Quels sont les motifs de l’épargne ?

Quels sont les motifs de l'épargne ? - ©Thought Catalog via Unsplash, Creative Commons

On définit l’épargne comme la partie du revenu qui n’est pas consommée immédiatement. L’épargne peut être destinée à une consommation différée, à un placement, mais elle peut également être investie. Le concept de l’épargne est en fait lié étroitement à la consommation puisqu’épargner revient à différer la décision de consommation.

Qu’est-ce qui détermine la consommation ?

Avant d’épargner, les ménages doivent d’abord s’assurer que leurs besoins au quotidien soient satisfaits correctement. Cependant, ces besoins peuvent concerner des biens non durables, des biens durables, mais aussi des services. La distinction entre ces biens repose essentiellement sur leur durée de destruction. La consommation d’un ménage peut être en fait influencée par plusieurs facteurs. Ils peuvent être en effet d’ordre économique, mais aussi d’ordre socioculturel.

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Les facteurs économiques dépendent du revenu disponible c’est-à dire le pouvoir d’achat, de la sensibilité de la consommation des ménages aux variations de revenus, le niveau général des prix mesurés par le taux d’inflation, le coût des emprunts, et l’élasticité-prix. En ce qui concerne les déterminants socioculturels, les ménages sont facilement influençables par leur environnement. De ce fait, leur consommation est déterminée par leur appartenance sociale, de leurs croyances, de leurs valeurs et des normes qui conditionnent leur style de vie.
De l’autre côté, la consommation évolue selon les ménages, certains postes sont plus valorisés que d’autres. Un ménage peut par exemple privilégier l’alimentation à l’habillement, un autre peut accorder plus d’importance à la santé plutôt qu’au loisir et à la culture, etc. Mais il a été prouvé que lorsque le revenu disponible augmente, la part des dépenses consacrées à l’alimentation diminue au profit de la consommation liée à l’habillement et au logement.

Qu’est-ce qui incite les ménages à épargner ?

Un individu ou un ménage renonce à la consommation pour plusieurs raisons :

  • le ménage veut prévenir les coups durs pouvant survenir à tout moment, il prendra alors le soin de faire une épargne de précaution ;
  • le ménage peut aussi vouloir satisfaire une dépense de consommation relativement importante dans le futur par exemple acheter une voiture ;
  • le ménage peut également planifier des projets plus grands en créant une source de revenus supplémentaires en vue de la retraite par exemple en constituant un patrimoine comme l’achat d’une maison.

Quels sont les déterminants de l’épargne ?

Le niveau d’épargne des ménages est déterminé par différents critères : l’augmentation du revenu disponible, l’inflation et le taux d’intérêt de l’épargne.
Le phénomène d’augmentation de revenu : lorsque le revenu revient à augmenter, la partie du capital à épargner tend à augmenter significativement et inversement, lorsque le revenu tend à s’immobiliser ou à diminuer, l’épargne diminuera conséquemment.
Lorsqu’un pays est frappé par l’inflation marquée par une augmentation considérable du niveau général des prix, les ménages deviennent plus méfiants et tendent à mettre de l’argent de côté pour pouvoir maintenir leur pouvoir d’achat. Dans cette situation, l’épargne servira à sécuriser l’avenir.
Le taux d’intérêt d’une épargne est également un élément déterminant lorsqu’on décide de faire des économies. Un taux d’intérêt élevé est beaucoup plus attractif puisqu’en épargnant, on est sûr de voir le placement fructifier.

Pourquoi épargner son argent ?

Psychologiquement parlant, la décision d’épargne résulte de la capacité ou la possibilité de mettre une partie du revenu de côté. Dans la logique, il est avéré que ce sont les individus à revenus suffisamment élevés qui disposent de cette capacité. Cela peut être le résultat d’une démarche volontaire qui remplit différents objectifs.
Mais cela n’exclut pas les ménages percevant des revenus modérés voire faibles, puisque tout peut être question de motivation. Les économistes ont répertorié les six motifs d’épargne les plus pertinents dans un ordre de priorité selon différents facteurs de motivation :

  • le motif de transaction, c’est dire que l’épargne doit répondre à un objectif ; placer de l’argent de côté pour engager une dépense importante dans le futur tel que l’achat d’une maison, d’une voiture ou l’accomplissement d’un voyage ;
  • le motif de précaution du premier degré, il s’agit d’une épargne tampon basée sur l’incertitude quant aux évènements pouvant surgir à l’avenir. L’épargne servira à garantir une perte de revenu imprévisible ou inattendue comme un accident, mais cela peut aussi concerner de grosses dépenses ;
  • le motif de précaution du second degré, dans ce cas, le ménage consent à épargner pour distribuer le revenu au fil du temps, afin d’assurer un niveau constant de consommation. C’est particulièrement pertinent pour les personnes à revenu variable, comme les entrepreneurs ;
  • le motif d’avenir, c’est-à-dire que l’argent mis de côté sera exclusivement réservé pour la vieillesse ou la retraite, mais aussi dans le cadre d’un plan de retraite ;
  • le motif du legs, des ménages épargnent pour transmettre le capital constitué aux enfants ou petits-enfants ;
  • le motif de spéculation, ce qui revient à dire que le placement est destiné à l’accroissement de richesse, en investissant dans l’immobilier ou dans des actions cotées en bourse, etc.

