Nouvelle hausse du taux directeur de 0,75% de la part de la FED

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La Fed a annoncé de nouvelles hausses de taux mercredi soir. Comme en juin et juillet, les tours de vis ont atteint 0,75 point, plaçant les taux dans une fourchette de 3 % à 3,25 %. Avec ces trois hausses de taux, la Fed n’a pas resserré sa politique monétaire aussi rapidement depuis l’ère Volcker.

Ramener l’inflation à 2%

Si les opérateurs du marché s’attendaient étaient plus de 80% à s’attendre à cette augmentation, Wall Street a fini en baisse de 1,7% à la clôture. Car la bourse de New York s’attend à ce qu’un nouveau resserrement soit encore nécessaire dans les mois à venir, et deux réunions du Comité de politique monétaire sont toujours prévues d’ici la fin de l’année. En conséquence, le taux des fonds fédéraux devrait atteindre 4,4 % d’ici la fin de l’année, avec une fourchette de 3,9 % à 4,6 %, selon la prévision médiane de la banque centrale.

La Fed voit désormais une croissance quasi nulle (+0,2%) en 2022, contre une prévision de 1,7% en juin. Elle abaisse sa prévision pour les prochaines années à 1,2 % en 2023, 1,7 % en 2024 et 1,8 % en 2025.

Concernant l’inflation, l’Agence monétaire américaine s’attend à ce que l’inflation soit de 5,4 % en 2022, avant de revenir progressivement à la normale : 2,8 % en 2023, 2,3 % en 2024 et 2 % en 2025.

“Le Comité est fermement déterminé à faire revenir l’inflation à son objectif de 2%”, a déclaré la banque centrale des Etats-Unis dans le communiqué annonçant la troisième hausse de taux de 75 points de base consécutive décidée par son comité de politique monétaire, le FOMC (Federal Open Market Committee).

Une hausse du taux directeur fait augmenter les taux d’intérêt sur divers prêts aux particuliers et aux professionnels afin de ralentir l’activité économique et donc d’atténuer les pressions sur les prix.

Les taux immobiliers, par exemple, ont augmenté depuis le début de l’année, avec des taux sur les prêts à 30 ans juste au-dessus de 6 % pour la première fois depuis 2008. Cela pèse sur les ventes dans une industrie qui affiche une santé impétueuse depuis le début de la pandémie.

Mais ce ralentissement volontaire de l’économie est très subtil, car un freinage trop important pourrait faire basculer les États-Unis dans une récession avant de s’emparer de l’économie mondiale.

Le marché du travail facilite ces décisions

Les marchés ont renoncé à leurs illusions depuis fin août. A l’origine de ce difficile retour à la réalité, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s’est exprimé lors du Symposium annuel des Banques centrales à Jackson Hole (Wyoming). “Mon message principal n’a pas changé depuis lors”, a-t-il déclaré mercredi.
L’inflation plus élevée qu’anticipé en août signalée à la mi-septembre (+8,3 % en un an) a anéanti le dernier espoir en bourse de voir la Fed de changer d’avis à court terme.

Cependant, la bonne santé du marché du travail donne à la Fed une marge de manœuvre pour agir de manière agressive. Le taux de chômage actuel est l’un des plus bas depuis 50 ans et il n’y a pas assez de travailleurs pour pourvoir tous les postes vacants.

La hausse des taux d’intérêt est intervenue alors que la banque centrale américaine a annoncé au printemps une réduction accélérée de la taille de son bilan. Ce qui restreint la liquidité du marché et participe ainsi au mouvement de modération de l’inflation. Cependant, la Fed peine à atteindre son objectif et n’en était qu’à la moitié de ses réduction d’actifs fin août.

En ce qui concerne le billet vert, il a atteint de nouveaux sommets contre les autres principales devises jeudi, aidé par les attentes selon lesquelles la Réserve fédérale américaine devrait continuer à augmenter les taux d’intérêt, tandis que les gouverneurs des banques centrales se réunissent dans les prochains jours au Japon, en Suisse et au Royaume-Uni. La Riksbank a surpris mardi avec une hausse sans précédent.

Début septembre, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux d’intérêt d’un de trois quarts de point de pourcentage, une hausse record.

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