Fonds souverain norvégien : la neutralité carbone d’ici 2050 !

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fonds souverain norvegien

Le plus grand fonds souverain du monde, qui gère près de 1 200 milliards d’euros d’actifs, s’est engagé à n’inclure que des entreprises décarbonées dans son portefeuille d’ici 2050. Le fonds s’appuie déjà sur des normes environnementales l’obligeant à ne pas investir dans des entreprises qui causent des dommages écologiques graves. Ce nouveau virage a été décidé par son parlement. Reste à savoir si ce sera financièrement viable.

9000 entreprises devront atteindre le “zero émission”

La date est fixée à 2050. Le plus grand fonds souverain de la planète, celui de la Norvège, exigera des quelque 9 000 entreprises dans lesquelles il investit à l’échelle mondiale qu’elles atteignent des émissions nettes nulles au cours des 28 prochaines années, a-t-il annoncé mardi.

Le fonds souverain norvégien s’est progressivement éloigné des activités liées au carbone, alimentées par les revenus des combustibles fossiles. Le plus grand fonds souverain du monde a l’intention d’exiger des 9 000 entreprises dans lesquelles il investit qu’elles atteignent zéro émission nette de carbone d’ici 2050.

“Nous nous impliquerons auprès des entreprises pour atteindre cet objectif en fixant des objectifs préliminaires crédibles et en mettant en place des plans pour réduire leurs émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre”, a-t-elle ajouté.

Selon le Groupe d’experts des Nations Unies sur le climat (GIEC), atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 est une nécessité absolue dans le cadre de l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. “Nous fixons un objectif de zéro émission nette d’ici 2050 au plus tard pour toutes les entreprises”, a déclaré Carine Smith Ihenacho, directrice de la gouvernance et de la conformité du fonds, dans un communiqué.

Paradoxalement, les recettes du fonds proviennent principalement des revenus pétroliers de l’État norvégien. Le fonds dispose aujourd’hui d’actifs de plus de 1 200 milliards de couronnes (près de 1 200 milliards d’euros) et est présent dans les capitaux de plus de 9 000 entreprises dans 70 pays.

Le fonds souverain Norvégien détient l’équivalent de 1,3% de la capitalisation boursière mondiale ainsi que des investissements obligataires et des investissements dans des projets immobiliers et d’énergies renouvelables non cotés.

En dévoilant ce nouveau plan d’action pour le climat, le fonds se conforme à une décision du Parlement norvégien, qui a fixé plus tôt cette année un objectif de zéro émission nette d’ici 2050. Les fonds norvégiens sont liés par des règles éthiques, interdisant notamment les investissements dans des entreprises coupables de graves atteintes à l’environnement ou au charbon.

”Zero émission”, c’est rentable ?

Outre la possibilité d’exiger de 9000 entreprises qu’elles respectent leurs promesses, se posent des questions sur la viabilité financière de cette transition climatique. “La durabilité est une condition pour de bons rendements à l’avenir”, estime Øystein Børsum, vice-gouverneur de la Norges Bank, qui supervise le fonds.

Au premier semestre de cette année, le fonds, qui représente 1,3% de la capitalisation boursière mondiale, a perdu 163 milliards d’euros en raison des mouvements baissiers des marchés boursiers, notamment les marchés technologiques technologiques comme le NASDAQ par exemple. Le déficit sera couvert par les énormes revenus du gouvernement norvégien provenant de la demande européenne croissante de gaz et de pétrole, avec un excédent commercial de 20 milliards d’euros rien qu’en août.

La croissance des recettes publiques provenant des impôts et d’autres sources, autres que l’industrie pétrolière, beaucoup moins que le coût prévu de l’accueil des réfugiés, des projets de travaux publics et du financement de l’électricité des ménages augmentera d’environ 100 milliards de couronnes (9,28 milliards d’euros), a ajouté le ministère, créant un déficit budgétaire.

Les revenus des autres activités restent minoritaires par rapport aux revenus liés à l’industrie pétrolière. Le gouvernement norvégien dévoilera son plan pour combler l’écart lors de la présentation de son budget 2023 le 6 octobre.

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