Nouveau tour de vis de la BCE, les marchés réagissent plutôt bien

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chistine lagarde bce

La banque centrale a de nouveau été durement touchée. Elle a relevé son taux directeur de 75 points de base à son plus haut niveau depuis 2009. Elle a également décidé de durcir les conditions de prêt accordés aux banques pendant la crise. Elle présentera un plan de réduction de son bilan en décembre.

Deuxième hausse consécutive de 0,75%

Malgré les critiques des responsables politiques, dont Emmanuel Macron dans Les Echos, la BCE n’a pas dérogé à sa ligne de conduite. La lutte acharnée contre l’inflation, surtout lorsqu’il s’agit d’une nouvelle série de modifications des taux d’intérêt.

Comme attendu, la Banque centrale européenne (BCE) a poursuivi jeudi 27 octobre le resserrement de sa politique monétaire, ce qui a commencé à attiser les tensions avec les gouvernements de la zone euro inquiets du risque de récession.

Elle annonce qu’elle va relever les taux d’intérêt de 0,75 point de pourcentage à 1,5 %, le plus haut niveau depuis 2008. “C’est important”, reconnaît sa présidente, Christine Lagarde.

C’est la troisième fois que le taux de dépôt est relevé, la deuxième consécutive de 0,75 point. Jamais dans l’histoire de la BCE, qui a été créée en 1998, un resserrement aussi rapide de la politique monétaire ne s’est produit.

« La décision que nous prenons aujourd’hui est la plus appropriée pour rétablir la stabilité des prix qui, comme vous le savez, est d’une importance capitale pour la prospérité et la reprise de l’économie », s’est défendue Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors de la conférence de presse.

Selon les mots de Christine Lagarde, l’objectif est de “combattre” “cette hausse sans précédent de l’inflation”, qui a atteint 9,9% dans l’union monétaire en septembre (par rapport à 2021). Lors de sa conférence de presse, la présidente de la BCE a rappelé qu’elle était chargée de stabiliser les prix avec un objectif d’inflation de 2%.

La dernière hausse avant un relâchement ?

Au moins une autre hausse des taux, peut-être jusqu’à 2 %, est attendue lors de la prochaine réunion en décembre. Au-delà, Christine Lagarde a refusé de s’engager, mais les marchés financiers tablent sur une remontée des taux d’intérêt jusqu’à 3%.

L’impact sur les marchés obligataires a été immédiat. Les rendements des obligations souveraines de la zone euro ont chuté avant la déclaration de Christine Lagarde. Le taux obligataire allemand à 10 ans est tombé à 2,01 %, le taux obligataire français de même échéance est tombé à 2,51 % et le taux obligataire italien est tombé à 4,10 %.

Les investisseurs ont également appris une forte accélération de l’activité économique aux États-Unis, avec une croissance du PIB américain de 2,6 % en rythme annualisé sur la période juillet-septembre, dépassant les attentes après deux trimestres de contraction.

La BCE satisfait les marchés financiers

La Bourse de Paris a réussi à limiter ses pertes à 0,51% à 6 244,03 après avoir vendu plus de 1% sous 6 200 peu avant 14h00. La tendance à Paris était sérieuse avant l’annonce de la Banque centrale européenne (BCE).

Alexandre Baradez, responsable de l’analyse de marché chez IG, a déclaré que le marché se concentrait sur le fait que “la BCE constate un ralentissement de l’économie de la zone euro et en tiendra compte dans sa politique monétaire et ne sera pas aussi agressive”. Les investisseurs y ont vu le signe que le rythme des hausses de taux par les gardiens de l’euro ralentissait.

Les opérateurs du marché continuent également de décortiquer de nombreuses publications d’entreprises.

A cet égard, Casino (+15,72%) et Carrefour (+2,90%) ont relevé la cote parisienne, tant les données étaient rassurantes. Le propriétaire de Monoprix a également annoncé qu’il envisageait de céder une partie de sa participation dans le groupe brésilien Assai pour 500 millions d’euros afin de poursuivre le désendettement.

TotalEnergies a augmenté de 2,4% après que le groupe ait enregistré un bénéfice de 6,6 milliards de dollars au troisième trimestre. Le résultat net ajusté était de 9,9 milliards de dollars, selon un consensus cité par RBC, alors que les analystes tablaient sur 9,6 milliards d’euros.

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