Jour J : la Fed doit débuter sa hausse de taux aujourd’hui

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Federal Reserve System
La FED (Federal Reserve System) - ©Rafael Saldaña, CC BY 2.0 FlickR Creative Commons

La Fed doit annoncer sa décision de politique monétaire à 19 h aujourd’hui. Une hausse de 25 points de base des taux d’intérêt est le scénario le plus largement accepté par les opérateurs.

Première hausse annoncée

La banque centrale américaine devrait relever ses taux d’intérêt pour la première fois en deux ans mercredi 16 mars, dans le but de freiner la frénésie de dépenses des Américains et ainsi de ralentir l’inflation, alors que la guerre en Ukraine crée une nouvelle incertitude.

La puissante Fed prépare le marché depuis des mois et le grand moment est enfin arrivé. Le taux directeur, au plus bas depuis mars 2020 entre 0% et 0,25%, va commencer à décoller. L’objectif : pousser les banques commerciales à offrir des taux d’intérêt plus élevés sur les prêts qu’elles accordent aux clients pour acheter des maisons, des voitures et même des téléviseurs.

Donc, pour ralentir la consommation et atténuer la pression sur les prix, dans le même temps, les problèmes d’approvisionnement ne devraient pas être résolus de sitôt, et la guerre en Ukraine provoque une poussée supplémentaire pour l’essence, et également les denrées alimentaires.

La première hausse des taux devrait placer les taux dans la fourchette de 0,25 % à 0,50 %, ou directement de 0,50 % à 0,75 %, ce qui serait une mesure inhabituellement drastique. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, soutient une augmentation des taux de seulement 0,25 point de pourcentage au lieu de 0,50 point de pourcentage.

Les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) donneront également leur nombre prévu de hausses de taux cette année et l’année prochaine. Les économistes s’attendent à cinq à six hausses de taux en 2022, ce qui devrait pousser les taux à environ 1,50 %.
“Mais cette guerre est un choc d’incertitude, incitant à la prudence, au maintien au pouvoir. C’est aussi un choc de stagflation qui alimente l’inflation d’une part, mais fait aussi peser des risques baissiers sur l’activité économique d’autre part.”

Bref, à court terme, la hausse de l’inflation (principalement liée à la flambée des prix du pétrole) est susceptible de détruire la demande et se révèle donc cachée. En conséquence, un resserrement de 25 points de base est désormais plus largement attendu. La décision monétaire accompagnera la publication des nouvelles prévisions économiques de l’agence, notamment en termes de croissance, du chômage et de l’inflation.

Ne pas provoquer de récession

L’équation semble simple : ralentir l’inflation tout en maintenant la croissance économique. Mais il y a beaucoup d’inconnues et les résultats sont incertains. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a récemment exprimé sa confiance dans la capacité de l’agence à assurer un “atterrissage en douceur” ou à “maîtriser l’inflation sans provoquer de récession”.

L’économiste de Standard Chartered, Steve Englander, a commenté dans une note que le MPC devrait également éviter d’indiquer si la guerre en Ukraine induit des progrès plus rapides ou plus lents.

La Fed pourrait également discuter du moment où elle va commencer à réduire son bilan, en supprimant progressivement des milliards de dollars de titres du Trésor et d’autres actifs qu’elle a achetés depuis mars 2020 pour soutenir l’économie.

L’indice IPC du département américain du Commerce a montré que l’inflation aux États-Unis avait augmenté de 7,9% en glissement annuel en février. La Fed est haussière sur un autre indicateur, l’indice PCE : 6,1% en janvier.

Cette flambée des prix a ravivé le spectre de l’inflation à deux chiffres des années 1970 et du début des années 1980. À l’époque, la Réserve fédérale a fortement relevé les taux d’intérêt, jusqu’à 20 %, ralentissant l’inflation, mais au prix d’une récession. En Europe, où l’inflation est faible, la rivale de la Fed, la Banque centrale européenne, a décidé jeudi de maintenir pour l’instant les taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas.

Pendant ce temps, la Fed attend toujours que le Sénat américain confirme plusieurs nominations de gouverneurs, y compris la réélection pour un second mandat de Jerome Powell. L’économiste Sarah Bloom Raskin, qui a été choisie par Joe Biden pour le poste clé de vice-présidente de la réglementation bancaire, a annoncé mardi qu’elle manquait de soutien suffisant et a renoncé.

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