Les géants de la tech vont-ils survivre à l’année 2022 ?

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Logo Facebook illuminé
Logo Facebook illuminé©Alex Haney, CC0 Creative Commons

Premières grandes initiatives sociales de Meta ou Snap, coupes dans les dépenses, forte baisse de la demande de semi-conducteurs… 2022 est une crise pour une grande partie de l’industrie après les événements paradoxalement positifs de l’année de l’épidémie de Covid.

Les GAFAM avaient tournés le covid à leur avantage

Les géants de la technologie sont tombés de leur piédestal sur le marché boursier ils ont une fin d’année 2022 désastreuse. En 12 mois, Apple, Meta (anciennement Facebook), Twitter et le reste d’Amazon ont perdu des centaines de milliards de dollars en valeur marchande.

Ce coup d’arrêt à Wall Street met en relief les doutes concernant leur croissance future. Il faut dire qu’après des années à marcher sur l’eau et à changer le monde avec des algorithmes et des plateformes qui facilitent le quotidien, ils sont soudain devenus sensibles à la situation économique au même titre que les autres acteurs de l’économie plus traditionnelle.

L’inflation, la hausse des taux d’intérêt, la guerre en Ukraine ont mis un coup à leurs années d’hypercroissance.

Pourtant, le Covid semblait avoir sanctifié la puissance de leurs modèles. En quelques semaines, les Gafam ont pu délivrer une technologie permettant au monde de travailler en ligne et, plus largement, de permettre le maintien d’une vie sociale à distance.

Les applications téléphoniques permettaient même aux gouvernements de gérer les interdictions de déplacement de la population sans trop de tracas. Mais les rentes générées par leurs innovations commencent à se tarir.

Qu’il s’agisse du potentiel de cloud computing d’Amazon et de Microsoft, de l’appétit de Facebook pour les réseaux sociaux, ou encore de l’efficacité des organisations industrielles optimisées pour Apple, des limites commencent à apparaître.

Quant à la tentative de se réinventer, marquée par la transformation de Facebook en Meta, elle n’a pas encore porté ses fruits.

Résultat : la technologie n’attire plus les investisseurs.

Chute importante des valeurs boursières

Les corrections boursières ont été particulièrement fortes pour les géants de la tech : Meta (maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp) -65%, Amazon -49%, Alphabet (maison mère de Google) -38%, Microsoft -27%, Apple -26%.

Les analystes estiment qu’à l’exception des crypto-monnaies, la crise de 2022 ne représente pas l’éclatement d’une bulle, mais juste une violente correction après des années d’excès.

Ils ne s’attendent donc pas à ce que l’industrie s’effondre car les fondamentaux de la révolution numérique restent solides, ce qui signifie que la technologie continuera d’être une valeur sûre.

D’un autre côté, personne ne s’attend à ce qu’en 2023 l’industrie revienne à ses niveaux disproportionnés de 2021, même avec une forte amélioration des conditions géopolitiques et économiques mondiales.

Meta : le symbole d’une année ratée pour la tech

Après presque deux décennies de succès sans répit, Mark Zuckerberg a connu 12 mois où il a enchaîné les déceptions et les mauvaises nouvelles.

Si l’annonce du nouveau nom de Meta et l’ambition affichée de déplacer les priorités de l’entreprise vers le Metaverse auraient pu être intéressantes, elles sont désormais confrontées aux dures réalités des marchés des réseaux sociaux et de la publicité en ligne.

Cela fait plus d’un an que Facebook a opéré un virage stratégique en devenant Meta.

Mark Zuckerberg a décidé en octobre 2021 que son entreprise se concentrerait sur la création d’un “métavers”, un terme emprunté à la science-fiction pour faire de la réalité virtuelle (VR) l’épine dorsale des marchés émergents ambitieux.

L’engouement a été immédiat et des industries entières se sont engouffrer dans le Metaverse avec la promesse que les mondes virtuels devaient révolutionner l’usage du luxe, de la technologie, de la publicité ou encore de la grande distribution.

Un an plus tard, la révolution n’est pas encore arrivée, et surtout, Meta n’a pas convaincu.

Ainsi, le changement de stratégie s’est transformé en fiasco : pour chaque dollar investi dans sa filiale Reality Labs (qui gère le Metaverse), le groupe a perdu 5 $.

Comme elle reste fortement dépendante du marché de la publicité en ligne, qui a été durement touchée par la conjoncture économique et la concurrence de Titktok, pour la première fois de son histoire son chiffre d’affaires du deuxième trimestre a chuté.

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