Où faut-il placer son capital ?

À l’heure de la mondialisation où tout est presque géré par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, il existe des gens qui gardent toujours leur argent chez eux, c’est généralement le cas dans les pays les moins développés. Pourtant, on ne peut investir sur quoi que ce soit si on cache notre argent derrière un mur ou sous le plancher, l’argent ne produirait jamais un revenu.
Ce phénomène amène les établissements bancaires à inciter les gens à leur confier l’épargne dans les pays développés puisque le placement en banque poursuit deux principaux avantages, le premier est lié à l’épargnant lui-même, quant au second est relatif à l’État. En effet, les intérêts perçus par le placement de capital reviennent à l’épargnant, tandis que pour l’État les fonds collectés permettent de financer des projets de développement durable. Dans cette optique, il est toujours plus judicieux d’épargner son argent à la banque.

Où faut-il placer son capital ? – ©Piro4D, CC0 Creative Commons

Comment se distribue l’épargne en France ?

En France, l’assurance vie et le livret A restent les placements les plus choyés par les Français depuis longtemps. Pourtant, ces types d’épargne sont loin d’être les seuls placements financiers existants sur le marché bancaire.

Les Français sont comparables aux fourmis, ils travaillent beaucoup pendant leur jeunesse en épargnant pour pouvoir se reposer à la vieillesse. Ce qui explique leur penchant pour l’assurance vie. En 2018, la collecte nette sur l’assurance vie a franchi la barre des 3 milliards d’euros selon les données de la FFA (Fédération Française de l’Assurance avec plus 46.000 euros de revenus. Qui plus est, plus de 38 millions de Français sont souscrits à une assurance vie.

En 2013, la Caisse des Dépôts affirme qu’en seulement quatre mois, la collecte nette sur le livret A et le LDDS s’élève à 12,13 milliards d’euros. En effet, le Livret A et le livret de développement durable et solidaire ou LDDS constituent aussi l’engouement des Français lorsqu’il s’agit de placement financier. À lui seul, l’encours sur le livret A atteint 293,6 milliards d’euros en 2018 contre 55 millions en 2017 selon l’Observatoire de l’épargne réglementée pour l’année 2017, ce qui correspond à une moyenne de 5.340 euros par livret A.
En revanche, beaucoup de Français gardent toujours de l’argent dans leur portefeuille ou sur leurs comptes courants en banque. En décembre 2018, Les encours en numéraire et pour les dépôts à vue s’élevaient à plus de 560,7 milliards d’euros, selon la Banque de France, soit une moyenne de 8.400 euros par déposant. Le Directeur du Cercle de l’épargne, Philippe Crevel explique :

Après toute une série de crises depuis le début des années 2000, et une actualité anxiogène sur les placements financiers, les Français préfèrent de plus en plus laisser de l’argent sur leurs comptes« (…).

Il ajoute ensuite que :

le rendement des actifs financiers a beaucoup baissé et les ménages préfèrent avoir de l’argent rapidement disponible en cas de coup dur.

Qu’en est-il du patrimoine financier par ménage ?

La répartition des épargnes est très variable, mais aussi très inégale. D’ailleurs, cette situation a été réitérée par Philippe Crevel. En 2018, les placements sur les livrets A et l’assurance vie représentaient 5 001,7 milliards d’euros, soit une moyenne de 172 400 euros d’épargne par les 29 millions de ménages souscrits. Une moyenne qui, en apparence, très exorbitante alors que la plupart des Français affirment toujours être débiteur à chaque fin de mois, mais il faut tout même préciser que le placement financier concerne plus les foyers riches ainsi que les individus âgés de plus de 50 ans.
Dans ces placements financiers concernés par cette moyenne de 174 400 euros, l’investissement immobilier est très privilégié ainsi que les dettes afférentes. Les derniers chiffres récoltés par l’Insee en 2015 montrent un patrimoine moyen net de 235 900 euros par ménage. Ce qui traduit une médiane beaucoup plus basse puisqu’en moyenne un ménage aisé devait disposer d’un patrimoine net de plus de 113 900 euros et celui des foyers modestes n’était pas moins de 10 100 euros.

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