Les autorités américaines ont pris le contrôle de Silicon Valley Bank, une banque spécialisée dans le capital-risque, en fin de semaine dernière. Les grandes banques semblent protégées pour l’instant, mais Wall Street craint des retombées sur les institutions régionales.
Chroniques d’un désastre imprévu
Mercredi, Silicon Valley Bank (SVB) était encore une solide institution bancaire californienne, se classant 16e aux États-Unis en termes d’actifs.
Mais les évènements qui ont suivi ont tout changé en 48 heures à peine.
Vendredi, les régulateurs californiens ont fermé l’institution à court de liquidités alors que les ondes de choc ont secoué les marchés financiers.
La secrétaire au Trésor américaine, Janet Yellen, a déclaré dimanche dans une interview à CBS qu’elle “voulait éviter la contagion” à d’autres parties du système bancaire, tout en excluant un renflouement public de l’établissement.
Le Fonds fédéral de garantie des déposants (FDIC) est désormais responsable de la liquidation de la banque spécialisée dans le service aux startups de la Silicon Valley.
Les autorités américaines ont confirmé la mise aux enchères dimanche, dans le but de trouver un repreneur avant l’ouverture des marchés asiatiques lundi.
48 heures de descente aux enfers
Les retraits massifs de dépôts de 42 milliards de dollars sur deux jours ont ensanglanté les institutions bancaires.
La Silicon Valley Bank (SVB), axée sur le capital-risque, a été administrativement fermée par la succursale californienne de l’agence américaine de garantie des dépôts, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), dans la matinée du vendredi 10 mars, après que ses clients aient massivement retiré leurs fonds jeudi 9 mars et vendredi 10.
Cette affaire menace à court terme de nombreuses sociétés de capital-risque, notamment dans les régions de San Francisco et de Boston où la banque a été fondée.
Les pouvoirs publics cherchent des solutions
La solution trouvée par les pouvoirs publics américains pour éviter une panique financière suite à la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) est étonnante : pas de renflouement par les contribuables, mais les dépôts de tous les clients de la banque seront garantis, ) y compris au delà de plus de 250 000 $ (environ 234 000 €).
Le nombre d’entreprises qui ont réussi à retirer des fonds est inconnu, mais il est probable que de nombreuses start-ups qui ont levé des fonds puis les ont dépensés au fil du temps avaient des dépôts bien supérieurs aux 250 000 $ garantis.
En plus de cela, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, ouvrira une ligne de crédit de 25 milliards de dollars pour financer les institutions qui pourraient faire l’objet d’une panique bancaire.
« La Fed mettra à disposition des fonds supplémentaires pour permettre aux banques de répondre aux besoins de tous leurs déposants, expliquait dimanche soir la banque centrale dans un communiqué. Cette action renforcera la capacité du système bancaire à protéger les dépôts et à assurer la fourniture continue d’argent et de crédits à l’économie. »
Des retombées jusqu’à la maison blanche
L’importance de cette affaire à l’échelle nationale menace le système bancaire américain qui est perturbé par le resserrement monétaire ordonné par la Réserve fédérale.
Le président américain Joe Biden a promis dimanche que les responsables de l’effondrement de la Silicon Valley Bank (SVB) et de l’institution financière Signature Bank seront “tenus pour responsables”.
Le président des États-Unis s’exprimera sur le sujet lundi.
“Je ferai des remarques sur la manière dont nous maintiendrons un système bancaire résilient pour protéger notre reprise économique historique”, peut-on lire dans le communiqué.