Une semaine décisive pour les marchés et le Royaume-Uni

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Afin de redresser les finances publiques britanniques, le nouveau ministre des Finances, Jeremy Hunt, est désormais considéré comme l’homme fort du gouvernement. Les députés conservateurs devront décider s’ils gardent Liz Truss au poste de Premier ministre.

Jeremy Hunt, nouvel homme fort du gouvernement britannique

Un peu plus d’un mois après son arrivée au 10 Downing Street, mais déjà affaiblie dans son propre camp, Liz Truss tente de faire machine arrière. La Première ministre britannique a abandonné vendredi 14 octobre son projet d’augmenter les impôts sur les sociétés comme prévu par le précédent gouvernement, le gouvernement de Boris Johnson.

Après avoir sacrifié son ministre des Finances vendredi, Liz Truss va entamer une semaine qui sera cruciale pour elle et l’avenir politique de la Grande-Bretagne.

« Il est clair que certaines parties de notre mini-budget allaient trop loin et trop vite par rapport à ce que les marchés attendaient », a déclaré Liz Truss dans une très courte conférence de presse, dans laquelle elle a insisté sur le besoin de « stabilité » pour l’économie britannique. « Je suis absolument déterminée à tenir la promesse que j’ai faite d’obtenir une croissance plus forte, un Royaume-Uni plus prospère, et de sortir de la tempête que nous traversons », a martelé la cheffe du Parti conservateur.

La Première Ministre britannique a tenu dimanche une série de réunions avec son nouveau chancelier, Jeremy Hunt, à la résidence des Chequers, appelant à l’aide pour remettre les finances du pays sur les rails.

La Première ministre Liz Truss et son prédécesseur “ont fait une erreur”, a déclaré samedi Jeremy Hunt. Il a prévenu qu’il prendrait des “décisions très difficiles” face à la crise que traversait le pays. Jeremy Hunt abandonnera bon nombre des promesses de campagne de la Premier Ministre.

Il a notamment déclaré que “les dépenses n’augmenteront pas autant qu’on le souhaiterait”, que “certains impôts ne diminueront pas aussi vite qu’on le souhaiterait” et que certains vont même “augmenter”.

Liz Truss a dû renoncer à maintenir le taux d’imposition des sociétés à 19 %, pour le porter à 25 % comme prévu par le gouvernement précédent. Elle avait déjà dû renoncer à des baisses d’impôts pour soutenir les fonds de pension il y a deux semaines.

Certains membres de son propre camp s’apprêtent déjà à évincer Liz Truss à la lumière de sondages désastreux déclarant une défaite majeure aux prochaines élections générales prévues en 2024, selon les médias britanniques.

Une semaine décisive pour Liz Truss

Après trois semaines de turbulences sur les marchés, le Premier ministre a décidé de prendre un virage économique, au moment où son ministre des Finances et partisan de longue date, Kwasi Kwarteng, était à Washington pour une réunion avec le FMI.

Ce dernier s’est précipité à Londres vendredi matin pour apprendre qu’il avait été limogé. Hormis la mort d’un de ses prédécesseurs d’une crise cardiaque, son mandat de 38 jours a été l’un des plus courts de l’histoire britannique.

Dans le monde financier britannique, Jeremy Hunt doit désormais restaurer la réputation du pays sur les marchés financiers. La tâche est d’autant plus difficile qu’il n’a lui-même aucune expérience du Tresor.

Comme le souligne l’Institute for Fiscal Studies, les réductions d’impôts demandées par Liz Truss créeront un écart de 60 milliards de livres sterling dans le budget britannique. Cette estimation pourrait même être sous-estimée : il manquerait en fait 72 milliards, selon The Times.

Comme le gouvernement a renoncé à 20 milliards de livres sterling de réductions d’impôts, cela signifie qu’il doit encore trouver 52 milliards de livres sterling d’ici la fin octobre.

Pour Liz Truss, rien ne garantit que le départ de Kwasi Kwarteng assurera sa survie politique, le Premier ministre étant personnellement impliqué dans le paquet de baisse d’impôts pendant sa campagne.

Les députés conservateurs tiendront une réunion de haut niveau lundi pour discuter de sa capacité à se présenter à Downing Street. Ils sont confrontés à un choix difficile : sa démission soutiendra les appels à des élections générales, que les conservateurs sont presque certains de perdre, selon les sondages d’opinion actuels.

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