Coronavirus : forte croissance de l’épargne depuis début mars

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Forte croissance de l'épargne - ©Geralt, CC0 Creative Commons

En cette période de récession sanitaire où tous les Français sont contraints de limiter la consommation et presque toutes activités économiques sont mises en suspens ; les ménages, percevant toujours leurs salaires, se posent la question suivante : A quoi sera consacré le revenu ?

Les raisons qui poussent les Français à mettre de l’argent de côté

Le corona virus est apparu brusquement dans la vie de tout un chacun et ce n’est pas facile pour chacun de songer à ce qu’on devrait faire de la partie non dépensée du revenu. La crise sanitaire a entraîné depuis le mois de mars un incontestable saut quant à l’épargne des Français vers le Livret A dont le montant de la collecte a été multiplié par deux par rapport à celui du mois de février. Cependant, ce rebondissement spectaculaire de l’épargne a provoqué des incertitudes pour la sortie économique du confinement.

On pourrait bien penser à investir dans l’immobilier ou encore en acquérant des actions, pourtant on pourra nier que sans prise de risque, on n’obtiendrait rien. Les épargnants se trouvent à un stade où faire un choix est inévitable, soit prendre le risque de faire un placement, soit ouvrir un compte sur livret sachant que les taux d’intérêt des livrets règlementés sont relativement bas de nos jours.

Les chiffres croissant depuis mars

Le 17 avril dernier, la Caisse des Dépôts affirme que la collecte nette sur le livret A et le livret de développement durable et solidaire du mois de février 2020 a été de 1,54 milliard d’euros contre 3,82 milliards d’euros au mois de mars 2020. Les chiffres montrent qu’à moins de quinze jours de confinement, les chiffres ont été plus que multipliés par deux, c’est le record depuis la crise de 2008.

Cela est provoqué du fait que les dépôts sur les livrets dépassent largement les retraits effectués par les épargnants. À la fin du mois de mars 2020, la Caisse des Dépôts a enregistré un total de 420,8 milliards d’euros sur les encours du livret A et du LDDS.

Le Covid-19 oblige la France à revoir son modèle économique

Depuis le début du confinement, les dépenses des Français ont diminué de 35% d’après l’Insee. En 2019, les statistiques montrent qu’en moyenne 14,9% des revenus des ménages français sont mis de côté malgré les taux d’intérêt des comptes sur livrets règlementés relativement faibles. La conjoncture actuelle a ainsi contraint les Français à dédier en moyenne 65% de leurs revenus mensuels à l’épargne. Le Trésor a ajouté que si le confinement se poursuit jusqu’au mois de septembre, l’épargne augmentera jusqu’à 100 milliards d’euros. De ce fait, la pandémie a effectivement fait changer les comportements des consommateurs.

La crise du corona virus s’est massivement amplifiée sur les dommages économiques en France. Plusieurs milliers de personnes ont annulé leurs billets de concerts et de spectacles, report des différentes manifestations culturelles et sportives en tout genre, fermeture de magasins, etc. tout cela en un rien de temps et sans prévenir en plus. Cela nous pousse à nous interroger sur les garanties proposées par les compagnies d’assurance dans ces cas extrêmes.

Cette crise sanitaire oblige les Français à revoir leur modèle économique en privilégiant l’étude du comportement des consommateurs après cette levée progressive du confinement puisqu’une économie puissante ne se fonde certainement pas sur l’épargne, mais plutôt à la consommation.

Les comportements économiques des ménages post-crise

La consommation des ménages constitue une part importante du PIB et il serait impossible de relancer l’économie avec cette consommation considérablement réduite. D’ailleurs le ministre de l’économie Bruno Le Maire a affirmé que :

Ce n’est pas d’épargne dont nous avons aujourd’hui besoin, mais d’investissements. Or il y a un risque de voir le taux d’épargne augmenter face aux incertitudes, au détriment du financement de notre économie.

La dernière annonce officielle du Président français quant à la levée progressive du confinement a ravi certains, mais ne convient pas à d’autres et les économistes se posent aussi des questions quant aux comportements économiques après le confinement. Les consommateurs vont-ils se mettre dans la frénésie d’achat en dépensant excessivement ou bien vont-ils persister à épargner une grande partie de leurs revenus ?

Par conséquent, il est fort probable que les comportements économiques des Français risquent de bouleverser l’économie à cause des contraintes de l’environnement économique qui subsiste :

  • Précarité de l’emploi,
  • Dégradation subite de la situation économique,
  • Possibilité de fructification de l’encours sur livret liée aux avantages de l’épargne.

En considérant ces critères, les Français seront susceptibles de délaisser les emprunts bancaires et les dépenses relatives aux loisirs dépourvus de surplus de revenus contre l’épargne pour surmonter les imprévues des coups durs dans l’avenir. De ce fait, il est certainement prévisible d’après Bruno Le Maire qu’il y a « un risque que le comportement de précaution l’emporte » après le confinement.

Les impacts de la réduction de la consommation sur l’économie

Après la levée progressive du confinement en Chine, une étude comportementale composée d’un millier de consommateurs de Wuhan a été effectuée par l’UBS. Cette étude a révélé qu’à partir de cette décision gouvernementale, les ménages ne dépensaient pas plus de la moitié de leurs revenus, et que les 50% restants étaient destinés à l’épargne. Les Chinois réduisent surtout les dépenses liées aux plaisirs et aux défoulements : sorties au restaurant, achats en magasin, etc. Cette situation risque de se manifester sur la situation économique française après la crise.

Pourtant, comme l’a affirmé le Directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) :

la consommation du surplus d’épargne sera le levier principal de la relance de l’économie.

Il est vrai que plus la consommation augmente, plus l’économie est puissante puisque les revenus générés par les placements contribuent en grande partie aux recettes fiscales. Sans recette, l’État risque de ne pas atteindre à ses objectifs économiques. À l’heure actuelle, la France se trouve certainement dans le besoin de consommation massive et d’investissement puisque l’économie a besoin d’être relancée.

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