HSBC suspend son directeur de l’investissement responsable suite à ses propos chocs

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Banque HSBC - ©Shawn Ang, Unsplash Creative Commons

Lors d’un forum économique, un cadre de la banque suisse HSBC a évoqué “l’hérésie” du réchauffement climatique et parlé des “fous” des défenseurs de l’environnement désignés. Il a depuis été suspendu.

Des phrases climatosceptiques chocs

Alors que l’ensemble du secteur de la gestion d’actifs s’engage dans la lutte contre le réchauffement climatique et l’augmentation des discours en ce sens, les commentaires de Stuart Kirk, responsable mondial de l’investissement responsable (sic) chez HSBC Asset Management (AM) sont effrayants.

Ce dernier a exprimé publiquement ses doutes sur la réalité des risques financiers liés au changement climatique lors d’une conférence “Moral Money” organisée par le Financial Times vendredi. Et, le conférencier en question n’a pas mâché ses mots.

Stuart Kirk est responsable mondial de l’investissement responsable chez HSBC. Le 22 mai, lors d’un panel sur « Comment placer son argent pour atteindre les objectifs Environnement, Social et Gouvernance », il a soulevé un sujet qui était complètement en contradiction avec sa mission d’encourager les épargnants à choisir l’investissement responsable. Sa présentation était intitulée “pourquoi les investisseurs ne devraient pas être préoccupés par le risque climatique”.

« Depuis 25 ans, il y a toujours un cinglé qui (me) parle de fin du monde », a-t-il lancé en préambule de sa présentation. Sur l’une de ses diapositives, Stuart Kirk est allé jusqu’à souligner : “Les avertissements apocalyptiques infondés, poignants, partisans et intéressés sont toujours faux”. Avant de lancer sa phrase choc au public : “Et si Miami est à 6 mètres sous l’eau dans 100 ans ? Amsterdam est sous l’eau depuis longtemps et c’est un très bel endroit. On s’adaptera”.

Il a toutefois tenté de se justifier en indiquant “Je travaille dans une banque qui est attaquée par les cryptos, nous avons des régulateurs aux Etats-Unis qui essaient de nous arrêter, nous avons le problème de la Chine, nous avons une crise du logement qui se profile, nous avons des taux d’intérêt qui augmentent, nous avons de l’inflation qui arrive par les tuyaux, et on me dit de passer mon temps à examiner quelque chose qui va se produire dans vingt ou trente ans. C’est complètement disproportionné.”

HSBC désavoue ses propos et suspend son responsable

Les propos, rapportés par le Financial Times, auraient suscité un tollé, notamment de la part des ONG de défense du climat. Apparemment, un porte-parole d’une ONG a demandé que Stuart Kirk soit démis de ses fonctions pour propos offensants et inexacts. La banque l’a entendu depuis puisque Stuart Kirk a été suspendu.

Selon Global Witness, les propos de Stuart Kirk reflètent la mentalité du monde financier. “Les investisseurs et les clients devraient à juste titre remettre en question et revoir les engagements climatiques de la banque (HSBC), y compris sa prochaine politique pétrolière et gazière”, a déclaré Beau O’Sullivan de Bank on our Future.

De retour dimanche, le PDG de HSBC, Noël Quinn, a tenté de calmer le jeu, notant que les propos de Stuart Kirk ne reflétaient pas la position du groupe, qui est clairement attaché à la transition de l’économie vers le net zéro. Selon les médias britanniques, le manager aurait finalement été suspendu lundi dans l’attente d’une enquête interne.

Ce discours peut choquer dans un océan de belles promesses. Mais il est loin d’être le seul dans le monde financier. Larry Fink, le puissant patron de BlackRock, le gestionnaire d’actifs n° 1 mondial (plus de 10 000 milliards de dollars d’actifs), a été également trahi dans sa dernière lettre annuelle aux actionnaires, affirmant que ce n’était pas le sauvetage de la planète ne dépend pas de Blackrock. Son objectif a été de faire comprendre que la raison d’être de l’entreprise est de satisfaire ses parties prenantes, actionnaires en premier lieu.

En 2020, cependant, l’opinion (tardive) de Larry Fink selon laquelle la gestion d’actifs devrait être durable et responsable a été réaffirmée en 2021, avec l’engagement de Black Rock d’atteindre un “net zéro” d’ici 2050.

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