Rendement négatif : comment y remédier ?

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Epargne : Assurance Vie - ©Tirelire_Avenue, CC0 Creative Commons

L’assurance vie fait partie des produits d’épargne les plus appréciés par les Français. Avec le livret A, l’assurance vie présente de nouveau une croissance constante du nombre de collectes au fil des années. Ironiquement, les taux de rémunérations de ces deux produits ne cessent de baisser tous les ans.
Pour le livret A par exemple le dernier record positif du rendement était en 1983. Année durant laquelle le taux a atteint les 7,50 % alors que les chiffres actuels relatent une rémunération de 0,5 % tandis que la collecte est en hausse en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus. Du côté de l’assurance vie, le rendement net moyen annuel des fonds en euros est passé de 4,4 % en 2004 à 1,4 % depuis l’année 2019. Force est de préciser que ce rendement net ne tient pas compte des prélèvements sociaux. Après calcul, les rendements des deux produits financiers les plus appréciés des Français avoisinent dangereusement le taux de l’inflation. Ce taux pourrait même être négatif si l’on étudie les taux réels. Que faut-il savoir et comment faire face à un rendement négatif de l’assurance vie ?

Fonctionnement de l’assurance vie

La souscription à une assurance vie consiste à verser des primes aux assureurs et payer les frais qui y sont affairés. Les approvisionnements effectués seront utilisés par la compagnie d’assurance dans des investissements visant à obtenir des intérêts. Le souscripteur a le choix entre plusieurs contrats dont : les fonds en euros, les unités de compte et le contrat multisupport.

Les fonds en Euros

Ils représentent un capital en espèce versé auprès de l’assureur que ce dernier investi majoritairement sur les marchés obligataires de l’État pour assurer une rémunération stable et sécuritaire malgré son faible rendement. Ce contrat bénéficie d’une garantie assurée par le FGAP (fonds de garantie des assurances de personnes) jusqu’à un plafond défini. En règle générale l’indemnisation est limitée à 70 000 € par déposant et par établissement.

Les unités de comptes (UC)

Les primes versées sont investies en UC. Un minimum de 33 % du capital doit être placé en tant qu’investissement dans les secteurs considérés concrètement profitables au développement de l’économie : économie sociale et solidaire, petites et moyennes entreprises, immobilier, etc. Cette option présente des risques non négligeables en raison de la volatilité des marchés boursiers, mais permet cependant de réaliser un rendement significatif pour le déposant.

Le contrat multisupport

Ce type de contrat combine les placements en fonds euros et les investissements en unités de compte. Le souscripteur peut décider de la répartition de son placement : ex. fonds euros à 80 % et unités de comptes à 20 %. Le contrat présente moins de risques par rapport à l’assurance en unités de compte en raison de la possibilité de ne placer qu’une partie du capital sur les unités de compte.
Les contrats d’assurance vie permettent au souscripteur de se rétracter dans les 30 jours suivants la signature. Il est également possible de racheter la totalité ou une partie (rachat partiel) de son assurance.

Quelle attitude adopter en cas de rendement négatif ?

Compte tenu de la baisse incessante des rendements du fonds euros et de la fragilité actuelle des marchés boursiers liés aux unités de compte, la rémunération réelle des épargnants peut virer au négatif. En effet, si l’on observe le taux actuel des fonds en euros (1,4 %) et que l’on en déduit les prélèvements sociaux, la rémunération est presque inexistante. D’un autre côté, les mesures de confinement adoptées pour se préserver de la propagation du Covid-19 ont affecté les marchés boursiers et ont conduit à une réduction considérable de la valeur des unités de compte. Les professionnels et les assureurs proposent différentes solutions pour remédier à cette défaillance du rendement :

  • Varier les investissements : dans la majorité des cas, il est conseillé aux épargnants de varier les placements pour en obtenir le meilleur rendement en mesurant les risques. Les avis se convergent sur le fait que l’approvisionnement de fonds en euros n’est pas une mauvaise initiative en soit, mais qu’elle ne serait pas suffisante pour générer une rémunération perceptible. Le contrat multisupport offre ici l’avantage de combiner un placement sécurisé et un investissement rentable comportant quelques risques.
  • Unités de compte : en ce qui concerne les unités de compte, les souscripteurs sont invités à diversifier leurs investissements afin d’équilibrer les risques et maintenir un rendement acceptable. Il est donc crucial de rester bien informé sur l’évolution des différents marchés impliqués. Pour illustrer cela, voici deux exemples :
    • Les UC obligataires représentent le choix le moins risqué pour l’assuré. Le capital est investi en dettes d’État (obligations souveraines) ou d’entreprises (corporates).
    • Les marchés monétaires offrent l’avantage d’une faible volatilité malgré une rémunération plutôt faible.
  • Souscrire à différents établissements : si l’on considère le fait que les placements en fonds euros sont garanties par souscripteur et par établissement, il peut être plus prudent de ne pas excéder un certain capital dans un seul établissement (même pour deux contrats d’assurance différents). En effet, le plafond d’indemnisation proposé par le FGAP étant de 70 000 €, il serait judicieux de placer le capital excédant cette limite auprès d’une autre assurance vie pour pouvoir bénéficier d’une indemnisation non perdante en cas de défaillance des établissements.
  • Frais de gestion : il ne faut pas oublier de prendre en considération les frais de gestion proposés par les assureurs. Des frais de gestions importants, même sans frais d’entrée, seront plus pénalisants pour l’assuré sur le long terme (ex. 8 ans) par rapport à des frais de gestion moins lourds avec des frais d’entrée réduits.

Il n’est donc pas impossible de rehausser le rendement de son assurance vie malgré les conjonctures. La solution réside cependant dans l’audace de prendre des risques plus ou moins élevés. Certains économistes sont optimistes et misent sur la patience. Ils préconisent une remontée de la valeur des actions en bourse à la sortie de crise, ce qui bénéficierait aux détenteurs de contrats en unités de comptes ou de contrats multisupports.

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