Epargnée par le Covid-19, La Grèce replonge dans la récession

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La Grèce replonge dans la recession - ©Matt Artz, Unsplash Creative Commons

Miraculeusement plus épargnée par le COVID 19, la Grèce n’en est pas moins dans une situation économique délicate. En effet, une nouvelle récession s’amorce pour le pays, et ce, 10 ans seulement après la crise des dettes souveraines dont elle garde encore les cicatrices. Découvrons les causes et les différentes caractéristiques de cette nouvelle récession grecque.

La pandémie du COVID 19 : indirectement responsable

Depuis le début de la crise sanitaire qui oblige la moitié de la population mondiale à se confiner, la Grèce assiste impuissante à l’effondrement de son secteur touristique, une de ses principales sinon la plus importante de ses sources de revenus.

Elle n’est pourtant pas la seule à connaître ce problème. L’Espagne, l’Italie et la France sont des pays touristiques qui souffrent également de l’absence des touristes. Mais les experts et les observateurs internationaux estiment que la Grèce sera la plus fortement touchée avec un recul de – 9,7% de la courbe de croissance.

Malgré les mesures de mise en place et de contrôle des gestes barrières en espace public et ouvert, les activités dépendantes du tourisme peinent à reprendre. En effet, l’autorisation de réouverture des lieux publics comme les restaurants ou les musées ne signifient forcément que les affaires reprennent. Il faut évidemment que les touristes et les riverains se décident à sortir de confinement et à voyager de nouveau sans craindre pour leur santé.

Le gouvernement grec s’est montré très habile dans la gestion de la crise sanitaire. Les différentes mesures de confinement depuis le 23 mars 2020 ont été adaptées afin de maîtriser au mieux la pandémie qui sévissait déjà dans les pays voisins. La Grèce enregistre à ce jour, 179 morts dus au coronavirus pour une population de 10,9 millions d’âmes.

Ces précautions ont été nécessaires dans un pays où les infrastructures médicales pour accueillir les éventuels malades manquent cruellement tant en subventions qu’en ressources humaines. Il faut dire en effet que les restrictions budgétaires après la crise de 2010 ont réduit le nombre de lits disponibles en réanimation à 1000 seulement.

La Grèce avant et après le Coronavirus

La situation de la Grèce avant et celle après le COVID 19 ne seront en rien similaire. Les causes sont différentes ainsi que les conséquences. Les secteurs les plus meurtris auront du mal à se relever puisqu’ils vont encaisser les plus énormes pertes tant sur le plan humain que sur le plan financier.

Les effets de la crise de 2010 en Grèce

Le pays a perdu en effet, 25% de son PIB entre 2008 et 2016. Elle peinait déjà à atteindre la barre des 1,5% de croissance en 2019. Cela n’a pas empêché les autorités grecques à ambitionner un 2.4% pour l’année 2020. La crise sociale n’est pas en reste puisque la Grèce affiche toujours le taux de chômage le plus élevé de l’UE (16,4% en janvier 2020). Après 3 plans successifs et 289 milliards de prêts du FMI et de l’UE, la Grèce commençait juste à entamer sa convalescence.

Grèce : les effets de la crise du COVID 19

10 ans, jour pour jour, après le plan de redressement de la Grèce (2010), le pays était encore en recherche de stabilité économique et budgétaire lorsque la crise du Coronavirus s’est déclarée. La crise du coronavirus a anéanti des années d’efforts et les dommages économiques sont qualifiés d’irréparables.

Néanmoins, la récession économique semble inévitable selon les observateurs et le Premier Ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. Le FMI confirme cette tendance en prévoyant une réduction de 10% du PIB de la Grèce et un taux de chômage qui devrait alors se situer aux alentours de 20 à 22%. Ce sont les employés du secteur privé qui ont été les plus touchés (serveurs, saisonniers, hôtesses, livreurs, guides, etc…).

Après le début de la crise, le gouvernement a choisi d’accorder des reports d’impôts et de charges de sécurité sociale pour soulager les ménages. Il financera également le chômage partiel en versant une indemnité de 800 euros mensuels pendant la durée de la crise.

Les mesures fiscales du gouvernement sont aménagées pour enclencher la reprise de l’activité et pour mettre de la liquidité à disposition des entreprises. Plus de 51 000 entreprises vont bénéficier de l’aide de l’État. Il s’agit d’une aide financière de 580 millions d’euros à distribuer sous forme d’avances remboursables. Il y aura également une baisse significative de la TVA pour les secteurs les plus touchés comme le tourisme, la restauration, le transport, les hôtels, les musées, les parcs et autres lieux publics…

La sortie de crise pour la Grèce

La sortie du COVID 19 ne devrait pas non plus être très évidente pour la population. Elle sera spécialement marquée par la lenteur de la reprise. Pour financer la relance, 32 milliards d’euros seront débloqués sur 3 ans auprès des fonds nationaux et européens pour soutenir l’économie.

Toutefois, la lenteur de la reprise devrait encore faire des victimes parmi les entreprises du tourisme jusqu’à la fin de l’année. En effet, à la veille de la saison estivale, il est encore impossible de savoir si les touristes seront au rendez-vous. Dans tous les cas, une chose est sure : tant que l’ombre du coronavirus ne cessera de planer sur l’ensemble des pays européens, les voyageurs resteront prudents par peur d’une nouvelle vague d’épidémie.

Le gouvernement grec quant à lui semble moins pessimiste notamment en ce qui concerne l’estimation des pertes. Avec la technique de la projection, il estime le recul à 6 % seulement dans le cas où il n’y aura pas d’aggravation de la pandémie. Les autorités grecques ne peuvent cependant pas éviter de mettre la pression sur les institutions bancaires en relançant la consommation des ménages.

Il faut néanmoins rappeler que la Grèce est toujours inscrite dans la poursuite de son plan d’austérité avec une dette publique élevée. Une situation qui a déjà causé des grèves multiples et des actes de protestations violentes. Comme tous les pays, la Grèce doit préserver le fragile équilibre entre les intérêts économiques et la sécurité sanitaire. Les petits commerces ont été autorisés à ouvrir depuis fin mai. Quant aux restaurants et cafés, ils sont ouverts depuis le 1er juin en Grèce.

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