Immobilier : le marché du neuf connaît l’une de ses pires années

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Nouvelles règles d'obtention du crédit immobilier - ©Brandon Griggs, CC0 Creative Commons

Ventes en baisse, annulations, hausses de prix : le marché de l’immobilier neuf fait face à de graves difficultés au deuxième trimestre 2022. Les pros pointent les difficultés de permis de construire, ainsi que les taux d’usure et leur impact sur les demandes de prêt personnel.

Une baisse de 15% des ventes

Les chiffres de vente du second semestre 2022 sont loin d’être encourageants pour les appartements neufs en France. Une baisse de près de 15 % a été constatée. Les experts ont même évoqué les pires résultats des six dernières années. L’environnement économique en est la principale raison, ce qui ralentit les acquéreurs particuliers et investisseurs.

Il y a quelques mois, les promoteurs immobiliers faisaient état d’une pénurie d’offres sur le marché français. Le nombre de maisons à vendre a augmenté depuis, mais cette augmentation masque une autre réalité.

En fait, c’est un signe de ralentissement de l’activité dans l’industrie. La baisse résulte de l’environnement économique qui place les acheteurs dans une position délicate. Cela touche autant les ménages que les investisseurs et les bailleurs sociaux. Dans chaque catégorie, les données ont montré une baisse des transactions et des réservations. Les acheteurs potentiels font le premiers pas avant de se retirer.

Au deuxième trimestre, 13,5 % des réservations ont été annulées par des potentiels acheteurs, soit une augmentation de 2,1 points de pourcentage par rapport à la même période en 2021. Le marché du neuf est souvent concentré dans des agglomérations “tendues” et importantes. De ce fait, la baisse des ventes a particulièrement touché des régions comme l’Ile-de-France et la Côte d’Azur.

Augmentation de l’offre… et des prix

Le secteur immobilier a enregistré l’un de ses pires résultats au premier semestre 2022 en raison d’un manque d’acheteurs. Cela est particulièrement vrai dans l’industrie des appartements neufs.

Cela se traduit par une augmentation du nombre de logements en stock, à 84 266 biens au deuxième trimestre 2022. C’est loin d’être une bonne nouvelle quand on sait que cette augmentation est dûe à une baisse des ventes. Reste que l’offre a chuté de 26,9 % en quatre ans.

Bien que les ventes aient baissé, les prix ont continué d’augmenter. Les prix des appartements neufs à Paris ont augmenté de 2,5 % au premier semestre 2022. Les régions ont connu une augmentation encore plus importante, en hausse de 6,8 %. Cette augmentation suggère que l’offre reste inférieure à la demande.

Aussi, il est difficile pour les promoteurs de baisser les prix même lorsque les acheteurs se font rares. En outre, ils sont confrontés à la flambée des coûts de construction et des prix des terrains.

Les acheteurs ne parviennent plus à obtenir de financement

Les annulations ont doublé au premier semestre 2022, représentant 26 % des réservations, contre 13 % auparavant. Deux explications ont été proposées à ce problème. Premièrement, de nombreuses demandes de prêt hypothécaire sont rejetées par les banques. Certains acheteurs potentiels finissent également par changer d’avis après avoir réfléchi et discuté de leurs projets avec leurs proches.

L’augmentation du nombre de demandes de prêt rejetées depuis le début de l’année explique en grande partie l’augmentation des annulations. En effet, selon une récente étude de l’Opinion System commanditée par l’Association française des intermédiaires en bancassurance (AFIB), les demandes de crédit immobilier auprès des établissements bancaires ont baissé entre 35% et 45% depuis janvier 2022.

Le taux d’usure permet de plafonner les taux d’intérêt pratiqués par les banques, il vise à protéger les emprunteurs des taux d’intérêt abusifs. Très faible actuellement, il réduit fortement la capacité d’emprunt des ménages car les banques ne veulent pas prêter à perte. Selon la même enquête, plus de la moitié des refus de crédit directement liés au taux d’usure concernent la tranche d’âge 30-55 ans souhaitant acheter une résidence principale.

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