Les habitudes des Français en matière d’épargne seraient-elles en train d’évoluer ?

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Les Français qui ont accumulé un excédent d’épargne record pendant la crise sanitaire déclenchée par la pandémie de COVID-19 semblent disposés à rompre avec leur attitude prudente bien connue en se tournant vers des investissements plus risqués. Les habitudes des Français en matière d’épargne seraient alors en train de changer. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) qui effectue régulièrement des sondages et enquêtes a relevé cette tendance au cours des derniers mois. Les citoyens habituellement prudents, cherchent de plus en plus à prendre des risques au profit de rendements supplémentaires concernant leur épargne.

Les Français revoient leur stratégie d’épargne

Comme dans de nombreux pays, divers blocages et restrictions ont conduit à l’épuisement des postes de dépenses liés à la restauration, aux loisirs et aux voyages, ce qui a conduit à des restrictions sur l’épargne.

Sans compter que l’incertitude de l’impact économique de la crise sanitaire est propice à la composition de l’épargne préventive en toutes circonstances. Selon les données de la Banque de France, à fin juin, l’excédent d’épargne financière des ménages atteignait 157 milliards d’euros, soit plus de 7 % du produit intérieur brut (PIB) de la France.

Les Français ont traditionnellement tendance à opter pour des placements relativement sûrs, comme l’immobilier ou des produits d’épargne financière liquides et sans risque, comme les livrets réglementés, notamment le Livret A. En matière d’assurance-vie, ils préfèrent les fonds en euros plutôt que le compte de capitalisation.

« Au début, cette épargne forcée existait principalement sous forme de dépôts. Désormais, les familles se disent « que dois-je faire de cette épargne ? ». Les foyers français sont donc plus enclins à investir. Olivier Garnier, directeur général de l’économie, a déclaré lors d’une conférence de presse en ligne qu’à moyen terme, dans le contexte actuel des taux d’intérêt, l’assurance-vie libellée en euros offre des perspectives de rendement plus élevées.

Les épargnants, prêts à prendre plus de risques

Si moins de Français refusent de prendre des risques, beaucoup sont encore indécis : 13 % en 2021. Seuls 5% de ceux interrogés osent plus et acceptent « beaucoup de risques dans l’espoir d’obtenir la meilleure récompense ». Ainsi, pour la plupart des épargnants, le risque consiste à étaler leur portefeuille d’investissement sur d’autres supports, tout en conservant une épargne et une trésorerie de précaution sur des produits sûrs comme le Livret A, les comptes courants, voire le PEL.

Cette combinaison de risques est une bonne méthode d’investissement car elle permet de diversifier votre épargne. La diversification a l’énorme avantage de réduire le risque de perte, tout en augmentant le potentiel de gains. La recherche de la performance par 44% des répondants est l’une des motivations principales du capital-risque. Chez les 50-64 ans, cette proportion atteint même 56 %. Mieux encore : 24 % des personnes interrogées ont cité la rentabilité comme la principale raison de souscrire à des produits financiers à risque de perte.

Les produits financiers attirent

L’enquête montre que les Français ont toutefois une certaine méconnaissance des produits financiers. Seuls 26 % des personnes interrogées ont entendu parler de la gestion confiée (conférer à des professionnels la gestion des investissements). Seuls 16% des personnes interrogées savaient ce qu’est un ETF ou un « tracker » (un fonds lié à la bourse ou à un indice de matières premières). Seuls 10 % d’entre eux connaissent les « robots advisors » (plateforme en ligne de conseil en investissement financier).

En somme, la Banque Centrale s’attend à ce que l’épargne française continue de croître jusqu’à la fin de cette année, mais “nous nous attendons à ce que les ménages se retirent un peu de cet excédent d’épargne en 2022-2023”, a déclaré Olivier Garnier. Il a a souligné que les premiers signes que les Français commencent à utiliser ces fonds sont déjà apparus et que l’investissement des ménages dans la construction ou la rénovation de logements a rebondi.

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