Affaire Paypal : comment les cryptos permettent d’éviter cette censure ?

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Paypal - ©Official Gates, FlickR Creative Commons

PayPal a subi un important mouvement de désinscription suite à la divulgation de ses futures conditions d’utilisation. Depuis, l’entreprise américaine a indiqué qu’il s’agissait d’une erreur, toutefois les clients de l’entreprise semblent désormais sur leurs gardes.

Le prix de la désinformation : 2 500 dollars !

Les critiques à propos de PayPal ont afflué ce week-end, en particulier aux États-Unis. Comme l’ont remarqué plusieurs médias américains, le géant des paiements en ligne a mis à jour sa politique d’utilisation pour les utilisateurs américains.

Les internautes ont réagi à une mesure annoncée le 3 novembre : l’entreprise se réserve le droit de confisquer 2 500 $ (2 500 €) si les internautes diffusent de la “désinformation”.

« La violation de ces conditions d’utilisation constitue une violation du contrat d’utilisation de PayPal et peut vous exposer à des dommages et intérêts allant jusqu’à 2 500 $ par violation, lesquels peuvent être directement débités de votre compte PayPal […]. »

L’information a été rapportée pour la première fois par le site Web The Daily Wire, et comme vous vous en doutez, elle n’est pas au goût des clients. Surtout si l’on regarde de plus près le texte en question, l’amende de 2 500 $ évoquée par l’entreprise américaine peut être directement débitée de votre compte PayPal.

D’après l’entreprise, il s’agit d’une règle ajoutée par erreur et qui ne sera jamais appliquée assure l’entreprise.

La capacité de PayPal à saisir une amende de 2 500 $ sur les comptes d’utilisateurs n’a rien de nouveau. Si les utilisateurs se livrent à des activités illégales (notamment la vente de drogue ou la violence), la société se réserve le droit de le faire.

Mais la mise à jour de ses règles en y incorporant la possibilité de sanctionner tout internaute qui “diffuse de la désinformation” a été vivement critiquée par d’anciens cadres de l’entreprise.

Bien que le plan de PayPal pour lutter contre la désinformation semble tout à fait louable, il soulève de nombreuses questions éthiques. La première est que la référence faite par l’entreprise à “l’envoi, l’affichage ou la publication de tout message, contenu ou matériel faisant la promotion d’informations fausses” dans ses nouvelles conditions générales d’utilisation reste floue et subjective : à moins qu’un jugement équitable ne soit porté contre les internautes, comment une plateforme peut-elle décider unilatéralement de sanctionner quelqu’un ?

Le pouvoir de censure des grandes entreprises

“Il m’est difficile de critiquer ouvertement une entreprise que j’ai aimée et à laquelle j’ai tant donné. Mais la politique d’utilisation de PayPal va à l’encontre de tout ce en quoi je crois. Une entreprise privée va donc décider de prendre votre argent si vous dites quelque chose qui ne lui plait pas. Folie.” a sévèrement critiqué David Marcus, ancien président de Paypal.

Sur les réseaux sociaux, la réaction des internautes a été rapide et franche. Beaucoup ont menacé de fermer leurs comptes, à commencer par Elon Musk, qui a trouvé une occasion rêvée de vanter les vertus de la plateforme sociale qu’il souhaite bâtir sur les cendres de Twitter.

Suite à la publication de ces nouvelles conditions d’utilisation, qui entreront en vigueur le 3 novembre 2022, il y a eu une vague de désabonnements sur la plateforme. Sur Twitter, de nombreux internautes ont posté des captures d’écran de désinscription aux services de l’entreprise américaine.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que PayPal attire l’attention du public pour sa position controversée. Cet été, la société a annoncé vouloir interdire à ses utilisateurs de financer certaines causes faisant la promotion de l’extrémisme et des groupes antigouvernementaux. A moins qu’il n’y ait une interdiction légale de ces structures de protestation, il est difficile de justifier une telle décision.

La situation rappelle le pouvoir de contrôle que les grandes entreprises ont acquis, où la prise de décision est centralisée. C’est d’ailleurs pour lutter contre cette centralisation qu’est née la crypto-monnaie Bitcoin.

Après plusieurs heures de tempête médiatique, l’entreprise a enfin répondu. Selon le communiqué de presse, le document indiquant ses futures conditions d’utilisation était “erronée”. De plus, la société de paiement a souligné qu’elle “n’avait jamais eu l’intention d’inclure ces règles dans ses conditions d’utilisation”.

Reste que pour de nombreux internautes, cette affaire est difficile à avaler. Certaines personnes se demandent comment un document de plusieurs pages peut être accidentellement écrit et publié. En d’autres termes, que l’erreur soit intentionnelle ou non, l’entreprise a perdu la confiance de ses clients.

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