Face aux risques, les bourses chutent

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Cac 40 chute
@Photo by ERIC PIERMONT / AFP

La Bourse de Paris était en forte baisse après que l’Occident ait renforcé les sanctions contre le système financier russe. Renault et les banques chutent, tandis que les valeurs de défense et d’armement sont très demandées.

Les sanctions divisent les valeurs des marchés financiers

La bourse de Paris a fortement chuté hier dans un contexte de regain d’aversion pour le risque après que l’Occident a resserré les sanctions contre la Russie à la suite de son agression contre l’Ukraine.

L’Union européenne, les États-Unis et le Canada ont exclu plusieurs banques russes du système d’information sur les paiements internationaux interbancaires Swift. En réponse, Vladimir Poutine a mis sa dissuasion nucléaire en état d’alerte maximale.

Les avoirs en devises de la banque centrale russe sont également divisés. Cette dernière a également relevé son principal taux directeur à 20% contre 9,5% auparavant, son plus haut niveau depuis 2003, pour soutenir le rouble qui a chuté de 30% face au dollar. Elle a également annoncé que les actions et les options ne seront pas cotées à la Bourse de Moscou lundi. De son côté, Standard & Poor’s a abaissé la note de crédit de la Russie à “junk” (investissement spéculatif).

Le secteur financier européen était sous pression, en particulier à Paris, où Société Générale a chuté de 11% à 25,32 euros en raison de son exposition à la Russie. BNP Paribas recule de 8,7% à 51,81 euros et Crédit Agricole de 6,22% à 11,31 euros.

La décision occidentale ce week-end d’imposer des sanctions majeures, dont l’exclusion de certaines banques russes du système de paiement Swift, ne semblait pas pertinente vendredi.

Les banques dévissent, la défense et l’énergie au plus haut

Société Générale opère en Russie via Roth Bank. Elle a réalisé un résultat net part du groupe de 152 millions d’euros en 2021, un petit chiffre comparé aux 5,6 milliards d’euros de l’ensemble du groupe bancaire. L’exposition de la banque rouge et noire à la Russie est limitée à 18 milliards d’euros, moins de 2 % du total. L’action Société Générale a tout de même chuté de près de 20% en une semaine.

Société Générale et Crédit Suisse ont interrompu leurs activités de financement du commerce des matières premières en provenance de Russie à la suite des sanctions occidentales, a rapporté Bloomberg, citant des sources proches du dossier.

Sur le front pétrolier, le brut Brent de la mer du Nord a augmenté de 5 % à 98,83 $ après avoir culminé à 105,07 $ deux jours avant la réunion de l’OPEP+, mais les investisseurs doutaient que l’organisation choisisse d’augmenter son quota de production.

Les contrats à terme sur le gaz naturel à Amsterdam ont augmenté de 16% à 108,11 euros par mégawattheure. En conséquence, des groupes spécialisés dans les énergies renouvelables voient le jour. Neoen est en tête avec 7,8% et Voltalia avec 5,9%.

Les valeurs de défense sont recherchées alors que l’Allemagne brise les tabous de la doctrine militaire héritée de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Olaf Schultz a annoncé ce week-end que le pays consacrera au moins 2% de son produit intérieur brut aux dépenses du secteur de la défense à l’avenir. Thalès progresse de 13,1% après un record et Dassault Aviation progresse de 8,4%.

Alors que les traders continuent de s’attendre à ce que la Fed normalise sa politique monétaire, certains pensent que la Réserve Fédérale ne choisira pas d’augmenter les taux directeurs de 50 points de base en mars dans un contexte d’affaiblissement de l’économie et de hausse des prix. La comparution de Jerome Powell aux audiences biennales dans les deux chambres du Congrès cette semaine devrait éclairer cela.

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