Bientôt la fin des taux négatifs en Europe confirme la BCE

///
BCE euro
Banque Centrale Européenne (BCE) - ©MichaelM, CC0 Creative Commons

L’euro a rebondi de plus de 1% face au dollar. Dans un article de blog, le président de la Banque centrale européenne a fait valoir que les taux de dépôt pourraient ne plus être négatifs d’ici la fin du troisième trimestre. Cela signifie que la banque centrale procédera à deux modifications en juillet et en septembre.

Deux hausses d’un quart de point cette année ?

La Banque centrale européenne se tourne vers une réponse à grande vitesse à l’inflation. “Sur la base des perspectives actuelles, nous serons probablement en mesure de sortir des taux négatifs d’ici la fin du troisième trimestre”, a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, dans un article de blog sur le site Internet de la BCE lundi matin.

Le message est d’autant plus fort que les banques centrales évitent généralement de s’engager dans des plans trop spécifiques afin de conserver leur flexibilité mais la chronologie laisse peu de place au doute. Compte tenu du taux de dépôt actuel de la banque centrale de -0,5 %, il faudra deux rotations de 25 points de base pour revenir en territoire positif d’ici la fin septembre.

La réunion de juin devra documenter la fin du programme d’achat d’actifs (APP). Ces deux mises à niveau auront donc lieu lors des sessions de juillet et de septembre. Le premier tour de vis a été confirmé, notamment par Christine Lagarde elle-même il y a moins de deux semaines.

Certains partisans d’un resserrement rapide de la politique monétaire, comme le gouverneur de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot, ont même promis la semaine dernière qu’une hausse plus brutale de 0,5 point de pourcentage en juillet n’était “pas exclue”.

Les déclarations suggèrent que la BCE devrait procéder à un revirement plus prononcé de sa politique monétaire, alors que Christine Lagarde à la fin de l’année dernière considérait une hausse des taux en 2022 comme peu probable.

Lagarde voit enfin la réalité de l’inflation

Les taux de dépôt sont en territoire négatif depuis 2014. À l’époque, la banque centrale était aux prises avec une faible inflation. Cependant, les hausses de prix, en particulier les prix du carburant, se sont accélérées ces derniers mois, en partie à cause de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les prix à la consommation ont atteint un record de 7,4 % de hausse en glissement annuel en avril, avec une inflation hors alimentation et énergie bien supérieure à l’objectif de 2 % de la BCE.

Christine Lagarde a ajouté : « Si l’on voit l’inflation se stabiliser à 2 % à moyen terme, alors il serait opportun que la normalisation des taux d’intérêt se poursuive progressivement vers le taux neutre », et elle a même évoqué la possibilité de continuer à remonter au-dessus du taux neutre “si l’économie de la zone euro surchauffe”.

Tardivement, par rapport à d’autres banques centrales comme la Réserve fédérale américaine ou la Banque d’Angleterre, la Banque centrale européenne a approuvé la normalisation de sa politique monétaire, extrêmement accommodante depuis de nombreuses années en réponse à une inflation non maîtrisée, qui a atteint 7% dans la zone euro et 5 % le mois dernier.

“Lorsque vous êtes dans un environnement de taux d’inflation autour de 7% (…), la conclusion est que les taux d’intérêt doivent augmenter”, a justifié Joachim Nagel à l’issue d’une réunion du G7 en Allemagne, ajoutant : “Il est certain que les taux d’intérêt négatifs appartiennent au passé”.

Il est impossible de maintenir des taux d’intérêt négatifs dans cette situation. C’est aussi reconnaître enfin que nous sommes entrés dans une ère d’inflation plus forte. Il reste à voir si les hausses de taux prévues suffiront à juguler les hausses de prix sans menacer la croissance du PIB.

Précédent

Christine Lagarde en croisade contre les cryptos

Suivant

Préparez l’été en faisant de l’activité physique grâce aux Move-to-Earn

Derniers articles de Banques