situation actuelle ait des répercussions négatives sur leur pouvoir d’achat et leurs épargnes d’ici le début du déconfinement progressif programmé pour le 11 mai 2020.

Le taux de l’épargne grimperait ainsi jusqu’à 25 % au terme du premier trimestre 2020. Cet accroissement de l’épargne conduirait ainsi à l’accumulation de près de 55 milliards d’euros. Ce revirement de situation pourrait pourtant représenter un handicap pour l’avenir de l’économie française. En effet, les experts se demandent si ses épargnants envisagent de consommer davantage après la crise sanitaire actuelle. Le retour en masse à la consommation serait plus bénéfique que si les consommateurs choisissent de garder leur nouvelle habitude et continuent d’épargner autant d’argent et d’en investir beaucoup moins.

L’Etat se trouve entre l’enclume et le marteau

Ainsi, 75 % des consommateurs auraient diminué leurs dépenses. L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) précise que la consommation des Français aurait baissé d’un tiers d’ici la fin des huit semaines de confinement prévues :

La réduction de consommation des Français se traduit notamment par la chute des achats de carburant, de véhicules automobiles et d’autres biens manufacturés, mais aussi des services d’hébergement, de restauration ou de loisirs.

L’état se retrouve ainsi entre le marteau et l’enclume et ses obligations envers certaines entreprises doivent être renforcées pour préserver ses sociétés et leurs employés. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire annonça donc le 24 avril sur TF1 :

Nous travaillons sur un prêt garanti par l’État d’environ 5 milliards € pour Renault. Ce qui est en jeu, c’est notre industrie automobile et le million d’emplois dans nos territoires. Renault est un fleuron industriel qui appartient à notre culture, à notre histoire

mais aussi :

Nous allons apporter un soutien historique à Air France : 7 milliards € de prêts pour sauver notre compagnie nationale et les 350 000 emplois directs et indirects qui vont avec.

Trouver un compromis entre épargne, consommation et investissement

La conjoncture actuelle pourrait ainsi être plus handicapante que bénéfique pour l’économie. Le lundi 20 avril 2020, le président de l’OFCE, Xavier Ragot déclara :

On voit le taux d’épargne augmenter énormément pendant cette crise […] si la consommation reste atone, alors la récession sera très profonde.

En plus du retour à la consommation, les Français devraient reconsidérer leurs placements. Effectivement, si le taux de l’épargne est en train de grimper de manière conséquente, les investissements quant à eux sont en baisse constante. Le salut de l’économie française serait cependant l’augmentation des investissements à l’instar de l’épargne, comme le précise Bruno Le Maire le 15 avril dernier en disant : « Ce n’est pas d’épargne que nous avons besoin aujourd’hui pour notre économie, mais d’investissement ». Le message avancé aux Français n’est pas d’arrêter d’épargner, mais plutôt d’épargner de manière raisonnée et essayer d’investir un peu plus. En effet, l’investissement et le retour à la consommation des épargnants permettraient de limiter les dégâts. Si les consommateurs sont devenus des épargnants forcés à cause de la crise sanitaire, certains économistes se font du souci quant à la tendance à une « épargne de précaution ». Cela se traduirait par l’accroissement des placements d’épargnes pour faire face aux imprévus sans toucher aux épargnes sur le long terme telles que les plans d’épargne logement ou les assurances vies.

Quelles épargnes sont aujourd’hui les plus prisés des Français ?

Si les épargnants sont de plus en plus nombreux, il a été constaté que certains produits d’épargnes sont plus sollicités que d’autres. En effet, les produits les plus flexibles et accessibles enregistrent plus de dépôts. L’important pour le déposant semble être la possibilité de retrait rapide des avoirs placés. Le livret A figure ainsi au sommet de la liste des livrets préférés des Français. Ce dernier a connu des dépôts considérablement plus important ce mois de mars en comparaison avec les retraits. Les approvisionnements de ce livret ont connu une hausse de 50 % par rapport au mois de février. La collecte mensuelle atteint alors une somme d’environ 2,71 milliards. Il s’agit là d’un record si l’on se réfère aux chiffres de la dernière décennie. Le même phénomène est également observé pour le LDDS « livret de développement durable et solidaire » lui aussi a atteint son niveau de dépôt le plus élevé depuis 2009 avec un montant de 1,12 milliard d’euros pour ce mois de mars 2020.
La frénésie actuelle des épargnants ne reflète pourtant pas l’imminence d’un danger potentiel pour le portefeuille des Français, car un grand nombre de personnes se qualifient d’être « relativement bien préparés pour les deux dernières semaines de confinement restant ». Dans les faits, près de 39 % des particuliers ont pu faire des provisions en ce qui concerne les produits alimentaires et environ 31 % disposent d’un stock suffisant en ce qui concerne les produits d’entretien.

En somme, le confinement représente bel et bien l’environnement idéal pour l’épargne en détriment des répercussions que cela pourrait avoir sur l’économie de la France. Le retour massif des Français auprès des magasins et l’augmentation de la consommation à la fin du confinement restent l’espoir principal des économistes face à la progression actuelle de la situation économique du pays.

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