Immobilier : la BCE insiste pour que la France utilise les crédit à taux variables

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La BCE veut promouvoir l’utilisation des taux variables pour financer les crédits immobiliers. Cette politique va à l’encontre des traditions de l’industrie bancaire française et suscite de nombreuses réticences chez les professionnels français de la finance.

Les taux variables à l’origine de la crise des subprimes

La menace plane sur les crédits immobiliers. La pratique est bien connue des Anglo-Saxons mais moins des Français. Seulement 5% des banques françaises proposent des taux variables.

Si on parle de “menaces”, c’est que l’on associe ces taux facilement à la crise des subprimes de la fin des années 2000 mais la transition vers les taux variables semble s’intensifier.

Malgré la forte hausse, les taux de crédit français restent bas (de l’ordre de 2 % depuis 20 ans, selon l’Observatoire Crédit Logement). Selon Le Parisien, la situation est intenable pour la BCE, le régulateur bancaire européen, qui envisage d’imposer des taux d’intérêt variables aux banques.

«Nous ne pouvons pas vivre éternellement avec des taux bas. Nous allons réadapter nos taux. Je comprends la direction dans laquelle elle (BCE) veut aller», confirme Thierry Breton, commissaire européen, sur LCI ce mercredi

La Fédération bancaire française (FBF) a contacté Le Figaro pour confirmer que “les pouvoirs publics (Commission européenne, Autorité bancaire européenne, Comité de Bâle) considèrent qu’il est moins risqué pour les banques de prêter à taux variable plutôt qu’à taux fixe. En effet, dans le cadre des taux variables, le risque est alors porté par l’emprunteur. Pour cette raison la FBF s’oppose à la généralisation des taux variables en France.

«Notre modèle à taux fixe, unique, protège les emprunteurs en leur permettant de connaître de façon certaine le coût de leur crédit pour toute sa durée, quelles que soient les évolutions de l’environnement économique. Les prêts à taux fixes sont accordés en fonction des revenus de l’emprunteur et non de la valeur de son bien. Notre modèle doit être préservé», affirme la FBF qui reconnaît que la position française «n’est pas majoritaire en Europe». Une grande banque se dit même prête «à résister en continuant à proposer uniquement des crédits à taux fixe».

Protéger les emprunteurs

Contrairement aux pays anglo-saxons, les banques françaises prêtent quasi-uniquement à taux fixes. Cela offre aux emprunteurs hypothécaires une protection contre les pics d’inflation. Mais dans le cas des institutions financières, elles perdent de l’argent sur les prêts parce qu’elles prêtent aux ménages à des taux inférieurs à ceux auxquels elles empruntent.

En France, les crédits à taux variable ne concernent que certains clients qui peinent à trouver un crédit. En utilisant cette technique, les taux d’intérêt montent et descendent avec l’inflation.

La Banque centrale européenne veut promouvoir cette pratique car les banques sont obligées de réduire leurs marges bénéficiaires lorsque l’économie vacille. Pour les clients les plus vulnérables, cette approche peut être risquée.

De leur côté, les professionnels français se veulent prudents et craignent un scénario où les impayés débouchent sur un désastre économique, comme en Espagne ou aux Etats-Unis.

Au cours des dix prochaines années, la BCE tentera ainsi d’appliquer les “accords de Bâle” très techniques qui impliquent une plus grande sécurité de leurs fonds propres qu’aujourd’hui, réduisant l’étendue de leur “stock” une fois qu’ils accordent des prêts.

Pour contourner ce problème, les banques vont devoir opter pour des taux variables afin d’être mieux payés lorsque l’argent devient plus cher. “On n’en veut pas, on y résiste tant qu’on peut”, a expliqué le responsable d’une banque mutualiste.

Mais cela risque de ne pas suffire, car la Banque de France veut prolonger le “régime de transition” jusqu’en 2023, qui ne sera pas prolongé malgré les fortes demandes de la BCE.

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