Magazine sur la finance & le rachat de crédit

La déprime de l’économie réelle…

dans News/Rachat de crédit

Il semble que la crise du crédit ait été en grande partie enrayée par les grands acteurs de ce monde. Du Plan Paulson aux injections massives de liquidités par les banques centrales en passant par l’interventionnisme des Etats dans le capital des banques en difficulté, d’aucuns s’accordent à dire que la crise financière est sans doute plus derrière que devant nous. Mais qu’en est-il désormais de l’économie réelle ? C’est vers cette dernière que tous les regards se tournent désormais avec l’appréhension d’un avenir qui apparait bien bouché….

Rappelons tout d’abord que la crise du crédit a connu une lourde hémorragie, certes enrayée pour le moment, mais dont certains aspects restent flous. A titre d’exemple, la réorientation des capitaux du Plan Paulson vers d’autres horizons que le rachat des « crédits toxiques » laisse songeurs, car elle implique que les bilans des banques vont rester « exposés » à ces créances douteuses. Les pertes à venir en la matière pourraient s’élever au final à quelque 900 milliards de $, sans compter que si l’on comptabilise le nombre de produits dérivés, c’est une autre bulle (celle des CDS) qui pourrait éclater après celle des crédits…à la différence que le montant global des encours en question s’élève à 54 000 milliards de $, soit tout simplement l’équivalent du PIB mondial ! C’est notamment l’une des raisons majeures qui laissent penser que plus d’une centaine de banques sont encore en grand danger aux Etats-Unis.

Du côté de l’économie réelle, les chiffres posent problème. En premier lieu, le non-respect des accords de Maastricht…car avec un déficit public de 3.4 % en 2008, ces derniers sont bafoués de sorte que « Nous allons devoir enterrer les critères de Maastricht pendant au moins deux ans pour pouvoir financer la crise » affirmait encore récemment Michel Aglietta, professeur d’économie à Paris-X. Par ailleurs, la récente flambée des matières premières a elle aussi été endiguée, mais de manière insuffisante. En effet, une inflation de l’ordre de 2.4 % parait plus raisonnable que les 3.5 % que nous avons connus récemment, pour autant avec une croissance négative, il n’y aura probablement pas de réindéxation des salaires de sorte que le pouvoir d’achat va encore baisser….. Sans comper que le seul bâtiment va connaitre des vagues de licenciements considérables : Nexity parle de 180 000 personnes……qui viendraient se rajouter aux quelques autres dizaines de milliers des autres secteurs.

Décidément non, les chiffres font peur et laissent penser que seuls les pays émergents dont la croissance pour l’an prochain est estimée par l’OCDE et le FMI à 5.2 % en moyenne seront la locomotive de l’économie mondiale. Mais la prudence s’impose là encore, car avec une croissance presque nulle, voire négative les économies de la zone Euro et des Etats-Unis pourraient bien avoir un impact insoupçonné sur les nouvelles économies.

Derniers articles de News

dictum odio Donec velit, mattis amet, Praesent
Retour en haut