L’ex PDG de Mt Gox veut lancer une agence de notation pour les projets cryptos

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sécurité informatique

Huit ans après la faillite de sa société MtGox au Japon, Mark Karpelès souhaite lancer Ungox dans quelques mois pour aider les acteurs de la crypto-monnaie à renforcer leurs contrôles de sécurité. Il assure que ces plateformes restent vulnérables aux pirates.

Un vol de 850 000 BTC

Mark Karpelès, l’ancien patron de l’échange de bitcoins Mt. Gox, qui a fait faillite après avoir été piraté en 2014, veut créer une agence de notation dans l’espace des crypto-monnaies.

Après la faillite de sa plateforme, Mark Karpeles a été inculpé à Tokyo et a même passé près d’un an en détention provisoire avant qu’un jury ne le disculpe de presque toutes les charges. Au cours de ce long processus, des experts informatiques ont disséqué toutes les failles de sécurité de MtGox.

“J’ai connu quasiment tous les problèmes qu’une plateforme d’échanges puisse rencontrer, j’ai accumulé beaucoup d’expérience dans les cryptomonnaies. Mon but est que cela (l’affaire Mt. Gox, NDLR) ne se reproduise plus”, a déclaré lundi cet entrepreneur français résidant au Japon, lors d’une conférence de presse à Tokyo.

L’objectif de ce nouveau projet est de fournir aux investisseurs des informations sur le sérieux et la fiabilité des différents protocoles de finance décentralisée (DeFi) et des échanges de crypto-monnaies pour guider leurs recherches.

Début 2014, un vol de bitcoins, d’une valeur de près de 470 millions de dollars, a forcé Mt. Gox à déposer le bilan. A l’époque des faits, la société japonaise était la principale plateforme mondiale de trading de monnaie virtuelle.

En février 2014, la dernière attaque contre la plateforme porterait les pertes totales à 850 000 bitcoins (BTC) et mettrait définitivement l’entreprise en faillite.

En fait, à l’époque 850 000 BTC représentaient près de 7% des Bitcoins en circulation. De plus, au moment des faits, Bitcoin représentait la quasi-totalité de la capitalisation boursière des crypto actifs avec 7,5 milliards de dollars, avec Litecoin en deuxième place à 400 millions de dollars.

La chute a été difficile pour Mark Karpeles. L’homme, autrefois surnommé le “Baron du Bitcoin”, a ensuite été détenu pendant près d’un an en détention provisoire au Japon, où un tribunal japonais l’a soupçonné de détournement de fonds publics à des fins personnelles.

Clamant constamment son innocence, il a finalement été condamné à deux ans et demi de probation en 2019, acquitté sur l’essentiel mais reconnu coupable de manipulation de données électroniques. Sa condamnation a été confirmée en appel en 2020.

La blockchain n’est plus la même qu’en 2014

A en juger par un entretien avec Mark Karpelès, la robustesse du programme de son agence de notation laisse planer le doute. On apprendra tout de même qu’UnGox proposera une version gratuite et des informations premium via un système d’abonnement.

Lorsqu’un intervenant a demandé si des investisseurs soutenaient l’idée et s’il était prévu de recruter des hackers (chapeaux blancs) spécialisés dans la sécurité, Mark Karpelès a suggéré que le tour de table était en cours et qu’il fallait recruter 10 analystes, mais auncun nom n’a circulé dans un souci d’anonymat.

Or, on sent que l’acteur a du mal face au marché actuel. Quand on l’interroge sur ses critères d’évaluation pour juger un projet, on note quelques difficultés. Selon lui, les projets avec des fondateurs anonymes peuvent être un signal d’alarme, ou si l’on offre des rendements mensuels de 50 %, c’est une arnaque.

Ce sont bien des critères à creuser, mais ils ne permettent en aucun cas de qualifier un protocole DeFi d’arnaque. L’anonymat, ou du moins le pseudonymat, est courant et des rendements très élevés se produisent souvent au début du cycle de vie d’un projet, lorsque la liquidité n’existe pas encore.

Avec si peu d’informations jusqu’à présent, nous ne pouvons pas laisser nos jugements être trop hâtifs. Mais une chose est sûre, Mark Karpelès devra faire ses preuves pour montrer qu’il maîtrise les dernières technologies blockchain. En fait, le marché a beaucoup changé depuis 2014, où Ethereum (ETH) n’existait même pas, et on assiste à une véritable professionnalisation de l’écosystème blockchain.

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