L’inflation stagne, qu’en sera-t-il de la remontée des taux de la BCE ?

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Les prix à la consommation de la zone euro ont baissé en novembre pour la première fois depuis juin 2021. Mais avec une inflation à 10% en un an, l’inflation reste préoccupante et un retournement de tendance est incertain. Les économistes ont semblé prudents et n’ont pas affirmé que le pic était passé. Néanmoins, le ralentissement pourrait inciter la BCE à être plus flexible dans sa politique de resserrement monétaire.

Le pic de l’inflation est-il atteint ?

L’inflation de la zone euro a-t-elle enfin atteint son pic ?

Après les Etats-Unis, où le rythme de hausse des prix a commencé à ralentir, la même tendance pourrait suivre sur le Vieux Continent. Les prix ont augmenté de 10% en un an en novembre, contre 10,6% en octobre.

C’était le premier ralentissement depuis juin 2021. La statistique, publiée par Eurostat le mercredi 30 novembre, rejoint une série d’indicateurs économiques de ces dernières semaines suggérant que si la croissance ralentit et qu’une récession reste probable cet hiver, elle se porte mieux que prévu.

Ce léger recul des prix est une conséquence naturelle de la chute des prix des matières premières depuis la mi-2022. Lorsque Vladimir Poutine a commencé à fermer les vannes cet été, les prix du gaz naturel ont atteint des niveaux record et, en Europe, ils sont passés d’un sommet de près de 350 euros par mégawattheure fin août à 136 euros par mégawattheure actuellement.

Les prix du pétrole ont perdu un tiers de leur valeur depuis qu’ils ont culminé en juin. Autre amélioration : les goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement, qui se sont multipliés lors de la sortie de la pandémie de Covid-19, rentrent progressivement à l’ordre.

Si les prix sont encore élevés par rapport au prix moyen des années précédentes, le choc s’estompe. En conséquence, l’inflation énergétique de la zone euro, qui était de 41,5 % en octobre, n’était « que » de 34,9 % en novembre.

L’inflation baisse ou stagne partout en Europe

L’inflation a baissé ou stagné dans neuf des 19 pays ce mois-ci, dont l’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas. En France, l’inflation s’est maintenue à 7,1%, toujours la deuxième plus faible de la zone euro, selon la mesure harmonisée (6,2% pour l’indice national).

Cependant, la hausse des prix des aliments (y compris le tabac et l’alcool) a continué de s’accélérer pour atteindre 13,6 %, soit une augmentation de 0,5 point de pourcentage par rapport au mois précédent.

“Nous ne serions pas surpris si l’inflation reprenait en décembre ou en janvier [en 2023], car ces chiffres sont très volatils, mais il ne fait aucun doute qu’elle baissera rapidement l’année prochaine”, a déclaré Andrew Kenninger, économiste chez Capital.

Bien sûr, le choc des prix pour les ménages est tout aussi brutal. Même si les salaires dans la zone euro ont augmenté d’environ 5,2%, selon les estimations du site d’emploi Indeed. Cela représente une perte d’au moins 5 points de pourcentage de pouvoir d’achat des ménages.

Les difficultés ont été atténuées par les aides de l’État (protection tarifaire, subventions aux familles les plus démunies, etc.), qui se sont multipliées sur le continent.

Vers une fin de la hausse des taux ?

Ainsi, pour la présidente de la BCE, l’inflation devrait continuer à augmenter dans les mois à venir. Cela sera suivi d’un resserrement monétaire que l’agence a déjà mis en œuvre ces derniers mois.

La BCE a relevé les taux d’intérêt de deux points de pourcentage depuis juillet, la plus brutale de son histoire, en réponse à la forte inflation consécutive à la guerre en Ukraine.

Alors que l’Europe estime être entrée en récession au quatrième trimestre, le resserrement monétaire pourrait aggraver la contraction de l’activité économique en restreignant l’accès au crédit.

La poursuite de cette politique devrait se faire à un rythme plus lent compte tenu de la modération des hausses de prix.

Selon Bert Colijn, la première lueur au bout du tunnel “pourrait inciter la BCE à envisager une petite hausse des taux le mois prochain”. Peut-être 0,5 % au lieu de 0,75 % ? Une décision doit être prise lors de la prochaine réunion en décembre.

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