Monnaie numérique : la Banque de France franchit une étape clé

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L’euro numérique semble être sur la bonne voie. La Banque de France a vérifié avec succès l’interopérabilité entre les différentes plateformes, ce qui est une étape importante dans le fonctionnement de la monnaie numérique de la banque centrale (MNBC) pour les opérations interbancaires. Ce cycle de test se solde par un succès. La deuxième partie commencera à tester les transactions transfrontalières.

Une réussite pour la première phase de test de l’euro numérique

Jeudi 16 décembre, la Banque de France a annoncé avoir mené “avec succès” neuf expérimentations de transactions interbancaires liées à la monnaie numérique de la banque centrale (MNBC). Cette interopérabilité est un élément « indispensable pour faire coexister les multiples environnements sur lesquels repose le fonctionnement efficient des marchés », a déclaré Nathalie Aufauvre, directrice générale de la stabilité financière et des opérations à la Banque de France, citée dans le communiqué.

Il s’agit d’une étape importante dans le projet d’euro numérique, qui a été lancé par la banque centrale début 2020 et fin 2019 pour relever les défis des monnaies numériques publiques ou privées, et pourrait supprimer une partie de la chaîne d’intermédiation dans les transactions financières.

De nouveaux tests à venir

La Banque de France va continuer à tester “le deuxième volet (…), qui se concentre principalement sur les opérations transfrontalières”, précise la banque centrale. Ces tests visent à déterminer la contribution de l’utilisation des euros numériques dans les transactions d’actifs financiers avec la technologie de registre distribué (DLT), en particulier la vitesse et le risque, comme le Bitcoin. L’agence a annoncé ce projet expérimental fin 2019 en réponse à des initiatives privées comme Facebook, qui a été déclassé en raison de vives protestations.

Parallèlement, la Banque centrale européenne a lancé en juillet un « projet pilote » qui devrait durer deux ans pour tester l’intérêt pour l’euro numérique, mais cette fois, il est ouvert aux particuliers.

Si la monnaie numérique de la banque centrale ressemble à la crypto-monnaie, alors elle se démarquera par sa philosophie, plutôt que d’adopter la technologie sous-jacente, à savoir la « blockchain » ou la blockchain, qui permet la décentralisation et l’inviolabilité du commerce.

Un euro numérique : dans quel but ?

L’euro numérique combine l’efficacité des outils de paiement numérique avec la sécurité de la monnaie de la banque centrale. Dans le cas où l’argent liquide ne serait plus le moyen de paiement préféré, l’euro numérique sera le bienvenu et évitera de dépendre des instruments de paiement numériques émis et contrôlés en dehors de la zone euro, sources potentielles d’instabilité financière et de perte de souveraineté monétaire. Si l’euro numérique doit contribuer à maintenir la confiance dans les paiements à l’ère numérique, le respect de la vie privée sera une priorité essentielle.

Globalement, dans cette nouvelle ère, l’euro numérique permettra aux personnes vivant dans la zone euro de bénéficier d’un mode de paiement gratuit, simple, généralement accepté, sans risque et inspirant confiance. L’euro numérique équivaut aux billets en euros, mais sous une forme dématérialisée. Cette forme de monnaie électronique sera émise par l’Eurosystème (Banque centrale européenne et Banque centrale nationale) et pourra être utilisée par tous, ménages et entreprises.

Durant la pandémie mondiale engendrée par la propagation du Covid-19, alors que les paiements dématérialisés ont déferlé par exemple, le réseau social Facebook a envisagé de lancer une monnaie virtuelle en 2019, désormais appelée diem. La Banque centrale européenne craint que cet engouement ne profite aux monnaies virtuelles privées ou aux devises étrangères. Plusieurs pays comme la Chine ou les États-Unis travaillent également d’arrache-pied pour émettre leurs propres crypto-monnaies. Depuis mars, Pékin teste les paiements électroniques en e-yuan via les téléphones portables, et son ambition est d’en faire une monnaie de référence internationale concurrente du dollar américain.

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