Les ordinateurs quantiques peuvent-ils menacer Bitcoin et la blockchain ?

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informatique quantique

Depuis sa création en 2009, Bitcoin est considéré comme ultra-sécurisé et inviolable, ce qui a alimenté sa croissance et l’a vu récemment atteindre une valeur historique de plus de 60 000 $ par unité. Mais ces dernières années, la recherche s’est penchée sur la capacité des ordinateurs quantiques à contourner la sécurité de leurs blockchains. Une étude récente publiée dans AVS Quantum Science montre que les ordinateurs quantiques avec 317 millions à 1,9 milliard de qubits pourraient atteindre cet objectif.

La sécurité de la blockchain en jeu

Le minage de Bitcoin est coûteux et compliqué d’un point de vue écologique. Récemment, la consommation d’énergie de Bitcoin a été fortement pointée du doigt. Au fur et à mesure que le taux de difficulté (hashrate) s’est ajusté, les machines nécessaires pour miner de nouveaux bitcoins sont passées de simples GPU sur PC domestiques à des ASIC développés par de grands groupes.

Récemment, IBM a lancé son premier ordinateur quantique européen, le “Q System One” de 27 qubits, en partenariat avec l’Institut Fraunhofer. La nouvelle soulève une question clé : comment les progrès de la puissance de calcul peuvent-ils affecter le minage de Bitcoin ? Plus précisément, comment l’avènement des ordinateurs quantiques change la donne ?

L’informatique quantique est une discipline très complexe qui utilise des idées théoriques du domaine de la physique quantique. La physique quantique décrit le concept selon lequel des mondes parallèles existent et que chaque décision prise par un être humain peut générer de multiples réalités.

Les ordinateurs quantiques simplifieront grandement l’équation. La puissance de traitement est répartie sur toutes ces réalités. Cette technique est particulièrement utile dans les applications qui nécessitent une force brute pour trouver des solutions.

Le protocole Bitcoin est basé sur un algorithme de cryptage appelé SHA-256 ou Secure Hash Algorithm. Les ordinateurs et algorithmes actuels dotés d’une puissance de calcul limitée ne peuvent pas contourner par la force brute cet algorithme de chiffrement. Dans ce type d’attaque, les attaquants utilisent un logiciel pour tester des milliards de combinaisons jusqu’à ce qu’ils trouvent le bon mot de passe ou la bonne clé privée, permettant l’accès au portefeuille numérique. Depuis sa création en 2009 par le mystérieux Satoshi Nakamoto, Bitcoin a ainsi fait ses preuves à toute épreuve.

Un ordinateur quantique changerait la donne en matière de minage

Le principe du minage de Bitcoin repose sur l’analyse d’algorithmes complexes. Un ordinateur qui tente de résoudre un problème mathématique (défini par le protocole Bitcoin) est un appareil de minage de Bitcoin. Ces ordinateurs font des millions de suppositions en ajustant l’entrée pour résoudre ce problème mathématique.

Plus le nombre de blocs extraits est élevé, plus il devient difficile à calculer, et plus la croissance de l’offre de Bitcoin a tendance à se tarir. Si un ordinateur quantique est utilisé pour effectuer ces calculs, la solution apparaît beaucoup plus rapidement. Un ordinateur quantique exécutera des calculs de force brute dans différents “états”.

Les résultats de l’extraction de l’ordinateur quantique seront stupéfiants. Il est possible de miner du Bitcoin et de libérer des blocs en moins de temps que ce que nous savons du matériel de minage.

Cependant, la course aux ordinateurs quantiques n’en est qu’à ses balbutiements. De nombreux acteurs, comme Google, la Chine ou IBM, ont développé des machines expérimentales pour exploiter les qubits. Cependant, faire fonctionner une machine quantique nécessite beaucoup de ressources.

Par exemple, il est nécessaire d’immerger des qubits dans des réservoirs remplis de gaz liquide pour maintenir les composants à des températures proches du zéro absolu. Ces infrastructures sont complexes et coûteuses à construire. Par conséquent, au stade actuel, le piratage du réseau Bitcoin par des machines quantiques est encore théorique.

Enfin, rappelons que Bitcoin, comme tout autre programme informatique, est régulièrement mis à jour. L’année dernière, les développeurs travaillant sur le Web ont également déployé une mise à jour Taproot. Les experts en crypto travaillent déjà sur des solutions pour se protéger des ordinateurs quantiques, comme l’ont souligné plusieurs experts du secteur, dont Manuel Valente, directeur scientifique de la plateforme CoinHouse.

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