La moitié des logements sont des passoires thermiques dans les stations de ski

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station ski

Dans les principales stations de ski françaises, près d’un logement sur deux est classé F ou G au sens du diagnostic de performance énergétique. C’est une grande menace pour l’immobilier de montagne puisque le gouvernement veut également interdire la location des passoires thermiques pour les meublés de tourisme.

La part des passoires thermiques est vertigineuse dans les stations de ski

C’est un nouveau danger qui pèse sur l’immobilier de montagne. Souffrant déjà d’un enneigement réduit en raison du réchauffement climatique, les stations de ski doivent aussi vivre avec un parc immobilier vieillissant qui ne répond plus aux normes environnementales.

Selon une étude d’Heero, qui accompagne les particuliers dans la rénovation énergétique des bâtiments, 48 ​​% des hébergements des stations de sports d’hiver sont en réalité des passoires thermiques. C’est-à-dire que le logement est classé F ou G au sens du Diagnostic de Performance Energétique (DPE).

Au total, 70 stations ont été analysées. Constat alarmant : sur l’ensemble de la France, 16,9% des logements en moyenne sont considérés comme en tant que passoire thermique (labels F et G dans le cadre du Diagnostic de Performance Energétique ou DPE), alors que dans les stations de ski cette proportion est en moyenne proche de 50%.

Cependant, selon les montagnes et les stations, il existe de grandes disparités : la proportion d’hébergements énergivores va de 15 % à Bellefontaine, le premier Jura, à 90 % d’hébergements énergivores à Isola 2000 dans les Alpes du sud.

Les sites les plus énergivores (plus de 50 % passoires thermique) sont concentrés dans les Pyrénées et les Alpes. A l’inverse, les stations disposant des hébergements les mieux isolés (moins de 33% d’isolation thermique) sont plus souvent situées dans les Vosges, le Jura et le Massif Central.

Cette part de logement énergivore dans les stations de ski est forcément un problème à leur où la location de ces passoires thermiques va être interdite. Pour rappel, à partir du 1er janvier 2023, les biens dont la consommation d’énergie finale est supérieure à 450 kWh par mètre carré et par an ne pourront plus être loués.

Les baux de tous les logements de classe G seront les suivants en 2025, suivis des maisons de classe F en 2028, ce qui signifie que pour les bailleurs qui possèdent des propriétés dans ces stations, il sera impossible de louer d’ici 2 à 5 ans.

Trop tard pour certaines stations ?

“Les stations de ski qui risquent de voir leur parc locatif diminuer de moitié dès 2028, soit dans 5 ans seulement ! Pour certaines d’entre elles, il sera matériellement impossible de rénover l’ensemble des logements concernés d’ici là”, estime dans son étude Heero.

Plusieurs facteurs jouent un rôle : l’altitude, la zone géographique ou encore l’ancienneté du bâtiment. Aujourd’hui, de nombreuses stations construites dans les années 1970 se retrouvent donc confrontées à la nécessité d’entretenir un parc immobilier vieillissant qu’elles ne pourraient plus louer autrement.

« L’histoire des stations de sports d’hiver françaises s’est faite en plusieurs étapes. D’abord nées à partir d’un village existant, les stations de ski se sont progressivement industrialisées pour s’implanter sur des sites vierges à la fois pour être au plus près du domaine skiable mais aussi pour pouvoir construire plus de bâtiments, avec une problématique davantage pratique et esthétique qu’énergétique à cette époque-là. Aujourd’hui beaucoup de stations construites dans les années 70 se retrouvent donc confrontées à la nécessité d’entretenir, voire de rénover massivement, leur parc de logements devenu vieillissant sous peine de ne plus pouvoir le louer » analyse dans le communiqué Romain Villain, directeur général de heero.

Il devient urgent pour les stations de ski de prendre des mesures pour assurer le renouvellement des logements énergivores. Mais face à l’ampleur des travaux, n’est-il pas déjà trop tard pour réagir ?

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