L’immobilier français toujours en bonne forme au premier semestre 2022

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Immobilier Lyon
Immobilier Lyon - ©Ben_Kerckx, CC0 Creative Commons

Selon les observations récentes du marché immobilier français, les choses vont bien, contrairement à de nombreuses autres industries. Les chiffres de vente publiés début septembre semblent confirmer ce constat.

L’immobilier français décélère mais ne chute pas

Thierry Delesalle, président de la commission statistique des Notaires du Grand Paris, commente le marché national français. D’après lui, le deuxième trimestre de 2022 a été un très bon millésime, les prix étant à un niveau élevé. Si le volume des ventes a légèrement diminué, leurs prix ont augmenté de 6,8 % en un an. Il s’agit d’une baisse de 0,5 % par rapport à l’accélération du premier trimestre.

Le marché immobilier français a fait preuve d’une grande vitalité ces dernières années. Entre début 2017 et l’été 2022, le nombre de ventes est passé de 876 000 à 1 157 000. Cependant, il est probable que cette dynamique ne durera pas longtemps, un plateau sera probablement atteint dans un proche avenir.

« Sur les douze derniers mois, on atteint logiquement un plateau. Il est vrai que le marché se calme en province avec un petit ralentissement de 3% des transactions. Mais attention, les avant-contrats ne s’effondrent pas, en particulier à Paris et en petite couronne », rapporte Thierry Delesalle.

D’après notre expert, la capitale est plus sage en matière d’achat et de vente que les provinces. Il affirme que cela est dû au fait que de nombreuses personnes ont changé de lieu d’habitation vers les zones provinciales après avoir fui la ville durant les confinements. Selon lui, tant les banlieues parisiennes que la ville de Paris ont affiché une productivité accrue au cours de l’année écoulée. Il estime que la demande actuelle est positive car tous les Français qui souhaitaient déménager ne l’ont pas encore fait.

Si l’état actuel du marché immobilier semble prometteur, le pire scénario serait un ralentissement général de l’activité économique. Cela peut être accompli par un ralentissement économique ou quelque chose de pire. « Il va sûrement y avoir une phase de légère baisse en cas de stagnation économique. Dans ce genre de période, les prix ont historiquement tendance à se tasser plus que les volumes. Les prix devraient diminuer davantage dans les grandes métropoles, là où ils avaient le plus augmenté, qu’en province et sur les côtes », anticipe Alain Trannoy, professeur d’économie à l’université d’Aix-Marseille.

Les taux et la conjoncture économique inquiète

La pandémie a permis aux français de se constituer une épargne importante. Ce qu’ils ont décidé de faire avec cet argent est l’une des clés du marché immobilier français avec les apports personnels par exemple. Les acheteurs potentiels utilisent les taux d’intérêt qui leur sont proposés pour décider du prêt hypothécaire à contracter. Le taux de référence sur 20 ans est d’environ 2 % actuellement.

« Les taux sont encore très acceptables. A 2%, les clients y vont encore. Ce n’est pas le taux qui freinent les achats mais les dossiers qui sont repoussés par les banques. A cause de l’évolution du taux d’usure, elles ont peur que les conditions d’emprunt qu’elles proposent dépassent le taux d’usure. Elles attendent que la Banque de France modifie le taux d’usure. Pendant ce temps, les dossiers d’emprunt et les projets d’achat sont mis en attente », détaille Thierry Delesalle.

De nombreux professionnels à l’immobilier appellent à ce que le taux d’usure des prêts de la Banque de France soit modifié tous les mois au lieu de tous les trimestres. En effet, de nombreuses personnes et entreprises sont en attente avant que le changement se produise.

L’inflation est le critère majeur qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Si la hausse des prix n’en finit plus, des restrictions de crédits pourraient survenir comme en 2008 et entraînerait ainsi une chute du marché immobilier.

Alain Trannoy dit que le principal motif d’inquiétude vient de l’autre côté des Alpes. L’Italie est actuellement impliquée dans des élections qui détermineront son futur gouvernement. Si la droite italienne prend le pouvoir et mène une politique “aventuriste”, Trannoy avertit que les taux d’intérêt sur la dette italienne vont augmenter de manière spectaculaire. Cela déclencherait inévitablement une autre crise de la dette souveraine dans la zone euro similaire à celle de 2011-2012.

Le marché immobilier français a été affecté par la crise du début des années 2010, les prix ont chuté jusqu’à 2% sur un an en 2012, seul l’immobilier parisien a fait figure de valeur refuge en raison de la régularité des ventes à la clientèle nationale et internationale.

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